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Poésie

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Nos racines ne sont pas dans notre enfance (Karl Ristikivi)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



 

Nos racines ne sont pas dans notre enfance,
dans le sol natal, dans un lopin de terre,
dans la prairie enclose
où jouent les enfants de la maternelle.
Nos racines sont en chaque lieu
que nous avons un jour traversé.

Ainsi, comme le gratteron, croissons-nous
en nous agrippant ici et là.
Et ces chemins qui serpentent sans fin,
et ces forêts bleuissant dans le lointain
— sans parler des montagnes de nos rêves —,
les lieux étrangers et les noms étrangers,
deviennent nôtres et de nouveau étrangers.

Ils ne nous quittent pas pour de bon.
Soudain la canne du marcheur reverdit,
et prend racine, et refleurit

(Karl Ristikivi)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Origine (Michel Voiturier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017




    

Origine

Autrefois, frontière s’appelait rivière ou éperon, mer ou brisant.

Quand vinrent les hommes avec leur idée de lopin, tout changea.

Il devint impensable de se rendre au-delà de ou à travers la parcelle
que quelqu’un avait annexée à la présence de son corps.

Le terroir se morcela, de sorte que chaque morceau
soit étiqueté du nom de celui qui avait pris pieds sur lui.
Le sol n’accepta plus que trace d’un seul unique pas.

(Michel Voiturier)

 

Recueil: Dits en plain désert
Editions: Clarisse

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Les murs de Poussière (Francis Cabrel)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



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Les murs de Poussière

Il rêvait d’une ville étrangère
Une ville de filles et de jeux
Il voulait vivre d’autres manières
Dans un autre milieu

Il rêvait sur son chemin de pierres
« Je partirai demain, si je veux
J’ai la force qu’il faut pour le faire
Et j’irai trouver mieux »

Il voulait trouver mieux
Que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
Trouver mieux que la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux
Le soleil sur les murs de poussière
Il voulait trouver mieux

Il a fait tout le tour de la terre
Il a même demandé à Dieu
Il a fait tout l’amour de la terre
Il n’a pas trouvé mieux

Il a croisé les rois de naguère
Tout drapés de diamants et de feu
Mais dans les châteaux des rois de naguère
Il n’a pas trouvé mieux

Il n’a pas trouvé mieux
Que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
Trouver mieux que la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux
Le soleil sur les murs de poussière
Il n’a pas trouvé mieux

Il a dit « Je retourne en arrière
Je n’ai pas trouvé ce que je veux »
Il a dit « Je retourne en arrière »
Il s’est brûlé les yeux

Il s’est brûlé les yeux
Sur son lopin de terre
Sur son vieil arbre tordu au milieu
Aux reflets de la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux

(Francis Cabrel)

 Illustration

 

 

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