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Poésie

Posts Tagged ‘lotus’

L’enfant porcelaine (Câline Henry-Martin)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017




L’enfant porcelaine

Fleur de lotus repliée,
L’enfant s’endort,
La joue mouillée sur l’oreiller.
A son chevet,
Une vieille main
Veille le silence
De jasmin.
Une poussière d’étoiles
Colle au front de la nuit.
Et l’auréole des rêves
Doucement les unit.

(Câline Henry-Martin)

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LE LOTUS ROUGE (Ly-y-Hane)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



LE LOTUS ROUGE

Une fleur s’ouvre, au-dessus de l’eau profonde… de l’eau profonde…
Je prends une ligne et je la lance, vers cette fleur aux racines profondes…
Vers cette fleur aux racines profondes…

Le mystère des dessous ténébreux est troublé,
le repos cesse, l’agitation s’étend au loin.
J’essaie, avec la ligne, de nouer le lotus…
comme si c’était là, son coeur !…

Le soleil flotte à l’extrême bord du ciel ;
il se dissout s’éteint, il se noie dans la nuit.
Il se noie dans la nuit !…

Je remonte à l’étage supérieur.
Je m’arrête devant ma toilette !…
O le triste et dévasté visage !…
Le triste et dévasté visage !…

Les plantes sauront reverdir
et former des pousses nouvelles…
Comment, sans espérance,
ai-je pu même parvenir jusqu’à ce jour ?…

(Ly-y-Hane)

 

 

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DANS LA CHAMBRE D’OR (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



 

DANS LA CHAMBRE D’OR

Mélodie

Ses mains d’ivoire sur les touches d’ivoire
S’amusent à des accords inattendus
Comme un peuplier dont la moire
Ondule avec ses feuilles ou l’écume du
Ressac quand l’océan mordu
Par les vents montre sa mâchoire.

Ses cheveux d’or flottent sur un mur d’or
Comme les filandres qui s’accrochent
A la corolle satinée d’un souci, ou comme alors
Qu’une nuit jalouse s’effiloche
Et qu’un lys brille à son approche
Le tournesol se tourne vers l’astre qui ressort.

Et ses douces lèvres rouges sur les miennes
Brûlent comme les éclats du rubis
D’une lampe sur un autel qui se promène,
Comme une grenade qui saigne, ou comme pris
De boisson le coeur d’un lotus qui
Baigne dans le sang d’une vigne trop amène.

***

IN THE GOLD ROOM

A Harmony

Her ivory hands on the ivory keys
Strayed in a fitful fantasy,
Like the silver gleam when the poplar trees
Rustle their pale leaves listlessly,
Or the drifting foam of a restless sea
When the waves show their teeth in the flying breeze.

Her gold hair fell on the wall of gold
Like the delicate gossamer tangles spun
On the burnished disk of the marigold,
Or the sunflower turning to meet the sun
When the gloom of jealous night is done,
And the spear of the lily is aureoled.

And her sweet red lips on these lips of mine
Burned like the ruby fire set
In the swinging lamp of a crimson shrine,
Or the bleeding wounds of the pomegranate,
Or the heart of the lotus drenched and wet
With the spilt-out blood of the rose-red wine.

(Oscar Wilde)

Illustration: Stefan Blondal

 

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LA COUPE NOIRE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



LA COUPE NOIRE

La nuit est une coupe de mal. Le sifflement strident
d’un gardien la traverse, comme une épingle vibrante.
Ecoute, petite femelle ; puisque tu es déjà partie,
pourquoi l’onde est-elle encore si noire et tant brûler me fait ?

Dans la pénombre la Terre ressemble aux planches du cercueil.
Ecoute, petite prostituée, ne recommence jamais.

Ma chair nage, nage et rien
dans la coupe d’ombre qui me fait tant souffrir ;
ma chair nage en elle,
comme en un coeur de femme, marécageux.

Braise astrale… Sur mon lotus diaphane,
j’ai senti choir
les frôlements secs de l’argile.
Femme, tu fais exister
la chair engendreuse d’instinct. Femme!

C’est pourquoi — ô noir calice! —, et malgré ton départ,
je me noie dans la poussière,
et piaffent dans mes chairs mes soifs toujours plus folles.

***

LA COPA NEGRA

La noche es una copa de mal. Un silbo agudo
del guardia la atraviesa, cual vibrante alfiler.
Oye, tú, mujerzuela, ¿cómo, si ya te fuiste,
la onda aún es negra y me hace aún arder?

La Tierra tiene bordes de féretro en la sombra.
Oye, tú, mujerzuela, no vayas a volver.

A carne nada, nada
en la copa de sombra que me hace aún doler;
mi carne nada en ella,
como en un pantanoso corazón de mujer.

Ascua astral… He sentido
secos roces de arcilla
sobre mi loto diáfano caer.
Ah, mujer! Por ti existe
la carne hecha de instinto. Ah mujer!

Por eso ¡oh, negro cáliz! aun cuando ya te fuiste,
me ahogo con el polvo;
y piafan en mis carnes más ganas de beber!

(César Vallejo)

Illustration: Tomas Januska

 

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Comme les feuilles de lotus (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2016



En ce monde, on ne voit rien venir, on ne voit rien partir:
Là où les corps apparaissent, ils disparaissent,
comme les feuilles de lotus!

(Kabîr)


Illustration

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Te souviens-tu (Li Ch’Ing-Chao)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2016



Te souviens-tu de ce clair soir
près du pavillon sur l’eau
où l’on faisait halte?
Après le vin, on ne savait plus le chemin du retour.
Le plaisir épuisé
rentrant en barque
on s’égara au milieu des lotus
« Rame! Mais rame encore! »
Surpris piaffant
de toute la rive
une bande de hérons s’envola!

(Li Ch’Ing-Chao)

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Encore aujourd’hui (Bilhana)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016



Josephine Wall   amantes

 

Encore aujourd’hui
Le visage de ma bien-aimée semble cheminer à mes côtés,
Clair comme le coeur d’un lotus épanoui,
Orné en son front d’une marque jaune orpiment,
Le regard alangui, de passion enfiévré.

Encore aujourd’hui
Il me souvient intensément
Du visage de ma bien-aimée
Dans l’extase du plaisir,
Les prunelles frémissantes dans les yeux qui se ferment,
Le rayonnement de la chair que les soupirs aussitôt
Affadissent,
Les gouttes de sueur sur la peau moite.

Encore aujourd’hui
Je vois
Ses hanches dévêtues
Et le trouble de son corps
Qu’égare la saveur même de la crainte,
Quand, d’une main cachant son secret,
De l’autre elle attire mes doigts dans le creux de sa taille.

Encore aujourd’hui
Je la vois
Qui erre
Ici et là,
Devant, derrière,
Dehors, dedans,
En tous lieux,
Son visage pareil au lotus épanoui,
Promenant de tous côtés ses beaux yeux.

Encore aujourd’hui
Brillent dans mon âme
Les longs yeux de ma bien-aimée,
Qui me regardent à la dérobée,
Raniment la fièvre de mes désirs,
Alanguis par la passion,
Inconstants et enjoués.

(Bilhana)

Illustration: Josephine Wall

 

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INSCRIPTION SUR UN TOMBEAU DE LA MONTAGNE FOU-KIOU (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2016



INSCRIPTION SUR UN TOMBEAU DE LA MONTAGNE FOU-KIOU

Prosternée devant la vierge bouddhiste, si pitoyable aux malheureux,
je ne lui demande pas de me faire renaître ou de me garder dans le Paradis,
mais je la supplie de laisser tomber sur ma tête une des gouttes de rosée
qui tremblent au bout de sa branche de saule,
afin que je devienne un lotus, qu’il cueillera peut-être.

(La Flûte de Jade)

 

 

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Ô fleurs de lotus (Otokuni)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2016



De l’aurore
faites ouvrir les yeux
ô fleurs de lotus

(Otokuni)


Illustration

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Je vous salue, ô roses (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2016



Je vous salue, ô roses, étoiles solennelles.
Roses, roses joyaux vivants de l’infini,
bouches, seins, vagues âmes parfumées, larmes, baisers !
grains et pollen de lune,
ô doux lotus sur les étangs de l’âme,
je vous salue, étoiles solennelles

(Federico Garcia Lorca)

 

 

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