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Posts Tagged ‘louche’

INTÉRIEUR (Adolphe Hardy)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



INTÉRIEUR

J’aime, aux hameaux perdus de ma terre ardennaise,
Les bons logis pleins d’ombre où l’on gîte à son aise ;
L’alcôve où, soutenant les ais du plafond bas,
Saille en angle une poutre, ainsi qu’un très vieux bras ;
L’horloge au tic-tac lent et dont la sonnerie
Fait trembler le cadran de faïence fleurie ;
Les pots de cuivre et les fruits mûrs sur le dressoir ;
La table avec le lait mousseux près du pain noir ;
Et, couché devant l’âtre où flambe un feu de souches,
Le chien-loup qui vous lorgne en clignant ses yeux louches.

(Adolphe Hardy)

 

 

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ÉCHO TARDIF (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



ÉCHO TARDIF

Tard dans la nuit, tympanons en liesse…
Au fond du louche borgne cabaret,
Des femmes beuglaient leur factice ivresse
Dans les relents du tabac violet.

Les journaux parlaient d’événements graves,
De temps agités ou bien de regrets.
Ombres suspectes dans le cabaret…
Les journaux parlaient d’événements graves.

Tard dans la nuit, tympanons en liesse…
Au fond du louche borgne cabaret,
Des femmes beuglaient leur factice ivresse
Dans les relents du tabac violet.

(George Bacovia)

 Illustration: Kees van Dongen

 

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LA CUISINE SENT BON L’OSEILLE (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019



LA CUISINE SENT BON L’OSEILLE

La cuisine sent bon l’oseille.
La soupe fume sur la table.
La nappe jaune y est semblable
À un rectangle de soleil.

On croirait voir des pâquerettes
Fleurir sur le bord des assiettes.
Les fourchettes et les couteaux
Portent des clartés sur le dos.

Le sel montre son aile d’ange.
Dans un grand plat bleu, les oranges
Sont aussi gonflées que les joues

Des enfants impatients qui soufflent
Sur la fumée où, toute blanche,
Tourne royalement la louche.

(Maurice Carême)

Illustration: Paul Delvaux

 

 

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Je me vois dans la glace (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018



Illustration
    

Je me vois dans la glace, au bistro:
j’ai l’air louche.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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Si je frôle (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Keisai Eisen
    
si je frôle dit-il
(ça m’affole dit-elle
juste une fois dit-il)
ma foi dit-elle

(si je touche dit-il
c’est louche dit-elle
pas qu’un peu dit-il)
donc on peut dit-elle

(allons viens dit-il
pas trop loin dit-elle
loin c’est où dit-il
là-dessous dit-elle)

si je reste dit-il
(comment faire dit-elle
comme cela dit-il
embrasse-moi dit-elle

si je bouge dit-il
est-ce l’amour dit-elle)
t’es d’accord dit-il
(mais moins fort dit-elle

***

may i feel said he
(i’ll squeal said she
just once said he)
it’s fun said she

(may i touch said he
how much said she
a lot said he)
why not said she

(let’s go said he
not too far said she
what’s too far said he
where you are said she)

may i stay said he
(which way said she
like this said he
if you kiss said she

may i move said he
is it love said she)
if you’re willing said he
(but you’re killing said she

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Le malheur à ma mesure (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




Le malheur à ma mesure

J’ai mesuré le malheur avec une pelle
puis avec une petite cuiller
je me suis servi d’une louche
d’une écumoire (c’était malin)

j’ai chassé le malheur avec une pelle
avec un balai puis avec un torchon
j’ai essayé l’aspirateur
et même un simple éventail

je me suis imaginé des tas de choses
j’ai vécu comme j’ai pu
et me revoilà – à mon âge –
mesurant le malheur à ma propre mesure

(Raymond Queneau)

Illustration: Valentina Solovyov

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Les chiens jaunes de mes péchés (Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Les chiens jaunes de mes péchés
Les hyènes louches de mes haines
Et sur l’ennui pâle des plaines
Les lions de l’amour couchés.

(Maeterlinck)

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Comme tu es belle (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2016



 

Comme tu es belle.
Ta beauté me fait peur.
J’ai faim de toi.
J’ai soif de toi.
Je t’en supplie :
cache-toi;

rends-toi invisible aux yeux de tous;
visible seulement pour moi;
recouverte des cheveux jusqu’à la pointe des pieds
d’un voile noir transparent
que ponctuent les soupirs argentés
des lunes de printemps.

Tous les pores de ta peau
émettent des voyelles,
des consonnes ardentes;
des mots, des confidences s’articulent;
les explosions roses de l’acte d’amour.
Ton voile se gonfle, scintille au-dessus de la ville
plongée dans l’obscurité
avec ses bars louches, ses tavernes de marins;
des projecteurs verts éclairent la pharmacie de nuit;
une boule de verre tourne rapidement sur elle-même,
montrant des paysages du globe terrestre.
Un homme ivre titube,
emporté dans la tempête de ta respiration.

Ne t’en va pas.
Ne t’en va pas.

Si matérielle, si insaisissable.
Un taureau de pierre saute du fronton dans l’herbe sèche.
Une femme nue monte l’escalier de bois
avec une bassine d’eau chaude.
La vapeur empêche de voir son visage.
A haute altitude un hélicoptère de reconnaissance
bourdonne en des points indéfinis.
Prends garde à toi.
C’est toi qu’ils recherchent.
Cache-toi plus profondément dans mes bras.

Le poil de la couverture rouge qui nous abrite
n’en finit pas de pousser,
maintenant la couverture est une ourse enceinte.
Sous l’ourse rouge
nous nous aimons infiniment,
au-delà du temps et au-delà de la mort même,
dans une unique union universelle.

Comme tu es belle.
Ta beauté me fait peur.
Et j’ai faim de toi.
Et j’ai soif de toi.
Et je t’en supplie :
cache-toi.

(Yannis Ritsos)

Illustration: Kwon Kyung Yup

 

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L’autre jour (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



 

L’autre jour
en partant pour l’hôpital
j’ai préparé mon sac de dernier voyage

*

C’est derrière
au-delà
passé l’ombre
dans la profondeur et l’obscurité
Et peut-être y a-t-il un fleuve à traverser

Cheminement dans quelle angoisse
Quel silence
Quel remous

J’y suis seul

Au coeur d’une épaisse forêt
sur des sentiers d’épines
vers des appels pressants

*

Je hume la rose des vents

*

Maman la Mort
Maman
Me guette
Voudrait que je sorte à son bras
Dans la nuit louche
Voudrait qu’on fasse un tour ensemble
Là-bas
Plus loin
Ailleurs
Dehors
Et moi j’ai peur
Maman la Mort

*

C’est un grand ciel ancien
où pleurent des colombes
J’ai sept ans
J’ai huit ans
J’ai peur
La chambre est un ballon
que des serpents parcourent
Je ne dors pas
J’attends

(Louis Calaferte)

 

 

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FAUVES LAS (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



FAUVES LAS

Ô les passions en allées
Et les rires et les sanglots !
Malades et les yeux mi-clos
Parmi les feuilles effeuillées,

Les chiens jaunes de mes péchés,
Les hyènes louches de mes haines,
Et sur l’ennui pâle des plaines
Les lions de l’amour couchés !

Et l’impuissance de leur rêve
Et languides sous la langueur
De leur ciel morne et sans couleur,
Elles regarderont sans trêve

Les brebis des tentations
S’éloigner lentes, une à une,
Et l’immobile clair de lune,
Mes immobiles passions.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Myrtille Henrion Picco

 

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