Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘louer’

Après la musique et après le sermon (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2020




    
Après la musique et après le sermon il reste le silence,
peu importe que le sermon soit loué et la musique applaudie,
seul le silence existe véritablement.

(José Saramago)

 

Recueil: Le Dieu manchot
Traduction: Geneviève Leibrich
Editions: Seuil

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le poète (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019




Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
Il est l’homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C’est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,
Comme une torche qu’il secoue,
Faire flamboyer l’avenir !…
Peuples ! écoutez le poète
Écoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.

(Victor Hugo)

Illustration: René Baumer

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Seule la musique loue (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2019



    

Seule la musique loue avec bonheur et pertinence.

(Michel Serres)

 

Recueil: Musique
Traduction:
Editions: Le Pommier

Posted in méditations | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

LA CHANSON DU PETIT AIGLON (David Scheinert)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



aiglon

LA CHANSON DU PETIT AIGLON

Petit aiglon dans l’aire,
II faut dormir tout doux.
A la nuit printanière
Succède l’aube des loups.

Petit aiglon dans l’aire,
Il faut te reposer,
Pour égaler ton père
Dans l’art de déchirer.

Petit aiglon dans l’aire,
Il faut fermer les yeux
En louant les bergères
Qui font de toi un dieu.

(David Scheinert)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comme un Joyau Parmi des Ors Divergents (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


joyau

Ce premier Jour, où tu Me louas, mon Ange,
Me disant que j’étais forte –
Et pouvais être grande, si je voulais,
Ce Jour – d’entre les Jours –

Luit Central – comme un Joyau
Parmi des Ors Divergents –
Le Moindre – qui luisait derrière –
Et celui plus vaste – du Monde –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Arrive un jour (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018



    

Arrive un jour où la poésie se fait sans langage, jour où
sont convoqués les grands et les petits désirs disséminés
dans les vers, réunis tout à coup dans deux yeux, ceux-là
mêmes qu’on louait tant dans l’absence frénétique de la page blanche.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vers mon obscurité j’ai hâlé sa lumière (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




Lui que je loue de ma bouche muette nocturne
Murmurant des silences jusqu’au moment où les étoiles
Sont suspendues aux noeuds immobiles de mes vagues tourmentées,
Vers mon obscurité j’ai hâlé sa lumière.

Je tisse sur le sol désert de l’espace
La danse nuptiale, je danse les mystères
Qui ont incendié la maison de Penthée.
Son éclat brille jusqu’en mon lieu le plus obscur.

Il pose dans ma tombe profonde ses feux impérissables,
Sa flamme jaillit en moi fontaine arbre et coeur,
Il plane’issu du lit de la nature dans un vol d’oiseau.
Vers mon obscurité j’ai hâlé sa lumière.

Mes feuilles attirent de leurs mains vertes le soleil
Et lient en gerbe ses rayons dans la rose sauvage du monde.
J’offre mes miroitantes mers à son visage.
Son éclat brille jusqu’en mon lieu le plus obscur.

***

Him I praise with my mute mouth of night
Uttering silences until the stars
Hang at the still nodes of my troubled waves.
Into my dark I have drawn down his light.

I weave upon the empty floor of space
The bridal dance, I dance the mysteries
That set the house of Pentheus ablaze.
His radiance shines into my darkest place.

He lays in my deep grave his deathless fires,
In me his flame springs fountain tree and heart,
Soars up from nature’s bed in a bird’s flight.
Into my dark I have drawn down his light.

My leaves draw down the sun with their green hands
And bind his rays into the world’s wild rose.
I hold my mirroring seas before his face.
His radiance shines into my darkest place.

(Kathleen Raine)

Illustration: William Blake

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jamais assez de la beauté du monde (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018




Riches de l’unique
Éternelle présence
De tout ce qui est,

Dans l’amour et dans la peine
Qui plongent dans le coeur,
Tout a été à moi

Qui dois bientôt
Quitter comme je suis venue
Tout ce que j’ai été.

Cette enfant était-ce
Moi, qui crie
« Jamais assez

« De la beauté du monde,
« Visages des amis
« Dans les chambres et les maisons

« Riches de bonté,
« Jamais assez,
« De cet inépuisable

« Ici et maintenant
« Sans fin ni commencement ? »
La Présence répond

« Qu’es-tu
« Sinon l’un des multiples
« Multiples-dans-l’un,

« Dans le flot du temps
« Tu as eu ta part
« De mal et de bien,

« Désir et désespoir,
« Blessure et guérison,
« De quête et de prière,

« Porté le fardeau
« Du savoir et de l’être,

« L’irrémédiable
« Inexpugnable
« Registre des jours.

« Mais l’enfant encore à naître
« Est déjà la fleur et la graine
« Du monde

« Des plaies et des larmes,
« De l’abandon et du désir,
« De la découverte et de la quête,

« Car chacun est le tout
« De l’être sans borne,

« Et il est impossible à la fin
« Du temps d’ôter à la vie
« Les jours par myriades de la vie,

« Heures sans nombre
« Des vivants innombrables,
« Musique céleste,

« Expression de la gloire,
« Le bruit et la fureur,
« Le fleuve de la félicité. »

J’écoute et je loue.

***

Rich in the alone
Ever-presence
Of all that is,

In love and sorrow
That sound the heart,
All has been mine

Who must soon
Leave as I came
All I have been.

Was that child
I, who cry
`Never enough

`Of world’s beauty,
`Faces of friends
`In rooms and houses

`Rich in kindness,
`Never enou
`Of the inexhaustible

`Here and now
` Without end or beginning?’
The Presence replies

` What are you
`But one of the many
` Many-in-one,

`In the flow of time
`You have borne your share
`Of evil and good,

`Desire and despair,
`Hurting and healing,
`Of seeking and praying,

`Have carried the burden
`Of knowing and being,

`The irretrievable
`Unexpugnable
`Record of days.

`But the child unborn
`Is already the world’s
`Flower and seed

`Of the wounding and weeping,
The loss and the longing,
The finding and seeking,

`For each is the all
`Of boundless being,

`Nor can the ending
`Of time unlive
`Life’s myriad days,

`Unnumbered hours
`Of the numberless living,
` Music of heaven,

`Utterance of glory,
The sound and the fury,
The river of bliss.’

I listen and praise.

(Kathleen Raine)

Illustration: Josephine Wall

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 10 Comments »

M’esveillant à minuit, dessillant la paupière (Gabrielle de Coignard)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




    
M’esveillant à minuit, dessillant la paupière,
Je voy tout assoupi au centre du repos,
L’on entend plus de bruit, le travail est enclos
Dans l’ombre de la terre, attendant la lumière.

Le silence est partout, la lune est belle et claire,
Le ciel calme et serain, la mer retient ses flots,
Et tout ce qui se voit dedans ce large clos
Est plein de majesté, et grâce singulière.

La nuit qui va roulant des tours continuels,
Représente à nos yeux les siècles éternels,
Le silence profond du
Royaume céleste :

En fin le jour, la nuit, la lumière et l’obscur,
A louer le haut
Dieu incitent nostre cœur,
Voyant reluire en tout sa grandeur manifeste.

(Gabrielle de Coignard)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les chats (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats

Je veux louer les chats,
Plus caressants qu’un flot s’écoulant à la dune,
Qu’au long d’un toit moussu un bleu rayon de lune,
Les chats voluptueux flairant l’odeur des mains
Et les bouquets fanés qui meurent sur les seins.

Je veux louer les chats aux prunelles languides,
Fluant à pas muets à travers l’herbe humide,
Savants dans l’art de jouir et qui vont dégustant,
Lait pur, l’arôme exquis des jasmins au printemps.

Je veux louer les chats amoureux des nuances
Des coussins japonais, des bergères d’antan,
Des tapis d’Orient à la molle effleurescance
Par qui le dur réel devient inexistant.

Je veux louer les chats dont l’échine se ploie
Agilement aux creux des édredons de soie,
Mais adorant surtout, à l’égal d’un péché,
L’énervante tiédeur des genoux rapprochés.

Je veux louer les chats qui, de leurs ongles fauves,
Dédaigneux des gazons s’étalant en plein jour,
Pétrissent lentement à l’ombre de l’alcôve
L’oreiller langoureux que parfuma l’amour.

Je veux louer les chats par-dessus tout artistes
Qui, lorsque nous dormons, aux lueurs d’améthystes
Des soirs d’Août s’en vont, au bord des toits branlants,
Gémir de mal d’amour dans la nuit s’étoilant.

Je veux louer les chats dont l’âme nous pénètre,
Fins comme les sorciers des anciens fabliaux,
Les chats posant leur front doux au front de leurs maîtres,
Les chats meilleurs que nous, fidèles et loyaux.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :