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Posts Tagged ‘(Louis Bouilhet)’

Le silence (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2016



 

Le silence, cet oiseau dont on n’entend pas les ailes!…

(Louis Bouilhet)

Illustration

 

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La Louve (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



[#Beginning of Shooting Data Section] Nikon D1X 2003/11/05 13:35:05.1 RAW (12 bits) Sans perte Taille de l'image : Grande (3008 x 1960) Couleur Objectif : 70-210mm f/4-5.6 Focale : 116mm Mode d'exposition : Manuel Mode de mesure : Multizones 1/200 sec - f/10 Correction d'exposition : 0 IL Sensibilité : ISO 400 Balance des blancs : Flash -3 Mode de AF : AF-S Compensation des tons : Normale Mode flash : Synchronisation lente Mode de flash automatique : Nouveau TTL Mode couleur : Mode II (RVB Adobe) Réglage des teintes : -9° Netteté Image : Faible Réduction du bruit :  Légende image :  [#End of Shooting Data Section]

La Louve

Marcia, la vieille louve,
Au fond de son antre couve
Plus d’une jeune beauté,
Et, quand la rue est obscure,
Répand au loin, dans Suburre,
Son fol essaim qui murmure
Par les chaudes nuits d’été.

Elle a la belle Grecque, enivrante sirène,
La fille de Lesbos aux soupirs cadencés,
Qui suspend ses doigts blancs à sa lyre d’ébène,
Et danse aux carrefours la danse ionienne,
Avec un bandeau d’or sur ses cheveux dressés.

Elle a l’ardente Latine,
Qui sous une mitre incline
Son front bruni du soleil,
Nymphe au sourire magique,
Glissant sous le blanc portique,
Avec sa fauve tunique
Et son brodequin vermeil.

Elle a pour nos plaisirs, la Gauloise superbe,
Le front ceint de gui pâle, aux feuillages amers ;
Son pied nerveux bondit sans faire plier l’herbe.
Ses longs cheveux épars semblent l’or d’une gerbe,
Et son regard farouche est bleu comme les mers.

Elle a ses négresses folles
Qui, sur leurs noires épaules,
Enlacent des serpents verts.
Elle a l’Arabe indolente
Qui, la nuit, dort sous la tente,
Et le jour boit, haletante,
À la source des déserts !

— Mais la plus belle, amis, c’est la blanche Chrétienne,
Qui pleure et ne veut pas, et rougit tour à tour,
Et qui de son Dieu mort pressant l’image vaine,
Demande à deux genoux les tigres de l’arène,
Quand on la jette nue aux baisers de l’amour !

(Louis Bouilhet)

 

 

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L’Esprit des Fleurs (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



 sylphe b [800x600]
L’Esprit des Fleurs

Sylphe léger, fils des molles rosées,
J’aime à bondir sur les gazons en fleurs,
Et l’arc-en-ciel aux teintes irisées
Fait à mon front chatoyer ses couleurs ;
Sur un brin d’herbe, en passant, je me pose,
Et, sous mes pieds, bourdonnent les sillons ;
J’ai, pour tunique, une feuille de rose,
J’ai, pour voler, l’aile des papillons.

Quand du matin glissent les brises folles,
Dès que l’oiseau commence ses chansons,
Avec mes doigts, j’entr’ouvre les corolles,
Et doucement j’éveille les buissons :
« Debout ! debout !… » Tout frémit, et la plaine,
Et le lac bleu dont je rase !e bord
Avec mon char de roseaux verts qu’entraîne
Un scarabée à la cuirasse d’or.

« Debout ! debout !… » Les sveltes demoiselles
Dansent en rond sur les blancs nénufars,
Au grand soleil bruissent mes deux ailes,
Aux flots d’azur se plongent mes regards.
Quand vient le soir, et que les fleurs sont closes,
Du ver luisant je m’éclaire en chemin,
Et vais frapper à la porte des roses,
Pour m’endormir dans mon lit de satin.

L’hiver, je tremble, et mes fleurs sont flétries,
Sur l’arbre nu pendent les blancs frimas ;
Près de la vitre aux froides broderies,
Des blonds enfants j’écoute les ébats…
Mais si, parfois, je peux franchir les grilles,
Au feu qui danse, ouvrant mes doigts gelés,
Je me blottis au sein des jeunes filles,
Ou je me berce à leurs cheveux bouclés.

(Louis Bouilhet)

Illustration

 

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La dernière chanson (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



bague 104

La dernière chanson

J’ai voulu, le premier jour,
Vendre mes chansons d’amour ;
J’étais bien novice !
Ô mes dignes manuscrits,
L’épicier qui vous a pris
M’a rendu service.

Le second, j’ai, sur le quai,
Vendu mon couvert marqué,
Vieux meuble d’histoire,
Où mon aïeule, en mordant,
Cassa sa dernière dent,
Sous le Directoire.

Le troisième, Dieu merci,
J’ai vendu ma montre aussi,
Ma montre perfide,
Qui s’amusait à sonner
L’heure exacte du dîner
Sur mon ventre vide.

Le quatrième, ô bonheur !
J’ai vendu mon prix d’honneur
Pour six francs cinquante !
De ma gloire d’autrefois
J’ai fait deux dîners ou trois…
Sans vin d’Alicante !

Aujourd’hui, je n’ai plus rien,
Et mon ventre, comme un chien,
Aboie à la lune.
Aujourd’hui, pour tout trésor,
Je garde la bague d’or
De Nina la brune !

Tais-toi, mon ventre affamé ;
Celui-là qui fut aimé
Sourit quand il tombe ;
Le néant sera moins froid,
Si je peux, sa bague au doigt,
Dormir dans ma tombe !

(Louis Bouilhet)

 

 

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La pluie venue du Mont Ki-Chan (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



La pluie venue du Mont Ki-Chan

Le vent avait chassé la pluie aux larges gouttes,
Le soleil s’étalait, radieux, dans les airs,
Et les bois, secouant la fraîcheur de leurs voûtes,
Semblaient, par les vallons, plus touffus et plus verts !

Je montai jusqu’au temple accroché sur l’abîme ;
Un bonze m’accueillit, un bonze aux yeux baissés.
Là, dans les profondeurs de la raison sublime,
J’ai rompu le lien de mes désirs passés.

Nos deux voix se taisaient, à tout rendre inhabiles ;
J’écoutais les oiseaux fuir dans l’immensité ;
Je regardais les fleurs, comme nous immobiles,
Et mon coeur comprenait la grande vérité !

(Louis Bouilhet)

 

 

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Vestigia Flammæ (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Vestigia Flammæ

Où donc es-tu partie, ô belle jeune fille ?
Toi dont le doux regard et dont la voix, un jour,
Comme un oiseau qu’éveille un bruit sous la charmille,
À l’ombre de mon cœur ont fait chanter l’amour.

Ange, te souvient-il que je t’aimai sur terre ?
Que j’aurais tout donné pour un baiser de toi !
Lorsqu’au fond de ton cœur tu descends solitaire,
N’est-il aucun écho qui te parle de moi ?

Que fais-tu, maintenant que je suis seul dans l’ombre,
Quand dix ans sont passés depuis ton tendre aveu,
Et que, sur mes deux mains inclinant mon front sombre,
Je regarde briller, comme des yeux sans nombre,
Les étincelles de mon feu !

(Louis Bouilhet)

Illustration

 

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Puberté (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Puberté

Ô vierge ! ta beauté semble un champ de blé mûr
Dont le vent fait rouler les vagues inquiètes !
Parmi les brins serrés, passant leurs folles têtes,
Brillent le pavot rouge et le bluet d’azur ;

Au zénith éclatant pas un nuage obscur ;
L’aube seule aux épis suspend ses gouttelettes ;
Mille désirs charmants, comme des alouettes,
Volent par les sillons et poussent leur cri pur.

Vierge ! voici le temps qu’on va lier les gerbes ;
Bientôt retentiront les chansons dans les herbes,
Et les rondes, le soir, sous les cieux étoilés,

Car, sur ses larges reins attachant sa ceinture,
Demain, le moissonneur à la brune figure
Va promener sa faux par l’épaisseur des blés !

(Louis Bouilhet)

Illustration

 

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Portrait (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Portrait

Je ne sais pas ton nom, comtesse ou bien marquise,
Dont le portrait charmant rit dans ce cadre d’or ;
Mais nulle, en sa beauté, n’eut plus de grâce exquise,
Au temps qu’on était jeune et qu’on aimait encor.

Tes cheveux à frimas, où le zéphyr se joue,
Effleurent mollement ton visage vermeil,
Car le pastel du maître a semé sur ta joue
L’incarnat velouté d’une pêche au soleil.

Mille amours sont nichés sous tes narines roses,
Mille autres sont blottis dans tes yeux irisés,
Tandis que Cupidon, sur tes lèvres mi-closes,
Appelle au pâturage un troupeau de baisers.

Et le ruban bleu-ciel, dont ta robe est fermée,
Semble, au long du corsage, étaler à plaisir,
De ta taille divine à ta gorge embaumée,
Une échelle d’azur où monte le désir !…

(Louis Bouilhet)

Illustration: Hyacinthe Rigaud

 

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Intérieur (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Kate Pérou-« Portrait d'Agnes Phoebe Burra » [800x600]

Intérieur

La mère de famille a quitté la maison,
Elle dort maintenant sous la colline verte.
Le père s’est assis dans la salle déserte,
Tandis qu’à l’âtre éteint fume un maigre tison ;

Le père s’est assis, les coudes sur la table,
Et pressant dans ses mains son front chargé d’ennui ;
Ses trois fils aux bras forts, rangés autour de lui,
Ne sauraient soulever le fardeau qui l’accable.

Mais la petite fille a neuf ans, pour le moins.
La petite descend, va, vient, court, se trémousse,
Elle commande aux gens et grossit sa voix douce,
Ménagère à l’œil bleu, qui jouait dans les foins !

(Louis Bouilhet)

 Illustration: Kate Perugini

 

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Flux et Reflux (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016



Ivan Aïvazovsky -moon-sea2005-2 [800x600]

Flux et Reflux

Toujours, dans son grand lit d’algues et de corail,
L’océan, sous les cieux, fait osciller ses ondes,
Tantôt poussant au bord les vagues en travail,
Tantôt les refoulant dans ses cryptes profondes.

La lune sourit d’aise à son balcon nacré,
Elle guide, d’en haut, ces ardeurs inquiètes,
Et caressant le monstre au poitrail azuré,
Lui jette, pour licou, son écharpe à paillettes.

— Ô lune, la beauté qui connaît ma douleur,
Comme toi, sur les flots, se penche sur ma vie ;
Elle est douce et terrible, et, selon son envie,
Fait descendre ou monter les vagues de mon cœur !

(Louis Bouilhet)

Illustration:  Ivan Aïvazovsky

 

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