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Posts Tagged ‘(Louis Calaferte)’

Elles (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



 

Leszek Soko  (40) [1280x768]

Elles avaient des lèvres brodées de sourires
doux
rêves de lèvres on ne sait d’où
et des teints de rondes cerises

Elles nous offraient des gâteaux
roses
roses et blancs
avec de la crème dedans
de gros gâteaux pour les enfants

Elles étaient autour de nous
puis disparurent dans le temps

(Louis Calaferte)

Illustration: Leszek Sokol

 

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Tôt ou tard (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Tôt ou tard
mon Toto
tard ou tôt
mon lascar
ça finit
ça finit sur un lit d’hosto

C’est mon tour aujourd’hui
j’y suis

(Louis Calaferte)

 

 

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Un! deux! trois! quatre! Tous en rond pon! (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Un! deux! trois! quatre!

Un! deux! trois! quatre! Tous en rond pon!

Ah! que j’aimais vos cheveux longs…
quand nous jouions, enfants, pleins d’été des campagnes

Au bout de la prairie,ô verte aquarelliste
zinzinule un ruisseau et nous buvons dedans
quand nous avons bien chaud l’eau qui glace les dents

Elles rient! Elles rient!
Je les entends encore…
Un! deux! trois! quatre! Beau colimaçon pon!

Elles rient, elles rient, gorges d’anges harpistes
leurs lèvres neuves sont des grappes de groseilles
luisantes de salive au feu d’or d’un rayon

Ah! que j’aimais ces baisers longs
que je nous supposais, virginales compagnes

En vous quittant le soir j’étais timide et triste
J’en pleurerais encore…

Adieu, vieil horizon
Elles s’en vont, je pars, et s’égrènent les ans
Tout s’espace, tout meurt, on tourne les talons
(Elles avaient des boucles d’argent aux oreilles)

Un! deux! trois! quatre! Allons

Ah! que j’aimais vos blancs jupons pon!

(Louis Calaferte)

 

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Elles brodent (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



 

Alexandr Sulimov -    (14)

Elles brodent des artichauts et des soleils
Que sais-je et mon coeur mécontent les leur lapide
Ô demoiselles aux sous-entendus limpides
Boucles d’organza vieux, châteaux des bleus sommeils
Vos paniers, vos héros, vos rires insipides
En ces villages d’autrefois purs et vermeils

Quand les lents troupeaux
Roux et blancs reviennent

Elles inventent des tisons dans leurs regards
Minces ombrelles à rebours folles des jupes
J’avais au moins dix fois mon âge, mol étendard
Doux cadavres que flanquent encore leurs huppes
Enigmatiquement, s’il advient par hasard

Que de lents troupeaux
Roux et blancs reviennent

(Louis Calaferte)

Illustration: Alexandre Sulimov

 

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NOCHE (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



chien lune 0 [800x600]

NOCHE

Médaillon de crêpe chinois
piqué sur l’étoffe indolore
du ciel des nuits qu’un chien aboie
vaguement glauque et incolore
glousse la lune

Il est tard près de moi dors bien
je suis arrimé à ma table
j’écris mais sans plus croire à rien
d’un indifférent redoutable
sous la lulune

Le chien aboie
la lune boit
moi je me noie
dans mes lacunes

(Louis Calaferte)

 

 

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La mer est dans tes yeux (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



La mer est dans tes yeux

Ce n’est pas faute d’en parler
mais nous ne sommes pas allés
en ces dimanches du mois d’août
avec sa plage de galets
à Brighton où il fait si doux

Dans les brumes du lit tes sables sont soyeux
je me laisse endormir au flot de tes écumes
dans tes fonds aux varechs que le plaisir consume
ici la mer est dans tes yeux

Nous n’avons jamais su partir

(Louis Calaferte)

 

 

 

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MANÈGE (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Graziella Sarno coeur_d_arlequin-

MANÈGE

Elles sont passées une à une
comme sur les chevaux de bois
brunes aux regards de chamois
blondes aux longs cheveux de lune

Elles sont passées une une
mes colombelles d’autrefois
lorsque je suivais leurs convois
au temps de mes bonnes fortunes

Elles sont passées une une
des semaines ou bien des mois
j’allais pour elles chaque fois
leur décrocher un bout de lune

Dormeuses sous mes baldaquins
bonjour bonsoir et sans rancune
elles sont passées une à une
quand j’avais le coeur arlequin

(Louis Calaferte)

 Illustration: Graziella Sarno

 

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Le monde est notre désir (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Le monde est notre désir.
Le monde est notre vouloir.
Il n’y a rien à dire du monde — sauf qu’il nous ressemble trait pour trait.
Si nous le trouvons médiocre — c’est que nous sommes médiocres.
Si nous le trouvons vain — c’est que nous sommes vains.
Si nous le trouvons affreux — c’est que nous sommes affreux.
Si nous le trouvons dur — c’est que nous sommes durs.
Si nous le trouvons morne — c’est que nous sommes mornes.
Si nous le trouvons petit — c’est que nous sommes petits.
Si nous le trouvons écœurant — c’est que nous sommes écœurants.
Si nous le trouvons hostile — c’est que nous sommes hostiles.
Il ne changera que quand nous changerons.
Il est nous et indéfiniment il nous ressemblera.
Pour l’instant c’est un monde de terre sèche.
Il y aura un brin d’herbe quand vous serez devenus brin d’herbe.
Ou…

(Louis Calaferte)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Merci (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



 

Eugène Begarat dans le jatdin 65x50cm-600 [1280x768]

Merci

Etaient-elles mortelles
Aussi
Ô! si
Fraîches délicates et belles
Les Clara et les Isabelle
De ces dimanches sans souci
Du temps vieux de mes jouvencelles

Etaient-elles réelles
Aussi
Ô! si
Timidement amoureux d’elles
Qu’il se peut que je ne rappelle
Qu’un de ces rêves réussis
Qui laissent au coeur leurs séquelles

Troublantes sentinelles
Ainsi
Voici
Je vous reviens mes demoiselles
Par les étranges raccourcis
Que l’âge après lui amoncelle

Soyez clémentes Isabelle
Et vous belles Clara aussi

Ma vie a brûlé ses chandelles
Mais si vraiment vous fûtes telles
Merci

(Louis Calaferte)

Illustration: Eugène Begarat

 

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DE TROIS FLEURS NOBLES (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2017



 

DE TROIS FLEURS NOBLES

LA ROSE

Pure incarnat
Pétales clos
La rose n’a
Vie qu’à huis clos

LE GLAÏEUL

Se voulant seul
L’éventail bleu
D’un long glaïeul
Hampe ses yeux

LE LIS

Intolérant
Décolleté
Le lis offrant
Sa nudité

(Louis Calaferte)

 

 

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