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Poésie

Posts Tagged ‘lourde’

HALEINES (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

HALEINES

Richesse lourde et nourricière.
dans ces palais d’oubli,
en grande solitude

Un vent d’errance
comme celui des grands espaces
inhabités

Des souffles
comme en des lieux sans voix
de rocs de sable et de silence

Reflet du vide de l’esprit,
avidement béant,
et sourd
aux monstruosités des hommes

(Françoise Coulmin)

 

 

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LE FUSIL (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



 

William Burroughs ShotgunArt

LE FUSIL

Auprès de mon lit
J’ai un fusil.
Quand je suis malade
Et que je me réveille en sursaut,
La nuit,
J’ouvre la fenêtre et tire dans le ciel
(Houle dénouée, l’azur paisible porte
Les étoiles par-delà les monts)
En signe de désespoir.
Autour de moi scintillent
Tous mes frères, les morts,
Mes jeunes frères sans yeux.

Et je tire au secours,
Parce qu’il me semble que tout
Brûle autour de moi,
Autour d’eux.

Mon frère m’apporte
De l’eau claire — oh! comme je les vois
Mieux maintenant.
Puis de nouveau la nuit
Et la lourde sueur.

(Srecko Kosovel)

Illustration: William Burroughs

 

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Retouche à l’attente (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Retouche à l’attente

mon désir est cette rose lourde
hors du verre sur la table
la rue meurt d’amour
ma porte a le poids des fables

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francine Van Hove

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QUAND TU SERAS BIEN VIEILLE… (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

QUAND TU SERAS BIEN VIEILLE…

Quand tu seras bien vieille et grise, dodelinant
Aux portes du sommeil près du feu : prends ce livre
Et lis sans te hâter, et rêve à la douceur
Qu’eurent tes yeux jadis, dans leurs ombres lourdes.

Combien aimaient alors ta grâce joyeuse,
Qu’ils aimaient ta beauté, de feint ou vrai amour !
Mais un seul homme aima en toi l’âme viatrice
Et aima les chagrins du visage qui change.

Penche-toi donc sur la grille embrasée
Et dis-toi, un peu triste, à voix basse :  » Amour,
Tu as donc fui, tu as erré sans fin sur la montagne,
Tu t’es caché dans l’innombrable étoile.  »

***

WHEN YOU ARE OLD

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read, and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep ;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how Love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

(William Butler Yeats)

Illustration: Edouard Vuillard

 

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Reste immobile (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Ne tourne pas la tête, un miracle est derrière
Qui guette et te voudrait de lui-même altéré:
Cette douceur pourrait outrepasser la Terre
Mais préfère être là, comme un rêve en arrêt.

Reste immobile, et sache attendre que ton coeur
Se détache de toi comme une lourde pierre.

(Jules Supervielle)


Illustration: Fanny Verne

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L’empreinte laissée (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2016



oreiller [1280x768]

L’empreinte laissée
Par sa tête sur l’oreiller —
Lourde chute de neige.

***

The indentation
Made by her head on the pillow:
A heavy snowfall.

(Richard Wright)

Illustration

 

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Vers des clartés au loin (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016




Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée ;
dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches,
leur tête dodeline, lourde et calme.
Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée.

Dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches,
des tachetées, des noires et des rousses ;
mais nul ne peut leur expliquer
qu’il est minuit et que l’on va vers l’abattoir.

Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée ;
dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches
leur tête dodeline, lourde et calme.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Aurélie Mantillet

 

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Il Changeait La Vie (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016




Il Changeait La Vie

C’était un cordonnier, sans rien d’particulier
Dans un village dont le nom m’a échappé
Qui faisait des souliers si jolis, si légers
Que nos vies semblaient un peu moins lourdes à porter

Il y mettait du temps, du talent et du coeur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui
Il changeait la vie

C’était un professeur, un simple professeur
Qui pensait que savoir était un grand trésor
Que tous les moins que rien n’avaient pour s’en sortir
Que l’école est le droit qu’a chacun de s’instruire

Il y mettait du temps, du talent et du coeur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui
Il changeait la vie

C’était un p’tit bonhomme, rien qu’un tout p’tit bonhomme
Malhabile et rêveur, un peu loupé en somme
Se croyait inutile, banni des autres hommes
Il pleurait sur son saxophone

Il y mit tant de temps, de larmes et de douleur
Les rêves de sa vie, les prisons de son coeur
Et loin des beaux discours, des grandes théories
Inspiré jour après jour de son souffle et de ses cris
Il changeait la vie

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration: Louis Toffoli

 

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LA ROSE EN SA TENEBRE (2) (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016



 

LA ROSE EN SA TENEBRE (2)

Toujours la même si lente
A changer si lourde à mourir

A l’intérieur du globe une poussière
Elle est impénétrable et molle
Elle est facile
Immobile et mouvante comme du sable
Dangereuse puisqu’elle meurt

(Jean Tortel)

 

 

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À L’INSTANT (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016


 

À L’INSTANT

Ville énorme et lourde,
un vol de mouettes à travers ciel
un instant nous arrache à sa pesanteur
et proclame hautement
l’insurpassable créativité
du maître d’oeuvre
Allez, oiseaux, à tire-d’aile,
plumes et prière,
Exaucement déjà, instant.

(Paul de Roux)

 

 

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