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Poésie

Posts Tagged ‘lourde’

Contrée (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019


La nuit va recouvrir l’obsidienne
une paire de cisailles
l’arête de poisson ancienne.
La femme inclinée
grande lourde presque nue
s’appuie à la muraille grise.
C’est dans la contrée
aux grands lacs
gibiers craintifs.

(Jean Follain)

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Ma main et la pierre (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



pierre dans la main 

Ma main et la pierre,
sage rébellion de particules
tenant dans ma paume.
J’ai fait mienne sa réalité
grise, lourde et ovale.
Pierre millénaire
jusqu’en son cri
elle ne se prétend autre chose
qu’un défi à l’oubli.

(Kettly Mars)

Illustration

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Silenciaire (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Silenciaire
Il apparaissait
Claquait des bois d’ébène et tous figés
Dans l’huile lourde du respect
Se taisaient
En l’honneur du signe de sa souffrance
Il était à Byzance
Le silenciaire de l’empereur
Et pour eux tous
Il savait seul

(Werner Lambersy)


Illustration: Odilon Redon

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SAY IT WITH MUSIC (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



 

SAY IT WITH MUSIC

Les bracelets d’or et les drapeaux
les locomotives les bateaux
et le vent salubre et les nuages
je les abandonne simplement
mon coeur est trop petit
ou trop grand
et ma vie est courte
je ne sais quand viendra ma mort exactement
mais je vieillis
je descends les marches quotidiennes
en laissant une prière s’échapper de mes lèvres
À chaque étage est-ce un ami qui m’attend
est-ce un voleur
est-ce moi
je ne sais plus voir dans le ciel
qu’une seule étoile ou qu’un seul nuage
selon ma tristesse ou ma joie
je ne sais plus baisser la tête
est-elle trop lourde
Dans mes mains je ne sais pas non plus
si je tiens des bulles de savon ou des boulets de canon
je marche
je vieillis
mais mon sang rouge mon cher sang rouge
parcourt mes veines
en chassant devant lui les souvenirs du présent
mais ma soif est trop grande
je m’arrête encore et j’attends
la lumière
Paradis paradis paradis

(Philippe Soupault)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

 

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Sombre nuit (Julian Tuwim)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



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Sombre nuit

Homme plié sous le fardeau,
Viens t’asseoir.
Taisons-nous, regardons
La nuit noire.

Pose là ta pierre,
Repose-toi
Jusqu’au matin.
Dans la nuit sombre braquons tous deux
Nos yeux humains.

Parler est dur. La pierre est lourde.
Le pain de pierre.
Pourquoi parler. Deux pierres dans la nuit
Pour se taire.

(Julian Tuwim)

Découvert ici: Schabrières

Illustration

 

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La forêt ferme (Yvan Goll)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



Gustav Klimt   fir-forest-i.jpg!HD [1280x768]

 

La forêt ferme,
Le dernier oiseau a flûté,
Les feuilles des bouleaux lasses d’être fidèles
Préfèrent partir et mourir.
Les nymphes se démaquillent
Dans les coulisses d’églantines,
Les cerfs qui ont battu les records de vitesse
Déposent leurs cornes trop lourdes,
Et leurs trophées de crépuscule
Pourrissent sous la pluie.

La forêt ferme,
Fermons aussi nos coeurs
Avant qu’il ne gèle !
Dix mille aubes, mon ange, dix mille aubes
Dix mille fois l’oeil du soleil
Est venu rouvrir nos paupières

Dix mille aubes pour cette unique nuit
De notre amour
Ta tête sculptée dans mes bras
La roseraie de tes cheveux
Allumée de dix mille roses

Ah combien de scintillements
Et les dix mille voix des vagues
Combien de lunes sont venues
Tantôt délurées tantôt tristes
Nous couvrir de l’extase des neiges

Et des vieillards nous ont donné leurs yeux
Et des enfants ont mangé notre coeur
Dans les dix mille songes d’un amour

Dix mille aubes, mon ange, dix mille aubes
Dix mille oeufs pleins d’oiseaux et de chansons
Dix mille jaunes de soleil
Valent bien aujourd’hui
L’unique mort aux cent mille astres.

(Yvan Goll)

Illustration: Gustav Klimt

 

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HALEINES (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

HALEINES

Richesse lourde et nourricière.
dans ces palais d’oubli,
en grande solitude

Un vent d’errance
comme celui des grands espaces
inhabités

Des souffles
comme en des lieux sans voix
de rocs de sable et de silence

Reflet du vide de l’esprit,
avidement béant,
et sourd
aux monstruosités des hommes

(Françoise Coulmin)

 

 

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LE FUSIL (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



 

William Burroughs ShotgunArt

LE FUSIL

Auprès de mon lit
J’ai un fusil.
Quand je suis malade
Et que je me réveille en sursaut,
La nuit,
J’ouvre la fenêtre et tire dans le ciel
(Houle dénouée, l’azur paisible porte
Les étoiles par-delà les monts)
En signe de désespoir.
Autour de moi scintillent
Tous mes frères, les morts,
Mes jeunes frères sans yeux.

Et je tire au secours,
Parce qu’il me semble que tout
Brûle autour de moi,
Autour d’eux.

Mon frère m’apporte
De l’eau claire — oh! comme je les vois
Mieux maintenant.
Puis de nouveau la nuit
Et la lourde sueur.

(Srecko Kosovel)

Illustration: William Burroughs

 

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Retouche à l’attente (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Retouche à l’attente

mon désir est cette rose lourde
hors du verre sur la table
la rue meurt d’amour
ma porte a le poids des fables

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francine Van Hove

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QUAND TU SERAS BIEN VIEILLE… (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

QUAND TU SERAS BIEN VIEILLE…

Quand tu seras bien vieille et grise, dodelinant
Aux portes du sommeil près du feu : prends ce livre
Et lis sans te hâter, et rêve à la douceur
Qu’eurent tes yeux jadis, dans leurs ombres lourdes.

Combien aimaient alors ta grâce joyeuse,
Qu’ils aimaient ta beauté, de feint ou vrai amour !
Mais un seul homme aima en toi l’âme viatrice
Et aima les chagrins du visage qui change.

Penche-toi donc sur la grille embrasée
Et dis-toi, un peu triste, à voix basse :  » Amour,
Tu as donc fui, tu as erré sans fin sur la montagne,
Tu t’es caché dans l’innombrable étoile.  »

***

WHEN YOU ARE OLD

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read, and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep ;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how Love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

(William Butler Yeats)

Illustration: Edouard Vuillard

 

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