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Posts Tagged ‘louve’

La terre est nue, et l’âme hurle à l’horizon pâle (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



La terre est nue,
et l’âme hurle à l’horizon pâle
comme une louve famélique.
Que cherches-tu, poète, dans le couchant?

Amère marche, car le chemin
est lourd à mon coeur! Le vent glacé,
et la nuit qui survient, et l’amertume
de la distance!… Sur le chemin blanc

quelques arbres transis font une tache noire;
sur les monts lointains
il y a de l’or et du sang… Le soleil est mort…
Que cherches-tu, poète, dans le couchant?

(Antonio Machado)

Illustration: Jan Balet

 

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TECTONIQUE DE LA FEMME (Marcel Moreau)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



TECTONIQUE DE LA FEMME
(extraits)

Femme, soeur, amie,
J’ai tourné autour de ton ventre plus de fois que je n’ai couru les bals.

Femme, soeur, amie, amante,
j’ai contemplé ton ventre plus souvent que les arts d’ici-bas, que les constellations là-haut.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse,
j’ai écouté ton ventre avec tant de croyance que ne m’en restait plus pour la croyance en l’homme.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse,
pécheresse, j’ai appris de ton ventre plus que ne m’enseignèrent les livres.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse, pécheresse,
agnelle, louve, succube, garce, grâce, FOLLE, j’ai noyé dans ton ventre plus de raison que ne s’en vidait mon esprit.

Mais, Femme unique,
jamais, au grand jamais, je ne pourrai jurer, sur ton ventre, à sa source, que je sais où je vais lorsque je vais en lui.

(Marcel Moreau)

 

 

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Chanson pour mon Ombre (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Chanson pour mon Ombre

DROITE et longue comme un cyprès,
Mon ombre suit, à pas de louve,
Mes pas que l’aube désapprouve.
Mon ombre marche à pas de louve,
Droite et longue comme un cyprès.

Elle me suit, comme un reproche,
Dans la lumière du matin.
Je vois en elle mon destin
Qui se resserre et se rapproche.
A travers champs, par les matins,
Mon ombre suit, comme un reproche.

Mon ombre suit, comme un remords,
La trace de mes pas sur l’herbe
Lorsque je vais, portant ma gerbe,
Vers l’allée où gîtent les morts.
Mon ombre suit mes pas sur l’herbe,
Implacable comme un remords.

(Renée Vivien)

Illustration

 

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La Louve (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



[#Beginning of Shooting Data Section] Nikon D1X 2003/11/05 13:35:05.1 RAW (12 bits) Sans perte Taille de l'image : Grande (3008 x 1960) Couleur Objectif : 70-210mm f/4-5.6 Focale : 116mm Mode d'exposition : Manuel Mode de mesure : Multizones 1/200 sec - f/10 Correction d'exposition : 0 IL Sensibilité : ISO 400 Balance des blancs : Flash -3 Mode de AF : AF-S Compensation des tons : Normale Mode flash : Synchronisation lente Mode de flash automatique : Nouveau TTL Mode couleur : Mode II (RVB Adobe) Réglage des teintes : -9° Netteté Image : Faible Réduction du bruit :  Légende image :  [#End of Shooting Data Section]

La Louve

Marcia, la vieille louve,
Au fond de son antre couve
Plus d’une jeune beauté,
Et, quand la rue est obscure,
Répand au loin, dans Suburre,
Son fol essaim qui murmure
Par les chaudes nuits d’été.

Elle a la belle Grecque, enivrante sirène,
La fille de Lesbos aux soupirs cadencés,
Qui suspend ses doigts blancs à sa lyre d’ébène,
Et danse aux carrefours la danse ionienne,
Avec un bandeau d’or sur ses cheveux dressés.

Elle a l’ardente Latine,
Qui sous une mitre incline
Son front bruni du soleil,
Nymphe au sourire magique,
Glissant sous le blanc portique,
Avec sa fauve tunique
Et son brodequin vermeil.

Elle a pour nos plaisirs, la Gauloise superbe,
Le front ceint de gui pâle, aux feuillages amers ;
Son pied nerveux bondit sans faire plier l’herbe.
Ses longs cheveux épars semblent l’or d’une gerbe,
Et son regard farouche est bleu comme les mers.

Elle a ses négresses folles
Qui, sur leurs noires épaules,
Enlacent des serpents verts.
Elle a l’Arabe indolente
Qui, la nuit, dort sous la tente,
Et le jour boit, haletante,
À la source des déserts !

— Mais la plus belle, amis, c’est la blanche Chrétienne,
Qui pleure et ne veut pas, et rougit tour à tour,
Et qui de son Dieu mort pressant l’image vaine,
Demande à deux genoux les tigres de l’arène,
Quand on la jette nue aux baisers de l’amour !

(Louis Bouilhet)

 

 

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La barbare (Brigitte Egger)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016



Prends ma louve pour oreiller!
Elle réchauffe ton cœur transi
Sois vagabond dans mes rondeurs
où ta jouissance succombe

Bois au fond de mes saveurs
le nectar de mes ivresses!
Palpe de tes doigts chaleureux
ma chair, si heureuse de céder

Transforme-toi en écureuil
pour taquiner mon noisetier!
Tu vivras des nuits de merveilles
Elles te combleront de leurs fruits

Sauve ma bête de sa douleur
où ton absence la plonge
Viens déchaîner mes voluptés
Et tu seras leur timonier

Mon corps t’attire ma chair t’aspire
pareil à l’aimant de l’amour
J’ouvre pour toi ma nacelle
pour devenir ta plénitude…

(Brigitte Egger)

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