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En moi, c’est comme si une mer (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Illustration: Kazuya Akimoto
    
En moi,
C’est comme si une mer

Était en train
De se chercher.

C’est comme si
J’étais soulevé, lové
Dans quelque chose,

Dans un autre moi,
Plus grand, plus apaisé,

Plus en contact avec soi.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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La mère (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



triste

La mère

Je t’ai appris tout ce que j’avais.
Tu as pris ma vie et tu n’as rien compris.
Je t’ai nourri. Tu m’as tarie.
Je t’ai guéri. Tu m’as meurtrie.
Je t’ai habillé. Tu m’as dépouillée.
Je t’ai nettoyé. Tu m’as noyée.
Je t’ai lové. Tu m’as volée.
Je t’ai adulé. Tu m’as annulée.
Je t’ai déployé, tu m’as repliée.
Je t’ai blanchi. Tu m’as noircie.
J’ai été ton refuge, toi mon refus.
Je t’ai inventé et vanté Tu m’as évidée, évitée.
Je t’ai changé et tu t’en es vengé.

Je ne cesse de te chanter,
toi qui me désenchantes.

(Charles Dobzynski)

 

 

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Incantation (Denise Miège)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Je t’enlise, je t’enrobe, je te love, je te veux
Je te vise, te bombarde, et je te prends d’assaut.
Je ne te laisse pas le temps, je t’invite,
Je t’emperle, je t’envoûte, je t’attends.
J’ai tellement envie de toi.
Je t’envahis, je t’environne, je suis partout à la fois.
Je suis de tous les départs
Que tu prendras au hasard
Pour ne plus m’entendre te répéter que je t’aime
T’enlise, te veux, t’attends,
Te vise, te prends, te laisse,
T’embobine à chaque pas, te frise, te lisse , te lèche,
T’use et ruse, charme et louvoie.
Et du plus loin que tu sois,
Je suis ta dernière demeure
Et tu chemines vers moi.

Donner le change,
Tu n’en finis pas, ma tendresse murée.
Toute gouaille dehors, pourquoi cacher profond
Ta douceur de pollen? Tu n’es pas fait pour la mêlée!
Des animaux gracieux dorment dans tes prunelles,
S’éveillent à la caresse.
Même blessé, je t’aime, t’imaginant parfois soleil
D’une contrée heureuse.
Pourtant c’est quand tu mords à dents de loup
Les mots mieux que personne,
Beau parleur, que tu donnes le change
D’une légende dont rien ne te délivre.

(Denise Miège)

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