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Posts Tagged ‘(Luc Bérimont)’

Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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L’envie de retrouver un être (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



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L’envie de retrouver un être
Brûle au bas du poignet, au confluent du sang.
La fenêtre regarde à la face des lèpres
Les fumées, le brouillard, cimentent le ciel dur ;
La nuit va tout confondre
Il y a vers la gare un vacarme d’acier
Bordé par le moelleux d’un robinet de cuivre roux
qui goutte ;
Vers les plaines, la lune gît
Une forêt dérape au vent
Dévastée par l’appel d’un homme en solitude.

(Luc Bérimont)

Illustration

 

 

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Pomme et poire (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Pomme et poire

Pomme et poire
Dans l’armoire

Fraise et noix
Dans le bois

Sucre et pain
Dans ma main

Plume et colle
Dans l’école

Et le faiseur de bêtises
Bien au chaud dans ma chemise.

(Luc Bérimont)

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Je te promets qu’il n’y aura pas d’I verts (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Je te promets qu’il n’y aura pas d’I verts
Il y aura des I bleus
Des I blancs
Des I rouges
Des I violets, des I marrons
Des I guanes, des I guanodons
Des I grecs et des I mages
Des I cônes, des I nattentions
Mais il n’y aura pas d’I verts

(Luc Bérimont)


Illustration

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Ressembler à l’oiseau (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Ressembler à l’oiseau
(plus à son chant
qu’à l’oiseau lui même
plus au bleu qu’à son chant
plus au chant qu’au bleu même)

(Luc Bérimont)

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Un Feu Vivant (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



 

Un Feu Vivant

Je te confonds avec la fièvre sourde
Que l’automne incertain ronfle aux bassons des bois
Je te sens palpiter dans le flanc roux des bêtes
Je te prends, piétinant l’eau des mares secrètes
Je t’atteins en forçant le réduit des halliers
Je suis le prisonnier des fanes et des feuilles
Comme les longs cheveux que tu répands sur moi

Sais-tu ce que sera cet hiver sous la neige ?
De hauts feux vont monter, forts comme mon sang d’homme
Je les pressens déjà comme la chaux des chambres

Dehors, la terre aura des grillages d’averses
– Seul un faisan pesant veille un minuit transi –
Tu délires tes bras tels une étoile inverse :
Les biches de la nuit sont nues comme ta langue.

(Luc Bérimont)

 

 

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Lourde étoffe écumeuse (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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Lourde étoffe écumeuse érodant le rocher
La mer est le champ clos d’un sommeil extatique
Étendu et repris sur un feu desséché
La paille et le grain vert des sommeils magnétiques.

Grasse flaque de chair aux cambrures rythmiques
Les coups de rein du ciel arc-boutent l’élément
Élastique, foré de chauds silos d’enfants
Dérobant d’azur noir le long spasme atlantique.

Vénus, mère du sang qui déferle dans l’homme
Déchira l’eau salée, le corps ciré d’embruns ;
Des poissons l’escortaient, des animaux, des pommes ;
Une crevette rose ourlait son ventre brun.

(Luc Bérimont)

Illustration: Kazuya Akimoto

 

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La huche à pain (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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La huche à pain

Je ne suis pas d’ici, je partirai demain
Je laisserai les bois éblouis par l’aurore
La Loire qui mangeait dans le creux de ma main
Le sang blessé des fruits sur les bols de faïence.

Je ne suis pas d’ici. Je laisserai la terre
Charbonner comme un coeur usé par son trésor ;
Je n’écouterai plus le cri des taureaux vers
Le vent d’aube, éveillé par le voix des fermières.

Je ne suis pas d’ici, je suis déjà parti
Je sommeille à pleins yeux le pays des prairies
Les perdreaux dépliées dans la chaleur de juin
Les chevaux de l’été, le foin sucré des pluies
Le goût du feu de bois qui me gante les mains

(Luc Bérimont)

 

 

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Il est une manière physique (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



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Il est une manière physique d’aimer la terre.
Cela s’éprouve comme un désir de corps.
Il vient un temps où les mots ne suffisent plus,
où la monnaie des singe des promesses ne dédommage plus le désir.

La nature est le ventre primordial.
Les blés, les eaux, les êtres jaillissent et retournent à sa nuit.

Les hommes exécutent leur danse verticale dans le soleil avant de s’allonger,
avant de se confondre dans cette pâte épaisse
pétrie de feuille sèches, de geais et de renards.

(Luc Bérimont)

 Illustration: Marine Jeannard

 

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Un feu vivant (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



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Un feu vivant

Mon amour du profond des nuits
Du fond de la terre et des arbres
Du fond des vagues, de l’oubli
Mon amour des soifs de l’enfance
Mon amour de désespérance

Je t’attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom au fond des soutes
Des marécages sans oiseaux
Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas

J’attends la source de tes bras
De tes cheveux, de ton haleine
Tu me libères, tu m’enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t’attends comme la forêt
Inextricable, enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Et que le matin fait chanter.

(Luc Bérimont)

 Illustration: Alexandra Bochkareva 

 

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