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Posts Tagged ‘(Luc Bérimont)’

Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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Le brouillard est au long de nous (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



    

Le brouillard est au long de nous…
À Pierre Seghers

Le brouillard est au long de nous
C’est comme une femme étendue
Les arbres de son sexe roux
Le bleu de sa peine mal tue
-— Je t’offre la douceur de tout.

Moi, je marche et je suis en guerre
J’ai mon fusil de lyre à feu
Mon casque et dans mes cartouchières
Trente-cinq cris de frères blonds
Qui m’eussent pu sourire hier.

La route est une image d’âme
Avec ses trous, ses flaques d’eau
Je suis un grand blessé d’étoiles
Infirme d’un coeur à vau-l’eau
Sur un radeau d’aubépines pourries.

(Luc Bérimont)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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DEMAIN LA VEILLE (extrait) (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



 

Ohara Koson  __

DEMAIN LA VEILLE (extrait)

Les pousses adoptent sous la terre
Un comportement menuisier
Patience et géométrie
Un atelier sans liberté
Polit des linteaux d’étamines

J’apprends à retarder les mots
Par un mimétisme pareil
Une prudence de fraisier
Dans un printemps frileux

Par les tiges souples du feu
Je connais le vent, cru
l’ouest
Je vois par un ramier
J’entends par un renard

Le chat m’ouvre un été
La tulipe un soleil

Par les lettres vertes de l’eau
Et par le corps heureux des pierres
Je connais l’issue et l’entrée :
une population d’oiseaux
une mouche dont je suis l’aile.

(Luc Bérimont)

Illustration: Ohara Koson

 

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LA NUIT D’AUBE (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019


 


 

Laura Harris - Tutt'Art@ -

LA NUIT D’AUBE

Une rose a percé la pierre de la neige
Une rose a percé la pierre de l’hiver
Galopez dans le ciel, chevaux blancs des cortèges
Une rose a percé la pierre de la neige

Une rose a tremblé sur la paille, à l’auberge
L’ange au gantelet noir roule sous les sapins
Une rose a tremblé, plus frileuse qu’un cierge
La neige lacérait le ciel ultramontain.

Édifice du temps un enfant vous renverse
Une rose, une lampe une larme au matin.
Il suffit d’un baiser qui réchauffe la neige
Et notre rose à nous brûle déjà ta main.

(Luc Bérimont)

Illustration: Laura Harris

 

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L’envie de retrouver un être (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



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L’envie de retrouver un être
Brûle au bas du poignet, au confluent du sang.
La fenêtre regarde à la face des lèpres
Les fumées, le brouillard, cimentent le ciel dur ;
La nuit va tout confondre
Il y a vers la gare un vacarme d’acier
Bordé par le moelleux d’un robinet de cuivre roux
qui goutte ;
Vers les plaines, la lune gît
Une forêt dérape au vent
Dévastée par l’appel d’un homme en solitude.

(Luc Bérimont)

Illustration

 

 

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Pomme et poire (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Pomme et poire

Pomme et poire
Dans l’armoire

Fraise et noix
Dans le bois

Sucre et pain
Dans ma main

Plume et colle
Dans l’école

Et le faiseur de bêtises
Bien au chaud dans ma chemise.

(Luc Bérimont)

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Je te promets qu’il n’y aura pas d’I verts (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Je te promets qu’il n’y aura pas d’I verts
Il y aura des I bleus
Des I blancs
Des I rouges
Des I violets, des I marrons
Des I guanes, des I guanodons
Des I grecs et des I mages
Des I cônes, des I nattentions
Mais il n’y aura pas d’I verts

(Luc Bérimont)


Illustration

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Ressembler à l’oiseau (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Ressembler à l’oiseau
(plus à son chant
qu’à l’oiseau lui même
plus au bleu qu’à son chant
plus au chant qu’au bleu même)

(Luc Bérimont)

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Un Feu Vivant (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



 

Un Feu Vivant

Je te confonds avec la fièvre sourde
Que l’automne incertain ronfle aux bassons des bois
Je te sens palpiter dans le flanc roux des bêtes
Je te prends, piétinant l’eau des mares secrètes
Je t’atteins en forçant le réduit des halliers
Je suis le prisonnier des fanes et des feuilles
Comme les longs cheveux que tu répands sur moi

Sais-tu ce que sera cet hiver sous la neige ?
De hauts feux vont monter, forts comme mon sang d’homme
Je les pressens déjà comme la chaux des chambres

Dehors, la terre aura des grillages d’averses
– Seul un faisan pesant veille un minuit transi –
Tu délires tes bras tels une étoile inverse :
Les biches de la nuit sont nues comme ta langue.

(Luc Bérimont)

 

 

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Lourde étoffe écumeuse (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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Lourde étoffe écumeuse érodant le rocher
La mer est le champ clos d’un sommeil extatique
Étendu et repris sur un feu desséché
La paille et le grain vert des sommeils magnétiques.

Grasse flaque de chair aux cambrures rythmiques
Les coups de rein du ciel arc-boutent l’élément
Élastique, foré de chauds silos d’enfants
Dérobant d’azur noir le long spasme atlantique.

Vénus, mère du sang qui déferle dans l’homme
Déchira l’eau salée, le corps ciré d’embruns ;
Des poissons l’escortaient, des animaux, des pommes ;
Une crevette rose ourlait son ventre brun.

(Luc Bérimont)

Illustration: Kazuya Akimoto

 

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