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Posts Tagged ‘(Lucian Blaga)’

Je ne foule pas la corolle de merveilles du monde (Lucian Blaga)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Je ne foule pas la corolle de merveilles du monde
et je ne tue pas
avec ma raison les mystères rencontrés
en chemin
dans les fleurs, les yeux, sur les lèvres ou les tombes.
D’autres avec leur lumière
anéantissent le charme caché dans l’insondable
obscurité des profondeurs,
mais moi,
avec ma clarté moi je fais croître l’inconnaissable
et comme la lune avec ses blancs rayons
loin d’amoindrir ajoute en tremblant
à l’envoûtement nocturne,
j’apporte moi aussi à l’horizon ténébreux
de vastes frémissement de mystère sacré,
et tout ce qui est incompris
se transforme en énigmes plus grandes encore
sous mon regard —
car mon amour englobe
les fleurs et les yeux, les lèvres et les tombes.

(Lucian Blaga)

Découvert ici: schabrieres

Illustration: Adrian Chesterman

 

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Les épines (Lucian Blaga)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




    
Les épines

J’étais enfant. Je me souviens, j’étais allé cueillir
des roses sauvages.
Elles étaient tout hérissées d’épines,
mais je n’ai pas voulu les enlever.
je croyais que c’étaient — des bourgeons
qui un jour fleuriraient.

Plus tard je t’ai rencontrée. Ô, que d’épines,
que d’épines te hérissaient,
mais je n’ai pas voulu te les arracher —
je pensais qu’un jour elles fleuriraient.

Aujourd’hui, tout cela me revient
en mémoire et je souris. Je souris
et je vais par les vallées
jouant avec le vent. J’étais enfant.

(Lucian Blaga)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Les poèmes de la lumière
Traduction: Jean Poncet
Editions: Jacques André

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Le désir (Lucian Blaga)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

Alajos Györgyi bacchant

Le désir

Avide je bois ton parfum et je prends ton visage
entre mes mains comme on serre
en son âme un miracle.
Si proche l’un de l’autre, tes yeux dans mes yeux, que c’en est brûlure.
Et pourtant tu murmures à mon oreille que je te manque.
Mystérieuse et hantée de désir tu m’appelles comme si je vivais
exilé sur une autre planète.

Femme,
quelle mer portes-tu dans le cœur et qui es-tu ?
Ô, que s’élève encore une fois le chant de ton désir,
j’écouterai ta voix
et chaque instant sera comme un bourgeon gonflé
où fleurit en vérité – l’éternité.

(Lucian Blaga)

Découvert ici: Schabrieres

Illustration: Alajos Györgyi

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La lumière que je sens inonder mon cœur quand je te vois (Lucian Blaga)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016



 

La lumière que je sens
inonder mon cœur quand je te vois,
ne serait-elle une goutte de la lumière
procréée au tout premier jour
par cette autre lumière si profondément assoiffée de vie ?

Le néant gisait à l’agonie,
errant au gré des ténèbres, lorsque, tout à coup,
l’Inconnaissable fit signe :
« Que la lumière soit ! »

Un océan
et un grand tourbillon de lumière
prirent corps au même moment :
il sévissait une soif de péchés, de désirs, d’élans et de passions,
toute une soif de vie et de soleil.

Mais qu’est devenue cette aveuglante
lumière de l’époque – qui peut savoir ?

La lumière que je sens inonder
mon cœur quand je te vois – ô, sublime,
n’est peut-être que la dernière goutte
de la lumière procréée au tout premier jour.

(Lucian Blaga)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

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