Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘lucide’

Le ciel est translucide (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



LE CIEL EST TRANSLUCIDE
Les cœurs sont hauts
Les monts ont des sources, les âmes des douleurs
L’heure est absente
Les lumières sont des passages transparents

Son ciel n’est pas lucide
Son cœur n’est pas
Pour lui les montagnes n’ont point de sources
Son heure s’écoule
Éternellement sans lumière et sans absence de
lumière.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Devant la lumière (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



Devant la lumière fais de ta vie
Une terrasse lucide exacte et blanche,
Doucement coupée
Par le fleuve des nuits.

Le pas à l’écart sur une route perdue
Vis, sans être lui, ton destin.
Contemple, inflexible
Ta propre absence.

***

Faz da tua vida em frente à luz
Um lúcido terraço exacto e branco,
Docemente cortado
Pelo rio das noites.

Alheio o passo em tão perdida estrada
Vive, sem seres ele, o teu destino.
Inflexível assiste
À tua própria ausência.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Edward Hopper

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu ne cesseras pas (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Tu ne cesseras pas
de t’étourdir, d’être lucide :

poursuivre à ce rythme,
entrer à son gré
dans le passage inapaisable,

l’éphémère en s’y ressourçant
te ressource avec lui.

(Pierre Dhainaut)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les bulles de savon (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017




Les bulles de savon que cet enfant
S’amuse à tirer d’une paille
Sont translucidement toute une philosophie
Claires, inutiles, et passagères comme la Nature.
Amies des yeux comme les choses,
Elles sont ce qu’elles sont
Selon une précision bien rondelette et aérienne,
Et personne, pas même l’enfant qui les abandonne,
Ne prétend qu’elles sont plus que ce qu’elles semblent être.

Quelques unes se voient à peine dans l’air lucide…
Elles sont comme la brise qui passe et touche à peine les fleurs
Et dont nous savons qu’elle passe pour la seule raison
Que quelque chose en nous se fait plus léger
Et accepte tout avec plus de netteté.

(Fernando Pessoa)

Illustration: François Knopf

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Et moi, lucide et survivant… (Robert Ganzo)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017



Et moi, lucide et survivant…
Ici je vais te perdre, enfant.

(Robert Ganzo)

Illustration: Michel Ogier

Posted in poésie | Tagué: , , , , | 3 Comments »

Saisi ici le vide (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



Illustration

saisi ici le vide
par un vide plus
vaste et plus
lucide et plein
lance son long
vol habité

(Aïcha Arnaout)

 

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Aïcha Arnaout
Editions: Action Poétique

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu deviens plus lucide (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2017



Tu deviens plus lucide de ce que tu es
À l’écoute de la nature
tu lis la poésie de la vie à la vie qui lit
la poésie de l’homme
la terre est un corps
la montagne un aïeul
le fleuve une veine la forêt musique
les étoiles sortent pour danser
les oiseaux pour applaudir et chanter
les ombres portent les clés de la lumière

(Adonis)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOCTURNE OÙ ON N’ENTEND RIEN (Xavier Villaurrutia)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



 

Olivier Valsecchi _dust09

NOCTURNE OÙ ON N’ENTEND RIEN

Au milieu d’un silence désert comme la rue avant le crime
sans même respirer pour ne pas déranger ma mort
dans cette solitude sans murs
au moment où ont fui les angles
dans la tombe de mon lit je laisse ma statue exsangue
pour sortir en un moment si lent
dans une descente interminable
sans pouvoir tendre les bras
sans doigts pour atteindre la gamme tombée d’un piano invisible
rien qu’avec un regard et une voix
qui ne se souviennent pas d’être sortis d’yeux ou de lèvres
qu’est-ce que des lèvres ? qu’est-ce que des regards qui sont des lèvres ?
et ma voix n’est plus la mienne
dans l’eau qui ne mouille pas
dans l’air de verre
dans le feu livide qui coupe comme un cri
Et dans le jeu angoissant d’un miroir devant l’autre
ma voix tombe
et ma voix mûrit
et ma voix est brûlure
et ma forêt croît
et ma voix brûle, dure,
comme la glace de verre
comme le cri de glace
juste ici, dans la volute de l’oreille
le battement d’une mer à laquelle je ne connais rien
où on ne nage pas
parce que j’ai abandonné pieds et bras sur la rive
je sens que m’abandonne le réseau de mes nerfs
qui fuit comme un poisson lucide
le pouls à cent sur mes tempes
télégraphie silencieuse et sans réponse
parce que le rêve et la mort n’ont plus rien à se dire.

(Xavier Villaurrutia)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je veux chanter la joie (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



Je veux chanter la joie étonnement lucide
D’un pays plat barricadé d’étranges pommiers à cidre
Voici que je dispose ma lyre comme une échelle à poule contre le ciel
Et que des paysans viennent voir ce miracle
D’un homme qui grimpe après les voyelles…

(René-Guy Cadou)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VERS LE POÈME (Jorge Guillén)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



 

VERS LE POÈME

Je sens un rythme en moi qui se détache
De ce vacarme où je vais sans chemin
Et m’accordant au charme neuf, soudain
J’accède à la clarté d’une terrasse,

Où quelque main me guide et vient tracer
Limpide un ordre où je puis me déprendre
Du démon murmurant plus malicieux
Que le silence pur sous la menace.

Et se rejoignent maintenant à la surface
Du mauvais songe les paroles résolues
À s’éclairer lucides en un volume.

Le son m’invente une effigie de chair.
La forme redevient ma sauvegarde.
Vers un soleil mes peines se consument.

***

HACIA EL POEMA

Siento que un rimo se me desenlaza
De este barullo en que sin meta vago,
Y entregándome todo al nuevo halago
Doy con la claridad de una terraza,

Donde es mi guía quien ahora traza
Limpido el orden en que me deshago
Del murmullo y su duende, más aciago
Que el gran silencio bajo la amenaza.

Se me juntan a flor de tanto obseso
Mal soñar las palabras decididas
A iluminarse en vívido volumen.

El somme da un perfil de carne y hueso.
La forma se me vuelve salvavidas.
Hacia una luz mis penas se consumen.

(Jorge Guillén)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :