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Poésie

Posts Tagged ‘lui’

Embrasse-moi (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2020




    
Embrasse-moi

C’était dans un quartier de la ville lumière
Où il fait toujours noir où il n’y a jamais d’air
Et l’hiver comme l’été là c’est toujours l’hiver
Elle était dans l’escalier
Lui à côté d’elle, elle à côté de lui
C’était la nuit
Et elle lui disait
Ici il fait noir
Il n’y a pas d’air
L’hiver comme l’été c’est toujours l’hiver
Le soleil du bon dieu ne brille pas de notre côté
Il a bien trop à faire dans les riches quartiers
Serre-moi dans tes bras
Embrasse-moi
Embrasse-moi longtemps

Embrasse-moi
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c’est maintenant
Ici on crève de tout
De chaud de froid
On gèle on étouffe
On n’a pas d’air
Si tu cessais de m’embrasser
Il me semble que j’mourais étouffé
T’as quinze ans j’en ai quinze
À nous deux on a trente
À trente ans on n’est plus des enfants
On a bien l’âge de travailler
On a bien celui de s’embrasser
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c’est maintenant
Embrasse-moi !

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Embrasse-moi
Traduction:
Editions: Gallimard

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C’était lui, c’est bien lui (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2020



C’était lui, c’est bien lui.

Je ne peux me tromper
A ce goût dans l’espace,

A cet écho que j’ai
Quand je me tais en lui.

(Guillevic)

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Un mot (Takahama Kyoshi)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2019



Un mot de lui
Un mot de moi
L’automne mûrit, je crois.

(Takahama Kyoshi)

Illustration

 

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LUI ET MOI (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



LUI ET MOI

Grande oreille est-ce lui
celui que je ne veux pas tuer
il a faim quand j’ai faim
il vient quand je m’en vais
il danse quand je danse
il tue qui je tue
je cherche l’ajoutée
il cherche l’ajoutée
liane silence est enroulée
eau et eau
deux mains
LUI ET MOI

(Pierre Albert-Birot)

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Comme le vent du soir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019


 

Comme le vent du soir
sur les faux que les moissonneurs ont à l’épaule,
l’ange va doucement
sur le tranchant innocent des douleurs.

Il se tient des heures durant
aux côtés du cavalier ténébreux,
il va du même pas
que les sentiments sans nom.

Il se dresse comme une tour au bord de la mer
disposé à durer, infiniment ;
ce que tu sens, c’est Lui,
malléable au plus profond de l’inflexibilité,

afin que dans la roche de détresse
la druse étroite des larmes
où il n’y a plus d’eau depuis longtemps
se résolve en améthystes.

***

Wie der Abendwind
durch geschulterte Sensen der Schnitter
geht der Engel lind
durch die schuldlose Schneide der Leiden.

Hält sich stundenlang
zur Seite dem finsteren Reiter,
hat denselben Gang
wie die namenlosen Gefühle.

Steht als Turm am Meer,
zu dauern unendlich gesonnen;
was du fühlst ist Er,
im Innern der Härte geschmeidig,

daß im Notgestein
die gedrängte Druse der Tränen,
lange wasserrein,
sich entschlösse zu Amethysten.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Si quelqu’un, tombant de soi-même en soi-même (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Si quelqu’un,
tombant de soi-même en soi-même,
s’agrippe pour se soutenir de soi,
et trouve entre lui et lui,
une porte qui mène autre part,
bienheureux de lui et de lui,
car il a trouvé son brouillon le plus ancien,
la première copie.

***

Si alguien,
cayendo de sí mismo en sí mismo,
manotea para sostenerse de sí
y encuentra entre él y él
una puerta que lleva a otra parte,
feliz de él y de él,
pues ha encontrado su borrador más antiguo,
la primera copia.

***

If someone,
falling from himself into himself,
wings his hands in order to sustain himself
and discovers between himself and himself
a door that opens to another place,
happy in himself and of himself,
then he has found his oldest rough draft,
the first copy.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Lui (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


oeil-de-dieu

Ah, Lune – et toi, Etoile!
Vous êtes bien loin –
Mais – n’y eût-il rien de plus lointain que vous –
Croyez-vous qu’un firmament m’arrêterait –
Ou même – une Coudée !

J’emprunterais un Bonnet – à l’Alouette –
Au Chamois une bottine d’argent –
Un éperon à l’Antilope –
Et bondirais vers vous – ce soir !

Mais – Lune – et toi, Etoile –
Bien que vous soyez si loin –
Il en est un – de plus lointain que vous –
De Lui – plus qu’un firmament – me sépare –
Et je ne puis le franchir!

(Emily Dickinson)

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Ce premier flocon (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Ce premier flocon
qui disparaît en silencieuse délicatesse
sur le banc du square
c’était peut-être lui

(Bernard Montini)


Illustration

 

 

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Lui Elle (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Francis Saint-Géniès 
    
Lui, l’illuminé,
et son féminin Île.
Lui, sans but.
Elle, le but.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il faut brûler le paradis (Rabia al Adawiyya)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



 

Il faut brûler le paradis
et éteindre le feu de l’enfer
pour qu’il ne reste que Lui

(Rabia al Adawiyya)

Illustration: Bernard Buffet

 

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