Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘lumière’

Chanter c’est pas dans la voix (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
chanter c’est pas dans la voix
c’est dans la réponse à la lumière
qui est en soi dans la chanson

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: A trois que le qui-vive
Traduction:
Editions: La lettre volée
Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

L’Amour tombe des nues (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
L’Amour tombe des nues

1
Un Samedi du Moyen Âge
Une sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balai
Tomba par terr’ du haut des nuages.
Ho! Ho! Ho! Madam’ la sorcière
Vous voilà tombée par terre
Ho! Ho! Ho! sur votre derrière
Les quatre fers
En l’air.

Refrain 1
Vous tombez des nues
Toute nue
Par où êtes-vous venue
Sur le trottoir de l’Avenue?
Vous tombez des nues,
Sorcière saugrenue.
Vous tombez des nues,
Vous tombez des nues,
Sur la partie la plus charnue
De votre individu.
Vous tombez des nues!

2
On voulait la livrer aux flammes
Cette sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balai
Pour l’Ascension quel beau programme.
Ho! Ho! Ho! Voilà qu’ la sorcière
A fait un grand rond par terre
Ho! Ho! Ho! quel coup de tonnerre
Il tomba d’ l’eau
À flots!

Refrain 2
L’eau tombe des nues
Toute nue
Éteint les flammes ténues
Et rafraîchit la détenue.
L’eau tombe des nues
Averse bienvenue
L’eau tombe des nues
L’eau tombe des nues
Et la sorcièr’ se lave nue
Mais oui dans l’Avenue.
L’eau tombe des nues.

3
Qu’elle était belle la sorcière
Les Présidents du Châtelet
Les gendarmes et leurs valets
La regardaient dans la lumière.
Ho! Ho! Ho! un éclair qui brille
Et ses beaux yeux qui scintillent
Ho! Ho! Ho! notre coeur pétille
Nous sommes sourds
D’amour.

Refrain 3
Nous tombons des nues
Elle est nue
Oui mais notre âme est chenue
Nous avons de la… retenue
Nous tombons des nues
O Sorcière ingénue
Nous tombons des nues
Nous tombons des nues
Qu’on relaxe la prévenue
Elle nous exténue
Nous tombons des nues.

Coda
Je tombe des nues
Tu tombes des nues
Le monde entier tombe des nues
L’amour tombe des nues
Viv’ les Femmes nues.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Couplet du trottoir d’été (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



 

pavés-012 [1280x768]

Couplet du trottoir d’été

Couchons-nous sur le pavé,
Par le soleil chauffé, par le soleil lavé,
Dans la bonne odeur de poussière
De la journée achevée,
Avant la nuit levée,
Avant la première lumière
Et nous guetterons dans le ruisseau
Les reflets des nuages en assaut,
Le coup de sang de l’horizon
Et la première étoile au-dessus des maisons.

(Robert Desnos)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je ne suis pas de celles… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



Illustration: Jose Sabogal    
    
Je ne suis pas de celles…
Tango

1
Je ne suis pas de celles
Qu’on rencontre la nuit à la lueur des flambeaux
Avec de lourds colliers pour les rendre plus belles
Leurs yeux noirs de corbeaux
Éclairés d’étincelles
Sur les doigts des diamants qui brillent dans le noir
Je dors toute la nuit je ne suis pas comme elles
Qui se lèvent le soir.

2
Moi je me lève à l’aube et je cours par les champs
À travers les pampas baignées par la lumière
J’appelle avec mes chants
Charmée par le soleil et les fleurs printanières
Le grand meneur de boeufs qui m’aime sans rivale
Et qui siffle en guettant mon rire et mon passage
Dressé sur son cheval
Tandis que son troupeau emplit les pâturages.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Et maison neuve on bâtira (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Et maison neuve on bâtira

Refrain
On va construire une maison
Pour abriter les camarades
On va construire une maison
Du rez-d’-chaussée jusqu’aux mansardes
On va construire une maison
Le toit les murs les fondations
On va construire une maison.

1
Il faut d’abord abattre la masure
Les vieux taudis les nids à rats
Il faut d’abord abattre la masure
Et maison neuve on bâtira.

2
Il faut aussi creuser profond la terre
Le terrassier a de bons bras
Il faut aussi creuser profond la terre
Et maison neuve on bâtira.

3
Maçon construis de solides murailles.
C’est le gros oeuvre et il tiendra
Par le ciment la pierre et la pierraille
Et maison neuve on bâtira.

4
Le fer, le bois soutiendront la charpente
Couvreur, plombiers, faites le toit
Qu’il nous abrite à l’instant des tourmentes
Et maison neuve on bâtira.

5
Pour la lumière et les fortes serrures
Bons compagnons fait’s c’ qu’il faudra
Comme un voilier inclinant sa mâture
La maison neuv’ naviguera.

6
Le menuisier fait les planchers solides
Pour le repos des travailleurs
Et la maison malgré les vents perfides
Verra briller les jours meilleurs.

7
Pour la construire éblouie de lumière
Soyons unis dans la cité
Et que ces buts guident nos coeurs sincères:
La justice et la liberté.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Toi ! (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Yoshiro Tachibana -  (9)

Toi !

De Thomas Moore.

Du frais matin la brillante lumière,
L’ardent midi, l’adieu touchant du jour,
La nuit qui vient plus douce à ma paupière
Pâle et sans bruit rêver avec l’amour,
Le temps jaloux qui trompe et qui dévore,
L’oiseau captif qui languit près de moi,
Tout ce qui passe, et qu’à peine je vois,
Me trouve seul… seul ! Mais vivant encore
De toi !

Des arts aimés quand l’essaim m’environne,
L’ennui secret les corrompt et m’atteint.
En vain pour moi la fête se couronne :
La fête pleure et le rire s’éteint.
L’unique asile où tu me sois restée,
Le sanctuaire où partout je te vois,
Ah ! C’est mon âme en secret visitée
Par toi !

La gloire un jour a distrait mon jeune âge ;
En te cherchant j’ai perdu son chemin.
Comme à l’aimant je vais à ton image ;
L’ombre est si belle où m’attire ta main !
Ainsi qu’aux flots les barques se balancent,
Mes ans légers ont glissé loin de moi ;
Mais à présent dans tout ce que je vois,
Mes yeux, mon coeur, mes voeux, mes pas s’élancent
Vers toi !

Je dis ton nom dans ma gaîté rendue,
Je dis ton nom quand je rapprends les pleurs ;
Dans le désert la colombe perdue
Ne sait qu’un chant pour bercer ses douleurs.
Égide chère à ma vie embrasée,
Le monde en vain jette ses maux sur moi ;
Mon âme un jour sera calme ou brisée
Par toi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Yoshiro Tachibana

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Écoutez-moi si vous m’aimez (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: René Baumer

    

Écoutez-moi si vous m’aimez

Écoutez-moi si vous m’aimez :
Je suis sauvé lorsque je chante ;
Et toi, surtout, que j’ai formé
De ma plus douce voix vivante :
Tes beaux cheveux bien éclairés
Comme le feu dans la poussière
Te font pareil aux oliviers,
Tes mains connaissent un mystère
Dont il reste de l’or aux doigts…
Si tu es dieu, révèle-toi.

– Garde ton sang, bouche mordue,
J’y vois la trace de ton coeur :
Sur la voie que tu as perdue
Je t’ai suivi comme un chasseur.

Es-tu cette étoile sauvage ?
Je te salue, ô visiteur,
Dans la lumière et la douleur,
Visage doux comme une plage
Usée, habituée aux vagues…
Tu es l’amour aux mains profondes :
Partageons ce pain et ce sel…

– Salut, dans le milieu du monde,
Salut à mon ami mortel.

Puis-je mourir, quelle folie !
N’entends-tu pas ma poésie
Et ce coeur battre, ô bouche d’or ?
Je suis le berger de ces ombres
Et le principe de ces choses
Ayant fait oeuvre de mon corps
Je suis vainqueur, il se repose,
Et je retourne à mes trésors.

– Homme enfermé, l’orgueil t’égare
Libre et vivant, – devant un mur.
Accorde-moi ce corps avare,
Ne sois, enfin, qu’un esprit pur.

Amour, ce serait par faiblesse…

– Mais, par faiblesse, sois heureux.

Laisse ces ruses sans noblesse
J’ai vu la flamme dans tes yeux…
Alors, il me prend par la tête,
Porte la nuit dans mes fénêtres,
Porte sur moi son souffle ardent,
Par les genoux brise ma force
Et, comme un cheval qui s’emporte,
Jette ses cheveux dans le vent…

– Je suis seul. Je serre les dents.

Plus tard, un soir comme les autres,
La poésie monte et se pose,
L’eau merveilleuse monte en moi,
Le dieu se pose dans ma chambre,
Tout est changé, c’est que je chante :
Amour, entendez-vous ma voix ?
Mais le Démon n’écoute pas,
Il pleure dans ses mains profondes…

– Les poètes sont seuls au monde.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

De la maison démolie (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

De la maison démolie
reste toujours
le chemin du puits
la plaie de la lumière
le tremblement d’une toile d’araignée
où le moustique et l’abeille
dansent avec la mort
dans la verrerie multicolore du figuier

nous arriverons toujours
en retard
pour semer la terre de nos cendres

(Luis Mizón)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il n’y a plus d’océans (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Il n’y a plus d’océans
chantant avec leurs îles
plus de villes ni de jardins
seulement des braises
des incendies intimes
smog et taches rouges
sur le manuscrit de mon retour
dans la paume de ma main
des écritures de pluie
de poussière et de sable
seule la lumière
de notre étreinte
illumine
la matière qui s’écroule
dans les catacombes de l’instant

(Luis Mizón)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour de la lumière (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



L’amour de la lumière
nous rend transparents.

Homme et chardon amour et infortune.

Le coeur est une tache
sous les décombres de la voix rêvée.

***

El amor de la luz
nos hace transparentes.

Hombre y cardo amor y desventura.

El corazón es una mancha
bajo las ruinas de la voz soñada.

(Luis Mizón)


Illustration: Sabin Balasa

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :