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A la limite de la lumière et de l’ombre (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

 

A la limite de la lumière et de l’ombre
Je remue un trésor plus fuyant que le sable
Je cherche ma chanson parmi les bruits du monde
Je cherche mon amour au milieu des miracles

Un poème commence où la voix s’est brisée
Et je fais mon bonheur en dénouant tes mains
Quand nous nous rencontrons au bord d’une journée
Nouvelle, au bord de l’aube où le ciel nous rejoint

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Les ombres peu à peu s’allongent (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2017



 

Les ombres peu à peu
s’allongent et dorment

Les feuillages prennent
la lumière qu’il faut

Un nuage blanc s’éloigne
et le ciel recommence

(Georges Bonnet)

 

 

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Grisonnante lumière (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



L’arbre de Judée
se tord comme un serpent de roses
autour s’élèvent des moments
de marronniers en fleurs, monuments

Du vert, puissante célébration
de la couleur et du parfum. Jaillissement
du coeur végétal fervent qui porte
une goutte de sang dans la soudaine

Grisonnante lumière. Le vent soulève
la poussière des Tuileries, la tristesse
qui prépare l’amour et son reflux
comme un grand coup d’écriture

Disperse les ombres les saluts
à des moments de vie. Sables,
embruns, cris des oiseaux de mer.

(Claude Adelen)

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Chaque jour était le premier jour (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Chaque jour était le premier jour
Le ciel avait la perfection de l’éternité
ils écoutaient les forêts profondes
bercées par la terre
Leurs chants de marée haute
Le battement des sèves
leur parlaient longuement
à la lumière des mots
sans lesquels ils n’étaient rien

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Leurs maisons étaient blanches de silence (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



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Leurs maisons étaient blanches de silence
leurs nuits lisses de caresses

Les couleurs restaient profondes
en leur avidité première

Leurs espérances navigables
leurs deuils habitables

Un poème parfois éclairait en eux
des lieux sans lumière

(Georges Bonnet)

Illustration: Berthe Morisot

 

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Il y avait sous un hangar (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



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Il y avait sous un hangar
une brouette grise que sa fonction lassait
sur un mur chaulé des outils mal connus
une hache désormais sans écho
le jour debout dans une porte ouverte
et posée contre un chevalet
une scie dont la lame
dentelait la lumière

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Il fallait se lever tôt (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

Il fallait se lever tôt pour déceler
après les clameurs de l’été
la longue litanie des regrets
Mais aussi sur la treille
dans l’oeil blond du raisin
et sur l’ocre apaisée des platanes
la lumière d’un sourire

(Georges Bonnet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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LE PRINTEMPS PRÉCOCE (Li Qingzhao)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



LE PRINTEMPS PRÉCOCE

Le vent doux et la lumière légère annoncent
un printemps précoce
Enroulé dans une robe doublée je me sens joyeux
A mon réveil une fraîcheur m’envahit
Je trouve à mes cheveux une fleur de prunier flétrie

Où se trouve mon pays natal ?
Je l’oublie seulement en état d’ivresse
J’allume l’encens avant de me coucher
Et son parfum est déjà disparu alors que
Je suis encore grisé

(Li Qingzhao)

 

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Le corps d’Eurydice (2/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Certains soirs elle ne savait pas
Ce qui, d’elle, était devenu insaisissable:
Une poignée de plumes rousses
Sur le ciel lisse, où volaient les fleurs du cerisier.
Où l’atteignait, porté par quelque souffle,
Un parfum indéfinissable. Etait-ce
Le laurier rose, dont la feuille est empoisonnée?
Sinon quel souvenir, ou quel désir
Aurait meublé les couches de lumière déclinante,
Et l’espace qui était en elle ce miroir
Obscurci, ce point de fuite, une heure
Avec de légers nuages sur le ciel pâle?
Un moment du monde aurait passé:

« Reprendre le chemin qui ramène
Vers ce lieu de moi-même où tout s’apaise
Et s’équilibre, est-ce tellement difficile
Mère mauvaise? Et me fondre dans ce qui m’appelait:
La nuit accueillante où le corps ne vieillit pas. »

Une vivante. Elle a fait son deuil d’elle-même.
Elle a erré parmi les petits noms de l’amour,
Les objets familiers: beaucoup de fleurs,
D’étoffes, de bijoux, pour embellir une vivante.
Pour retenir sur elle la lumière. Et la passion?
Et le manque, et le besoin, et le plaisir?
Enfin pour finir cette chambre
Sans lit et sans miroirs, où elle se dévisageait
Un moment dans une fenêtre blanche,
Avant de se détourner tout à fait du dehors,
Respirant profondément l’odeur douceâtre
Des bouquets fanés sur la table:

« Nue dans la mémoire, comme dans l’amour,
C’est là que j’ai appris à être impitoyable
Avec ma vie, à n’être plus que du temps
Sans désir comme le soleil sur les pierres nues,
Les pages, désertées d’êtres écrites. »

Ce qui, d’elle, était devenue méconnaissable,
Une partie d’elle-même donc, sa main seulement
Ou sa personne tout entière, les concours
De ce qu’on nomme l’âme? Et beaucoup plus tard
Ce furent d’autres fleurs, celles des paulownias
Qui forment une sorte de ciel mauve
Quand le vrai ciel s’emplit de noir.
Ce qu’il faudrait, de toute urgence, ressaisir,
Elle ne savait toujours pas. – Et pourquoi
Saisir plutôt que se laisser saisir?
Elle regardait alors ces grappes de fleurs,
Respirait cette brume mauve. Elle était capable
D’en jouir. Puis le bleu plus profond
Se mettait tout autour, c’était
Un chef-d’oeuvre de tendresse,
De distraction, ou de destruction:

« Mère mauvaise, non, je n’ai pas changé ma vie.
Mais je suis revenue, parmi les miens, quel que fût
Cet inconnu qui me forçait à aimer l’amour.
Dérobée à lui-même, mes gestes mutilés,
Ceux d’une autre? Sa tête perdue. »

(Claude Adelen)

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Orly (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
La pluie les a soudés
Semble-t-il l’un à l’autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire: je t’aime
Elle doit lui dire: je t’aime
Je crois qu’ils sont en train
De ne rien se promettre
C’est deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
Et brusquement ils pleurent
Ils pleurent à gros bouillons
Tout entourés qu’ils sont
D’adipeux en sueur
Et de bouffeurs d’espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L’espoir de les juger

Mais la vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C’est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et maintenant ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l’heure c’était lui
Lorsque je disais il
Tout encastrés qu’ils sont
Ils n’entendent plus rien
Que les sanglots de l’autre
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment lentement ces deux corps
Se séparent et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu’ils crient
Et puis ils se reprennent
Redeviennent un seul
Redeviennent le feu
Et puis se redéchirent
Se tiennent par les yeux
Et puis en reculant
Comme la mer se retire
Ils consomment l’adieu
Ils bavent quelques mots
Agitent une vague main
Et brusquement ils fuient
Fuient sans se retourner
Et puis il disparaît
Bouffé par l’escalier

La vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C’est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et puis il disparaît
Bouffé par l’escalier
Et elle elle reste là
Cœur en croix bouche ouverte
Sans un cri sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu’elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu’a terre
Ça y est elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu’elle tournera toujours
Elle a perdu des hommes
Mais là elle perd l’amour
L’amour le lui a dit
Revoilà l’inutile
Elle vivra ses projets
Qui ne feront qu’attendre
La revoilà fragile
Avant que d’être à vendre
Je suis là je le suis
Je n’ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit

(Jacques Brel)

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