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Poésie

Posts Tagged ‘lumière’

Retouche à la sieste (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




    
retouche à la sieste

un papillon met la lumière en confettis
la mer est nue dans une ronde de baigneuses
et le soleil marche droit
vers moi né d’herbe et de désir

des souvenirs me traversent
avec la grâce des gazelles

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à la félicité (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017



Illustration: Josephine Wall
    
retouche à la félicité

dans sa robe d’oiseaux
la lumière s’élève marche à marche

vers la terrasse où la beauté
d’un geste lent
relève son ombre

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à l’aube (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017



Illustration: Caspar David Friedrich
    
retouche à l’aube

un chien flaire le bas du ciel
et lève l’ombre oubliée sous un arbre
la lumière enfant renoue sa sandale
les morts ont encore vieilli

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à l’absence (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche à l’absence

l’escalier ressemble aux vieux qui se redressent
pour accueillir la lumière adolescente
la fenêtre a tout vu mais l’efface
la porte oublie son bruit de lèvres
celui qui parle seul jette du sel sur sa plaie
l’ombre s’enferme à double tour

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à la bohème (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




Illustration: Serge Boisse
    
retouche à la bohème

l’amour dans sa robe à trous
danse autour du temps
immobile sur son socle

au coin du bois touché par la lumière
un soleil d’enfant
roule sur le paysage oblique

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à la passion (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




Illustration: Phoebe Anna Traquair
    
retouche à la passion

il n’y a rien dans la lumière
que mon désir

c’est de toi si je meurs, amour.

plus faible que la neige à midi
dans le dérèglement
d’un jour tranquille

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Au-dessus des montagnes (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2017




Au-dessus des montagnes
même au voleur de fleurs la lune
accorde sa lumière

(Kobayashi Issa)

Illustration: Ohara Koson

 

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Aurore (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
Aurore

Dans les jardins frais à l’aurore,
Rêver près des volubilis,
Coupés de lapis-lazulis
Qu’un humide rayon décoré.

Sous un vieux poirier qui s’éplore,
Et que l’aube d’un clair surplis
Habille, au soleil qui les dore
Respirer l’haleine des lys.

Voir sur les roses balsamines,
S’empétrant à leurs étamines,
Errer un bourdon diligent.

Cueillir dans la pâle lumière
Qui nimbe sa sveltesse altière,
Un œillet blanc glacé d’argent.

(Marie Dauguet)

 

 

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Bien que déjà ce soir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Albert Ritzberger
    
Bien que déjà ce soir

Bien que déjà, ce soir
L’automne
Laisse aux sentes et aux orées,
Comme des mains dorées,
Lentes, les feuilles choir,
Bien que déjà l’automne,
Ce soir, avec ses bras de vent,
Moissonne,
Sur les rosiers fervents
Les pétales et leur pâleur,
Ne laissons rien de nos deux âmes
Tomber soudain avec ces fleurs.

Mais tous les deux, autour des flammes
De l’âtre en or de souvenir,
Mais tous les deux, blottissons-nous,
Les mains au feu et les genoux.

Contre les deuils cachés dans l’avenir,
Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin,
Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin,
Blottissons-nous, près du foyer,
Que la mémoire en nous fait flamboyer.

Et si l’automne obère
A grands pans d’ombre et d’orages planants,
Les bois, les pelouses et les étangs,
Que sa douleur du moins n’altère
L’intérieur jardin tranquillisé,
Où s’unissent, dans la lumière,
Les pas égaux de nos pensées

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

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Cantiques à la lune (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Adolf von Stademann
    
Cantiques à la lune

Lune qui t’endors à côté des charrues,
Attirant jusqu’à toi, comme d’un sein ouvert,
Les parfums du sillon et des sauges bourrues
Que le soc a fendus aux premiers jours d’hiver.

Tu veilles les troupeaux, broutant près des tourbières
Le thym et les orchis aux grappes de rubis,
Et tu tais tressaillir vers ta molle lumière
Les agneaux enfermés au ventre des brebis.

Lune printanière et maîtresse des germes.
Tu exaltes l’odeur des mares croupissant
Au long des murs d’étable et des portes des fermes
Qu’estompe à ta lueur un ténébreux encens.

Tu fais goûter l’odeur, douce comme une amie,
Qui traverse les toits abritant le bétail.
Celle des bœufs repus, des vaches endormies.
De la paille froissée où plonge leur poitrail.

Tu provoques la forte et sereine ambiance
Qui suinte des blés roux tassés sur les greniers
Et cette odeur de paix, qui donne confiance,
Des meules de fourrage et des tas de fumiers.

Lune printanière et telle une déesse
Qui pose sur les joncs l’éclat de tes pieds blancs
Et sème la moelleuse et flottante caresse
De tes cheveux au ras des moires de l’étang.

Lune, tu fais chanter sous l’oseille sauvage
Que frôle ton orteil d’ivoire, les crapauds.
Et pleuvoir la rosée au bleuissant treillage
Des saules prosternés et des tièdes sureaux.

Zébrant de tes lueurs l’ombre chèvrefeuillée.
En ton mauve péplos tu t’assieds sous les troncs
Et parmi l’herbe humide et les sauges mouillés.
Tu penches ton visage et tu baignes ton front.

Lune, voici mon cœur, brin séché de fougère,
Perdu dans l’épaisseur des bois enténébrés,
Lune, voici mon cœur, sombre rameau de lierre
Au pan de ce mur noir durement enserré.

Eclaire-le, ce cœur, mendiant misérable
Et qu’à l’immense fête on n’a point convié.
Triste quand sont joyeux l’églantier et l’érable,
Mon cœur humain qui pense au lieu de verdoyer.

Que ton rayonnement l’apaise et le pénètre.
Ce cœur comblé de nuit, d’un dieu déshérité.
Lune, verse sur lui comme aux branches des hêtres.
Ton calme enchantement et ta sérénité.

(Marie Dauguet)

 

 

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