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Poésie

Posts Tagged ‘lumière’

Il est une présence que j’oublie parfois (anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018


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Amour lumière, désamour solitude.
J’oscille de l’un vers l’autre tel
le balancier d’une horloge, sans
pouvoir m’arrêter, sinon de vivre.
Lorsque je vois le vide, je suis le vide,
la solitude, j’ai mal et j’ai peur.
Lorsque je me sens bien, je suis la joie
et la présence. J’ai une autre vision du monde.
La solitude triste,
c’est lorsque mon regard
ne voit que le vide.
La solitude sereine,
c’est lorsque je me rappelle
qu’au-delà des apparences
il est une présence
que j’oublie parfois.

(anonyme)

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C’est là (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



C’est là

Où t’es tu caché. Je te poursuis,
je traverse la boue des marais,
j’entre dans l’hésitation des bois,
je cherche. Le vent secoue les feuilles,
me rapporte une odeur de brûlé,
frotte mon visage de lumière.
Je n’y vois plus et c’est un pré vide
avec au centre une seule vache.
Elle cesse de brouter. C’est là.

(Jacques Ancet)

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AS-TU BIEN REFLECHI ? (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



As-tu bien réfléchi ?
Tu quittes ce toit étalé,
La fumée, les fenêtres,
Les rues, les autos,
Les gueules, les faces,
Les garces, les vieilles,
Les hommes, les droits,
Les devoirs, les pensées,
Les chances, l’avenir,
Les livres, le cinéma,
La nourriture, le riz,
La viande, la loi,
Les vaches, les cibles,
Les coups, les lois,
Les pavés, les nez,
Les rats, les trots,
La lumière, la nuit,
La vie, la mort.

(Pierre Morhange)

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Prairie d’été (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Prairie d’été

Mes mains emprisonnent la lumière
Et l’ombre de la mer
Je touche le sol
Et éprouve le désir
De brouter l’herbe fraîche
De ta prairie où tu mènes paître
Ta vache rousse

La lumière nous caresse
Et je pose mes mains
Sur des ondes de chaleur
Je veux posséder le monde
Pour te l’offrir.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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Que ton poème soit comme l’aile du fou (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

 

coeur de feu

Que ton poème soit
comme l’aile du fou

puissante et claire
dans son essor

portant le corps embrasé
vers la grande lumière

***

Let your poem
be as the gannet’s wing

with power and clarity
in its wheeling

bearing erotic flesh
to the ecstasy of being

(Kenneth White)

 

 

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CREDO (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

https://arbrealettres.files.wordpress.com/2011/04/20110402_145401_.jpg?w=837&h=628

CREDO

L’infini

choses infimes. Une fois seulement respirer
dans la lumière de l’infini

choses infimes
qui nous entourent. Ou bien
rien ne peut échapper

au piège de cette obscurité, l’oeil
découvrira que nous sommes
seulement ce qui nous a faits moins
que nous ne sommes. Ne rien dire. Dire :
nos vies mêmes

en dépendent.

(Paul Auster)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’Arbre (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



L’Arbre

Un arbre est mon voisin.
Là, devant moi,
il regarde par ma fenêtre.

Il frémit sous le vent comme des vagues
et les crêtes de ses feuilles
renvoient l’écume et la lumière.
Dans les tempêtes
passe le ressac des galets.

Debout comme un homme
Puissant comme la montagne
Vivant comme une bête
Sa sève circule avec mon sang.

Selon les saisons,
squelette noir,
sculpture de cuivre,
odorante fraîcheur verte,
douce peau bourgeonnante.

Et sous mes pieds
son invisible chevelure souterraine
se nourrissant de la terre.

Nous nous regardons
et respirons ensemble.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Georgia O’Keefe

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Au bois joli (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Au bois joli

L’arbre ne va pas à l’école
L’arbre ne va pas à la guerre
L’arbre se plaît là où il est
L’arbre ne fait pas de tourisme
L’arbre ne va pas au travail
L’arbre ne prend pas de vacances
Il accepte le temps qu’il fait
L’arbre prend le temps comme il vient
Et l’arbre ne se plaint de rien.

L’arbre monte à la lumière et creuse vers l’antipode.
Ni maître, ni disciple, ni patron, c’est l’arbre.
Arbre appelle oiseau, nid, hamac, écureuil.
L’automne le décoiffe, il se découvre même pour saluer
l’hiver.

On s’imagine qu’il a élu là sa racine de toute éternité.
On pense toujours qu’il ne passera pas l’hiver.
Mais il n’empêche, c’est lui qui nous enterre.
L’arbre, il lui faut un siècle pour se faire.
Au bipède déprédateur, il suffit d’une minute pour
l’assassiner, d’un déjeuner d’affaires, d’un conseil
d’administration pour organiser le massacre des arbres.
Si les hommes savaient comme il s’en moque, l’arbre !
Lui qui fera de l’ombre sur leurs marbres.

L’arbre ne fait pas le mal, l’arbre ne fait pas d’argent,
l’arbre ne fait pas d’histoire, l’arbre ignore la colère,
la fatigue, le sommeil.
Flammèches chlorophyliennes, éphéméride végétal,
confident du temps.
Philosophie de son mutisme, lui le télépathe du ciel, le
vigilant guetteur des vents.

Arbre mon ami, arbre au coeur secret, mon voisin discret,
il faut te couper pour savoir ton âge.
Arbre du cercueil, ta sève vaut notre sang.
L’arbre est innocent.
Même si l’animal vertical l’a destiné aux bois de justice,
aux croix, aux poteaux d’exécution, aux gibets, aux pals,
aux garrots, aux cages, aux clôtures, aux piloris, aux
crosses, aux échafauds, aux miradors, aux palissades,
aux bâtons, aux triques, aux baguettes de tambour, aux
matraques, aux carcans.

Ô la tristesse des feux de joie !
L’arbre est éponge, humus, poumon, calendrier, livre,
ombre et lyre.
L’arbre habille le globe de sa robe oxygène.
L’arbre c’est la paix, la fidélité, froufrou du silence, un
bloc de patience, la stabilité, le gnomon des jours.
L’arbre fait la vie.
Et l’arbre sait se taire.

L’arbre
libre.

(Bernard Lorraine)

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Un rêve (Paul Le Jéloux)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

Jacek Yerka -   (34)

Un rêve

Tu entreras dans la maison désolée
lentement, au plus près de toi,
tu ne toucheras pas au heurtoir,
des pas reculeront pour toi dans l’ombre,
tu gagneras leur nuit
sans que ta main ne bouge
Ce ne seront pas les murs qui trembleront
mais l’ovale de ton visage
que tu pourras
tremper dans un lait de jasmin

Des nuages cotonneux de tes jours, de ta vie,
tu seras descendu,
et sur des marches très fidèles tu sentiras l’amour
te quitter comme une belle dame
Tu avanceras dans un long couloir bien que l’obscurité soit forte,
tu frôleras les livres de ta vie, les bibles de tes sanglots.
Les murs scintilleront d’une impossible lumière,
cadrés et droits dans ta neuve cécité.
tu respireras le parfum sec de fleurs flétries,
d’ombres apeurées,
de tissus pourpres et profonds

Tu verras tout à la devinette,
tu creuseras le chemin sans sable ni cailloux.
Les heures passées seront ton baume,
des passades tragiques entêteront tes repères et tes identités
Tu chercheras la clef n’y trouvant pas de sens,
Tu danseras de cœur et d’âme,
Une lampe muette indiquera la salle
parmi mille convois sans nom et des camisoles.
Tu te coucheras en tenant la main inconnue
et enfin la maison de ta nuit prendra feu

(Paul Le Jéloux)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Jacek Yerka

 

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ORPIMENT (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



ORPIMENT

Que cèle ce masque d’or porté à la fête
première où tu ouvris la danse des volcans ?
Cousin du soufre, frère de l’arsenic
tu dus faire allégeance aux puissances de mort.
Depuis, tu n’offres plus qu’un miroir épuisé
où viennent se blesser les oiseaux de lumière.

(Jacques Lacarrière)

Illustration

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