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Poésie

Posts Tagged ‘lumière’

Ici et là (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    

Ici et là

Si je n’étais que moi, tout serait bien simple.
Mais je suis aussi tous les possibles Tu et Il et Elle.
Je ne puis mettre la main sur moi.
La main me passe plus loin, je ne sais pas toujours à qui.
L’emplacement est tout aussi incertain.

Il a beau dire : je suis ici,
mais qui peut savoir ce que signifie ici.
Le Là aussi peut être ici.
Ici et là il y a des yeux.
Des yeux de lumière, des yeux de nuit.
Là aussi, il y a de l’oxygène dans l’air.

Ici et là, je respire mon chez-moi étranger.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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PARADIS NOIR (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    

PARADIS NOIR

Dame des planètes mortes,
aie pitié de cette Terre,
qui depuis le commencement des temps
dépend d’un rayon de lumière.

Dame des millénaires
qui se perdent dans l’obscurité du moment,
aie pitié des étoiles animales et végétales
qui s’éteignent dans l’air, l’eau et le sol.

Dame des petits mondes et des petits oublis,
fais que jamais nous ne pleurions l’absence
de la baleine dans les mers, de l’éléphant sur terre
et de l’aigle dans les cieux.

Donne-nous la grâce de ne pas nous réveiller un jour
dans le Paradis Noir.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Le Soleil (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017




    
Le Soleil est un Être,
le Soleil est lumière présente

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Si l’oeil n’était pas solaire (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

Si l’oeil n’était pas solaire,
comment pourrait-il voir la lumière

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Devoir d’homme (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

Devoir d’homme,
n’être pas triste sous la lumière

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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POUVOIRS DE LA LUMIÈRE (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

POUVOIRS DE LA LUMIÈRE

Maintenant éveille-toi
avec la lumière dans les yeux.

Dis les choses maintenant
avec la lumière sur les lèvres.

Pars maintenant vers le monde
avec la lumière du tout hier.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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POÈME DE LA LUMIÈRE (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

POÈME DE LA LUMIÈRE

La lumière, parole de l’OEil rêveur.

La lumière, l’univers-moi.

La lumière, porte de toute poésie.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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LAC OHRID (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Illustration

    

LAC OHRID

Vinrent les barbares au nombril du monde,
quoique le monde ait plusieurs nombrils.

Ils prirent possession des eaux plissées
et érigèrent en prophétie ce qu’ils désiraient entendre d’eux-mêmes.

Ils tracèrent des frontières sur l’eau, comme si l’eau
pouvait être divisée. Le lac resta insaisissable.

Le Soleil comme un oeil ivre dansa sur les ondes
devant les barbares et le nombril de leur monde.

Il y eut alors une blancheur plus blanche que le blanc.
Et tous les arbres de la rive regardèrent cette lumière.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Elle dansait (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



 

Elle dansait – silence enveloppée de lumière
Brume dans une clarté de lune;
Une musique qui charmait la vue
Mais à l’oreille, étrangère.

Un enchantement, une fée vêtue
D’un mouvement – doux comme le sommeil;
Ellipse de toutes les joies
Somme de toutes les larmes.

Sa forme: l’esprit d’un poète,
Toutes-sensations!
Elle – substance du vent,
Profil d’une pensée lyrique;

Un être, parmi les choses terrestres
– Abandonné par le ciel;
A travers le temps, sur des ailes de lumière
Vers l’illimité!

[…]

Tremblante lueur dans l’air rose
Elle semblait refluer et couler
– Péril et beauté des souvenirs –
Ô pâle du temps traversé.

Elle pleurait du souvenir de sa douleur
Et soupirait à la joie incréée.
Ah, beauté – ardente, ardente!
Oh, corps – sage et blanc!

Elle disparut, nuage du soir
Rayon radieux du couchant.
Elle disparut. La vie, un instant, illumina
Les ténèbres à la flamme d’un rêve.

(Dylan Thomas)

Illustration: Alberich Mathews

 

 

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HORS DES LANGAGES (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



HORS DES LANGAGES

Je ne veux pas choisir
entre ceux qui vécurent
dans l’imagerie des frontons
et ceux qui s’illuminent en révolte
drapés de couleurs arrogantes.

Je ne veux pas choisir
entre ceux qui condamnent
et ceux qui sont condamnés
car ne sont-ils pas tour à tour
innocents et coupables ?
victimes et bourreaux ?

Je ne veux pas choisir entre les vérités
façonnées d’illusions étant nées du langage.

Je ne veux pas trancher du juste et de l’injuste.
Je ne sais plus ce qui est bien
ce qui est mal
dans les fornications de l’orgueil
et du désir de vaincre.
La victoire a toujours raison.

le ne voudrais connaître
que la vérité du sang
et son poids de honte dans l’absurde,
son poids d’impuissance,
son poids de désespoir.

Je me sens nègre et chinois
mongol et breton.
La couleur des drapeaux
toujours outrée
me rend aveugle.
Je me veux libéré des couleurs
et de leurs frontières.

Les hommes
je les porte en moi dans mon sang
dressés les uns contre les autres en appétit.

Englués inutilisables des connaissances,
Vieillards méprisants de l’élite,
et Vous les jeunes loups la haine aux dents
réjouissez-vous !
la vermine fera de vous tous des égaux.

Et vous voici fourmis ailées lancées
à la conquête de l’espace
décrété terre des hommes !

Bravo !
la Lune était un croissant pour votre faim
mangez-la !

La Terre n’en restera pas moins un caillou
perdu dans l’univers hydrocéphale.

Infinitésimal grouillement dans l’infini
que lui veux-tu ?

Ambitieuses machinations de l’ombre
au détriment de la lumière,
dénigrements organisés,
verbiages peinturlurés du Mensonge,
équilibres de bulles de savon,
masques qui flambent d’être masques,
maladies honteuses du Bonheur,
je vous déteste, Politiques !

Je ne veux pas choisir entre vos uniformes,
vos religions utilitaires,
vos imageries combatives,
vos justices nourries de vengeances.

Dans l’absurdité des confrontations
un soldat vaut un soldat
et tous les dieux se ressemblent.

La Justice est un ciel que vous profanez.

Je ne veux pas choisir
entre le contremaître condamné par sa réussite
à n’être plus revendicateur en France
et l’ouvrier de Léningrad
qui devint commissaire du peuple en Ukraine.

Je ne veux pas choisir entre les tribus
les peuples
les langues
les façons de vivre.

La Droite, la Gauche, le Centre.

Je veux rester libre de vivre
à la lumière de mon coeur
seul s’il le faut
et les mains vides
rêvant à l’Humanité sauvée des langages.

(Pierre Béarn)

 

 

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