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Poésie

Posts Tagged ‘lumière’

IZMIR À TROIS HEURES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



IZMIR À TROIS HEURES

Peu avant la prochaine rue déserte
deux mendiants, dont l’un n’a plus de jambes –
et que l’autre porte de-ci de-là sur le dos.

Ils s’arrêtent – comme sur une route à minuit un animal
ébloui fixe les phares d’une voiture –
un instant puis continuent leur chemin

aussi vite que les écoliers d’une cour de récréation
et traversent la rue pendant qu’une myriade
d’horloges torrides tictaque dans l’espace de midi.

Du bleu qui passe sur la rade en glissades incandescentes.
Du noir qui rampe puis s’estompe, oeil hagard dans le roc.
Du blanc qui souffle en tempête dans le regard.

Lorsque les sabots ont piétiné trois heures
l’obscurité cognait aux parois de lumière.
La ville rampait aux portes de la mer

et scintillait dans la lunette du vautour.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

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Nous n’avons pas la réponse aux questions que pose le silence (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



 

nous n’avons pas la réponse
aux questions que pose le silence
ni d’explication aux rêves
à peine devinons-nous certains signes

que savons-nous du miracle qui nous réunit
puis de ce qui lentement nous sépare
de ce qui se dit à travers nous
lorsque nous tentons d’écrire
de l’objet réel de notre quête
ou de ce qu’est la plus belle chose du monde

nous ne connaissons ni la part non vécue
de nos vies ni ce que nous ne sommes pas
ni même ce que nous sommes vraiment
ou ce que nous aurions pu être

nous ne connaissons ni la raison du soleil
ni le pourquoi du cercle de la terre du ciel
de la ronde des naissances et des morts

ni les autres noms du néant ceux de la lumière
ni même la vraie couleur du temps
ou les limites de l’âme
ou les chiffres liés à la disparition des astres

pas plus que le centième nom du rien

(Amina Saïd)

 
Illustration: Annabelle Delaigue

 

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ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE

La lumière sous les arbres,
la lumière du haut ciel.
La lumière
verte
entrée aux branches,
fulgurante
sur la feuille
et qui tombe comme un frais
sable blanc.

Dans la transparence,
une cigale fait monter
sa musique de scierie.

Le monde
est une coupe pleine
d’eau.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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[SI CHAQUE JOUR…] (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



[SI CHAQUE JOUR…]

Si chaque jour
tombe dans chaque nuit
il existe un puits
où la clarté se trouve enclose.

Il faut s’asseoir sur la margelle
du puits de l’ombre
pour y pêcher avec patience
la lumière qui s’y perdit.

(Pablo Neruda)


Illustration

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ODE A LA LUMIÈRE MARINE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019


 


ODE A LA LUMIÈRE MARINE

[…]

Pouvoir
de la lumière qui mûrit dans l’espace,
vague qui nous traverse
sans nous mouiller, hanche
de l’univers,
rose
reviviscente, née de nouveau :
ouvre
chaque jour tes pétales,
tes paupières,
que la vitesse de ta pureté
agrandisse nos yeux
et nous apprenne à voir vague à
la mer
et fleur à fleur la terre.
vague

(Pablo Neruda)


Illustration: Geneviève Goulley

 

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La maison du temps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



La maison du temps

Du matin au soir
La fenêtre suit le soleil
Avec un regard malicieux
La maison se hausse sur ses fondations
Dans une lumière à peine esquissée
Au pied d’un arbre ventripotent

Le lierre encadre les pommettes de la façade
Qui m’offre le sourire de sa porte
Le soleil ne cicatrise pas
Les blessures du toit

La maison se lézarde
D’avoir trop ri et d’avoir trop pleuré
Et d’avoir trop prié

Le temps consume sa bougie
Chaque goutte de cire
Est une heure qui coule

La flamme diminue
Avant de s’éteindre

La mèche n’est jamais assez longue.

(Jean-Baptiste Besnard)

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ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE

La lumière sous les arbres,
la lumière du haut ciel.
La lumière
verte
entrée aux branches,
fulgurante
sur la feuille
et qui tombe comme un frais
sable blanc.

Dans la transparence,
une cigale fait monter
sa musique de scierie.

Le monde
est une coupe pleine
d’eau.

(Pablo Neruda)

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Ils vont au désert (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    

Ils vont au désert, hommes et dieux,
peuple d’avant, peuple de nuit,
le langage en eux mûrit comme
une rivière, leurs yeux sont inconnaissables.

D’autres auront vécu séparés,
confiants dans le sommeil, ils s’étonnent
d’une ombre de mouette au grand large
de mer, et du pouvoir du sang.

Chacun tourne la roue du monde,
évoquant des issues nouvelles,
l’impossible si proche, multiplié,

Tandis que de minuscules abeilles noires,
mi-vivantes, mi-mortes, tombent du livre
dans l’oblique lumière.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE JOUR BAISSE LA TÊTE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
LE JOUR BAISSE LA TÊTE

Tu me vois désolé, Seigneur,
dans ton jour,
fermé à toute lumière.

Privé de toi, je panique,
la route d’amour perdue,
et il ne m’est ni grâce
ni angoisse de me chanter
ce qui assèche mes désirs.

Je t’ai aimé et fréquenté;
le jour baisse la tête
et je cueille les ombres des cieux:
quelle tristesse mon coeur
de chair!

***

SI CHINA IL GIORNO

Mi trovi deserto, Signore,
nel tue giorno,
serrate ad ogni luce.

Di te prive spauro,
perduta strada d’amore,
e non m’è grazia
nemmeno trepido cantarmi
the fa secche mie voglie.

T’ho amato e battuto;
si china il giorno
e colgo ombre dai cieli:
che tristezza il mio cuore
di carne!

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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DE BACCHUS ET ARIANE (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



Illustration: Kupka Frantisek
    
DE BACCHUS ET ARIANE

Quelqu’un dit : « Appelle-moi
même au coeur de la nuit »

et maintenant à partir de sa voix
je suis dans ce coeur-là

vrai soleil noir

d’où distraite à ma table

je ne l’appelle pas puisqu’il est déjà là
manquant à chaque instant avec force et douceur

il dit : « l’absence »
il dit : « la semaine a passé
comme une année »

et moi j’écoute quand il parle
émerveillée sur cette plage
cailloux remués par la vague

on ne voit presque aucun paysage
soleil noir lumière d’or
cailloux bougeant
à chaque fois dans la vague

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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