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Posts Tagged ‘lumière’

CETTE LUMIÈRE (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




    
CETTE LUMIÈRE

Que dis-tu
De cette lumière, sinon

Qu’elle est la lumière
De la lumière,

Que c’est elle
Qui te tient en joie.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard
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VISAGES (Serge Brindeau)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



VISAGES

L’amitié
Multiplie mon visage

Le ciel commence à l’aube
Et l’aube à chaque feuille poussée du pied
Le temps qu’il fait
Me livre à mon double de terre
Sous le soleil
Oscillant entre deux lignes de neige rouge
Mon désir d’être
Me cloue les bras en croix
Aux planches du décor
Défiguré par la lumière
J’offre mes mains au plus offrant de certitude
J’ignore le tracé de mes lèvres
Et la couleur de mes yeux
Je joue mon rôle pour les arbres et pour l’herbe
Et pour la fleur changeante de la fièvre
J’oublie mon point blanc dans le ciel
Quand mes amis se souviennent
Des portes de la ville aux sept promesses
Personne ici n’apportera le pain partagé
Dès l’aurore
Personne la confiance
Personne l’unité qui prolonge la nuit dans le jour

Ailleurs m’attend le vin de palmes
L’amitié me divise
Et l’amour me rassemble

(Serge Brindeau)

 

 

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La beauté (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




Illustration: Odilon Redon

    
La beauté
Est descendue
Jusqu’à moi.

J’avais donc droit
A cette lumière.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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DESOLATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

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DESOLATION

Hors de nous meurent les choses.
Ecoute ainsi qu’un murmure
Sortir des chemins que tu n’as pas foulés,
Les maisons que tu n’as pas visitées,
Les fenêtres que tu n’as pas ouvertes,
Les fleuves sur qui tu ne t’es pas penché pour boire,
Les bateaux sur lesquels tu n’as pas navigué.

Hors de nous meurent les arbres que nous n’avons pas connus.

Le vent traverse les forêts dévastées,
Des animaux meurent d’anonymat et les oiseaux de silence.

Les corps meurent lentement d’abandon
Avec nos vieux vêtements dans les bahuts.
De solitude meurent les mains que nous n’avons pas serrées.
Et les rêves que nous n’avons pas eus meurent d’un manque de lumière.

Hors de nous commence la solitude de la mort.

(Georges Themelis)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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CHALEUR (Nicolas Guillen)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



CHALEUR

La chaleur fend la nuit.
La nuit tombe grillée
Sur le fleuve.

Quel cri
Quel cri frais dans les eaux
le cri exhalé par la nuit
brûlée !

Chaleur rousse pour les nègres.
Tambour !
Chaleur pour les torses fulgurants
Tambour !
Chaleur avec des langues de feu
sur les échines nues…
Tambour !

L’eau des étoiles
Trempe les cocotiers
éveillés.
Tambour !
Haute lumière des étoiles.
Tambour !
Le phare polaire vacille.
Tambour !
Feu à bord ! Feu à bord !
Tambour !
C’est vrai ? Fuyez ! Mensonge !
Tambour !
Rives sourdes ! Ciels sourds.
Tambour !
Les îles s’en vont,
s’en vont, s’en vont,
s’en vont toutes brûlées.

(Nicolas Guillen)

Illustration

 

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Cette irrépressible mélancolie (Emmanuel Dall’aglio)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Cette irrépressible mélancolie,
ce goût de deviner
ce qui est sans espoir,
lumière déjà morte.

(Emmanuel Dall’aglio)

Illustration: Camilo Mori

 

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NIHILOMÉLANCOLIE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

les_chevaux_bleus

NIHILOMÉLANCOLIE

Les chevaux bleus du rêve mortuaire
S’avancent à travers le brouillard.
Dans la lumière chaude, malade, des bougies
Brille un oeil ouvert, mort.

Sous l’épaisseur inerte
Des tempêtes tuées
Brille l’irréductible feu
Des autels plongeant dans le silence.

La nihilomélancolie enserre
Dans l’immobile le noir étonnement.
Au profond de la tombe dort un jeune mort
Qui sombre dans l’oubli.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Daniel Densborn

 

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Je t’écris (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Je t’écris d’un pays où il fait noir
et ce n’est pas la nuit.

Je t’écris
parce qu’il fait noir.

Je t’écris sur le mur
qui est au fond du noir.

*

Il y a le noir puisqu’il me fait t’écrire.
Il y a un mur puisque j’écris dessus
Et c’est pour toi.

Je ne sais pas ce qu’est ce noir,
Je suis dedans.

Je t’écris sur un mur au fond du noir.

*
Je sais que dehors
Il ne fait pas noir.

*

Le plus souvent le mur est droit,
Mais je crois qu’il s’incurve.

Lorsque je dis
Qu’il est au fond du noir,
c’est pour me rassurer.

J’écris sur lui
Pour que ce soit utile.

*

Si jamais tu lis sur ce mur,
Ce que j’écris pour toi,

Tu sauras peut-être
Où j’étais parqué.

*

Mais pourtant si c’était
Sur ton mur que j’écris,
Sur le mur au fond
Du noir où tu es
Et tu ne saurais pas
Que j’y écris pour toi?

*

Je te sais soleil,
Je vous sais pommiers.

Je connais l’étrange
Variété du noir
Qui a nom lumière.

De son royaume j’ai tremblé.

*

Je n’ai pas d’horizon
Au-delà de ce mur
Sur lequel je t’écris.

Je n’écrirais pas plus
Que je ne peux savoir.

*

J’écris la vérité que supporte le mur
Au fond du noir.

*

Dehors il y aurait un autre champ d’action
La trompette où souffler le jour plus fort que lui,
Comme souffle un seul feu à nu dans les chemins,
Quand midi vient éperonner
Toute la terre permanente.

Mais dehors,où t’écrire
A défaut de ce mur?

*

Dehors mais je ne saurais plus
A qui j’écris.

Et que sera dehors,
Dans le feu et dans le vent,
Celui qui doit t’écrire?

*

À moins qu’un jour –
Est-ce que ce sera le jour? –
Nous sachions être ensemble, je le veux,
Pour le dehors et pour le noir.

En notre honneur alors
Brûleront de lumière,
Mais à notre mesure,
Les pommiers, les rivières.

Alors je t’écrirais sur ce que tu verras
Flamboyer de tendresse,
Sur toutes les choses autour de nous
Dans le dehors et dans le noir.

Je n’aurais plus besoin
De chercher à t’écrire
Sur le mur introuvable
Où j’écris maintenant.

*

Qu’importe après cela
Qu’il reste encore du noir
Dans la grande lumière,
Au fond de la lumière,

Puisque tu seras là
Pour tâtonner ensemble

Et que je t’écrirai
Avec mes lèvres sur ton corps.

*

En attendant j’écris
Sur le mur qui doit être au fond du noir:

« Je bénis tes genoux,
« Je pense au jour
« Où sous mes mains ils trembleront
« Comme font les feuillages
« Avec moins de raison. »

Et nous irions
Vers la lumière guérissable.

(Guillevic)

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Va-t-elle s’éteindre la lumière de mes yeux (Ephraïm)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Tout ce que j’ai pressenti
Et que je n’ai pas pu dire
Parce que les moissonneurs sont venus trop tôt
Et le souffle du vent dans les blés mûrs
Et mon cou tendu et la veine qui attend
Tu ne prends nul plaisir
Aux colombes qu’on égorge
O ma tendresse étouffée
Mon ardeur immaculée
Blé broyé seigle et orge
Et froment offert
Devant ta face d’éternité-

Va-t-elle s’éteindre la lumière de mes yeux
perdue dans une constellation morte depuis des millénaires?

(Ephraïm)

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Un pauvre rayon, avec sa mesure froide (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Un pauvre rayon, avec sa mesure froide,
Sème la lumière dans l’humide forêt.
Je porte lentement dans mon coeur la tristesse,
Comme un oiseau gris.

Que faire d’une bête blessée ?
Le ciel s’est tu, il a expiré.
D’un clocher embrumé
On a ôté la cloche.

Et l’air se tient
Muet, orphelin —
Tel une blanche tour vide
Où c’est silence et brume.

Matin, insondable de tendresse —
Mi-songe et mi-réel,
Évanouissement inapaisé —
Le vague carillon de la pensée…

(Ossip Mandelstam)

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