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Poésie

Posts Tagged ‘luminescence’

Credo (Denise Levertov)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2021




    
Credo

Je crois que la terre
existe, et
dans chaque infime atome
de sa poussière le saint
éclat de ta chandelle.
Toi
inconnu que je connais,
toi esprit,
qui donnes,
dans l’amour de créer, la
lettre bien faite,
le fer, l’acte, le rêve.
Poussière de la terre,
garde-toi de mon
incroyance. Glisse,
gris devenu or, dans la coulée de
la vision. Je crois et
je suspends ma foi avec
le doute. Je doute et
je suspends mon doute avec la foi. Sois
monde aimé, menacé.
Chaque infime
atome.
Mais pas la malade
luminescence chassée
de son intimité,
pas la serrure sacrée de sa cellule
forcée. Non,
l’éclat ordinaire
d’une simple poussière dans un ancien soleil.
Sois, pour que je puisse croire. Amen.

*

Credo

I believe the earth
exists, and
in each minim mote
of its dust the holy
glow of thy candle.
Thou
unknown I know,
thou spirit,
giver,
lover of making, of the
wrought letter,
wrought flower,
iron, deed, dream.
Dust of the earth,
help thou my
unbelief. Drift,
gray become gold, in the beam of
vision. I believe and
interrupt my belief with
doubt. I doubt and
interrupt my doubt with belief. Be,
belovéd, threatened world.
Each minim
mote.
Not the poisonous
luminescence forced
out of its privacy,
the sacred lock of its cell
broken. No,
the ordinary glow
of common dust in ancient sunlight.
Be, that I may believe. Amen.

(Denise Levertov)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Messe pour le Jour de St Thomas Didyme –
Traduction: Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Raymond Farina
Editions: Revue Po&sie N°30 (1984)

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Mais comment cette douleur a-t-elle surgi ? (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

mais comment cette douleur a-t-elle surgi ?
tu t’en allais ainsi
qu’on eût dit que tu retirais tes mains des veines

et à chaque départ
elles apparaissaient davantage

et puis ce fut le coeur qui se dévoila
dont j’ai dit simplement : « il fait mal »

et quelque part reposait le temps
existant comme l’air par lui-même

et pour la première fois
je me suis mis à lui appartenir

lorsque j’ai appris
que je suis l’amère trace
de ta mémoire d’enfance isolée
et de tes rêves d’aujourd’hui

en moi sans le vouloir laissée
au moment de luminescence du sang et des veines

que moi-même ne suis que souvenir
pour tous — à jamais — de toi — devant Dieu

(Aïgui)

Illustration: Edvard Munch

 

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Avant le printemps (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016



Avant le printemps, mais peu avant,
se répand sa luminescence liquide
et cette clarté et ce halo sur les montagnes,
cette trépidation de l’air, cette vibration des images
au-delà de cette gaze
d’indicible décor de fête, qui les voile
et les ravive, cet éclat
de l’éphémère
exultant soudain de sa brièveté – veille,
veille que rien ne peut combler
d’aucun événement –
il y a
je ne sais en quel souvenir,
mais il y a lancée par l’herbe
cette note
de je ne sais quel perdu monocorde –
pense-t-elle atteinte dans toutes ses fibres.

***

Prima di primavera, ma poco,
si diffonde la sua acquosa luminescenza
e quel chiaro e quell’alone sui monti,
quel trepidare dell’aria, quel vibrare delle immagini
di là da quella garza
di indicibile festività, schermate
e accese da essa, quel fulgore
dell’effimero
esultante a un tratto di esserlo — vigilia,
vigilia incolmabile
di nessun avvenimento —
c’é
non so in quale ricordo,
ma c’è detta dall’erba
questa nota
di non so che perduto monocordio —
pensa lei raggiunta in tutte le cellule.

(Mario Luzi)

 

 

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