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Poésie

Posts Tagged ‘lune’

Pendant un instant (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021




    
Pendant un instant
la lune a eu
des moustaches de chat

***

The moon had
a cat’s mustache
For a second

(Jack Kerouac)

 

Recueil: Poèmes
Traduction:
Editions: Seghers

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Et le chat tranquille (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021




    
Et le chat tranquille
assis près du poteau
Remarque la lune

***

And the quiet cat
sitting by the post
Perceives the moon

(Jack Kerouac)

 

Recueil: Poèmes
Traduction:
Editions: Seghers

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ÉLÉGIE (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021




ÉLÉGIE

Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?

Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.

Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?

Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.

Tu pleures ?

(Eugenio Montale)

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Port (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Port

La mer vert de jade
Se glisse dans la rade
Pour secouer les bateaux
A l’ancre dans des eaux
Plus calmes et la lune
Se pose sur les hunes.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Michael Atlan

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ROMANCERO SOMNAMBULE (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



ROMANCERO SOMNAMBULE

Vert, que je t’aime vert.
Le vent vert. Les vertes branches.
Le bateau sur la mer
et dans la montagne le cheval.
Avec l’ombre à la ceinture,
elle rêve à son balcon
verte chair, cheveux verts,
les yeux d’argent glacé
Vert que je t’aime vert.
Sous la lune gitane
les choses la regardent
et elle, elle ne peut les regarder.

****

De grandes étoiles de givre,
viennent avec le poisson d’ombre
qui ouvre le chemin de l’aube.
Le figuier frotte son vent
avec la lime de ses branches,
et la colline, chat sauvage
hérisse ses dures agaves.
Mais qui viendra ? Et d’où … ?
Elle est toujours à son balcon
verte chair, chevelure verte,
rêvant de la mer amère.

****

Compère, je veux changer,
mon cheval pour votre maison,
ma monture pour votre couverture.
Compère, je perds mon sang,
depuis les cols de Cabra.
Si je pouvais, garçon,
le marché serait conclu.
Mais moi je ne suis plus moi
et ma maison n’est déjà plus ma maison.
Compère, je veux mourir
décemment dans mon lit.
Lit d’acier, si possible,
avec draps de hollande.
Ne voyez-vous pas ma blessure
de la poitrine à la gorge ?
Trois-cents roses brunes
porte ta blanche chemise.
Ton sang suinte et sent
autour de ta ceinture.
Mais moi je ne suis plus moi :
Et ma maison n’est plus ma maison.
laissez-moi au moins monter
jusqu’aux hauts balcons,
laissez-moi monter ! laissez-moi
jusqu’aux verts balcons.
Balustrades de la lune
où l’eau résonne.

****

Les compères montent déjà
vers les hauts balcons.
Ils laissent un traînée de sang.
Ils laissent une traînée de larmes.
Sur les toits tremblaient
des lampions de fer-blanc.
Mille tambours de cristal
blessaient l’aurore.

****

Vert que je t’aime vert,
le vent vert, les vertes branches.
Les deux compères sont montés.
Le vent persistant, laissait
dans la bouche un goût étrange
de fiel, de menthe et de basilic.
Compère ! Où es-tu, dis-moi ?
Où est ta fillette amère ?
Que de fois elle t’a attendu !

Que de fois a-t-elle pu t’attendre
frais visage, cheveux noirs,
sur ce vert balcon !

****

Sur le ciel du puits,
la gitane se balançait.
Verte chair, cheveux verts,
avec des yeux d’argent froid.
Un glaçon de lune,
la soutient sur l’eau.
La nuit devint intime
comme une petite place.
Des gardes civils ivres,
donnaient des coups dans la porte.
Vert comme je t’aime vert.
Vent vert. Vertes branches.
Le bateau sur la mer.
Et dans la montagne le cheval.

(Federico García Lorca)

 

 

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L’amour (Marc Porcu)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    

L’amour

L’amour partage équitablement l’ombre et la lumière
l’amour unit les corps dans le prolongement vital de la sève

l’amour déjoue l’arbitraire des signes et tend la main vers la création du monde
l’amour se contente de peu car il est tout dans le seul souffle de sa présence

la force de l’amour accepte la faiblesse car elle est sans faille

l’amour peut-être est un flocon de neige sur les dunes du désert
le regard de la lune dans la chambre noire

l’amour est le nombril du monde et la terre en est l’oracle craquelé
l’amour n’a rien à cacher sa veine secrète bat dans la pierre dénudée

l’amour est l’horizon de toute attente et le rivage bleu de la nuit
l’amour est le vertige de l’instant et la danse du silence

l’amour est un sourire qui vient de loin dans l’avènement du visage
l’amour est un nom qui dort dans le grain inouŽ de la voix

l’amour est un nom qui affleure dans le vélin des voiles gonflé sous les étoiles
l’amour est l’écume du désir vibrant à fleur de peau

(Marc Porcu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Te souviens-tu du murmure du ruisseau (Annick Carré)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



Illustration: Toulouse Lautrec
    
Te souviens-tu
Du murmure du ruisseau
Il berce nos nuits sans lune

De pierre en pierre
Son chant ricoche
Résonne s’attarde
Entre nos mots
Qui ne savent plus dire
Nos silences douillets

Te souviens-tu
Du murmure du ruisseau
Qui glisse encore dans le mitan du lit
Et enchante nos rêves à venir

(Annick Carré)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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PASSAGE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021



Illustration: Ho Huai-sho
    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Romanian, Greek, Chinese, Japanese, Farsi, Serbian

Poem of the Week Ithaca 664 « CROSSING »
Germain Droogenbroodt, Belgium/Spain

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

PASSAGE

L’hiver répand sa froidure
cingle avec la grêle et le vent du nord
d’un décembre glacé
les branches dégarnies des arbres

blafarde et sans couleur
est suspendue à la cloison de la nuit
la lune miroir du temps

œil fatigué
entre l’argenterie négligée des étoiles

monnaie d’échange pour le passage
d’une année vers la suivante.

(Germain Droogenbroodt)

***
Avec mes meilleurs voeux pour la nouvelle année
Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache et … Christian alias Arbrealettres

***

Met mijn wensen voor een nieuw en gelukkig jaar
Germain Droogenbroodt

OVERTOCHT

De winter draagt zijn koude uit
geselt met hagelslag en noordenwind
van een verijsd december
het kaalgetak der bomen

vaal en uitgebleekt
hangt aan de wand van de nacht
de tijdspiegel maan

vermoeid oog
tussen het verwaarloosd zilverwerk
der sterren:

pasmunt voor de overtocht
van jaar tot jaar

Germain Droogenbroodt

***

Feliz Año Nuevo
Germain Droogenbroodt & Rafael Carcelén

PASO

El invierno predica su frío
fustiga con pedrisco y viento nórdico
del glacial diciembre
las ramas desnudas de los árboles

pálida y desteñida
cuelga como espejo del tiempo
en la pared de la noche, la luna

ojo cansado
entre la descuidada plata
de las estrellas:

calderilla para el paso
de año a año

Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***
Wishing you a Happy New Year
Germain Droogenbroodt & Stanley H. Barkan

CROSSING

Winter carries out its cold,
lashes with hail and northerly wind
the bare branches
of a frosty December.
Pale and bleached,

hangs the moon on the dome of the night
a mirror of time, tired eye,
between the neglected silverware
of the stars:

Change for the crossing
from year to year.

Translation into English by Stanley H. Barkan

***

Un augurio per un felice anno nuovo
Germain Droogenbroodt & Luca Benassi

PASSAGGIO

L’inverno porta il suo freddo,
flagella con la grandine e il vento del nord
le braccia nude
di un gelido dicembre.

Pallida e slavata,
come uno specchio del tempo alla volta della notte
è appesa la luna,

occhio stanco,
tra l’argenteria dimenticata
delle stelle:

Cambio per il passaggio
di anno in anno.

Translation into Italian by Luca Benassi

***

Mit unseren besten Wünschen für ein glückliches
Neues Jahr
Germain Droogenbroodt & Wolfgang Klinck

ÜBERFAHRT

Der Winter breitet seine Kälte aus
geißelt mit Hagelschlag und Nordwind
des eisigen Dezember
das kahle Geäst der Bäume

fahl und ausgebleicht
hängt an der Wand der Nacht
der Mond, Spiegel der Zeit
müden Auges
zwischen dem verwahrlosten Silber
der Sterne:

Kleingeld für die Überfahrt
vom einen zum anderen Jahr.
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

Cu cele mai calde urări de An Nou fericit
Germain Droogenbroodt & Gabriela Căluțiu Sonnenberg

TRAVERSARE

Iarna își așterne frigul
biciuind crivăț și piatră
și decembrie înghețat
se strecoară printre ramuri

luna palidă, albită
agățată în zidul nopții
pare oglinda unui timp
licărind din ochi sleiți
de argint abandonat
printre aștri:

creițari de dat arvună
pentru o trecere de an.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Wishing you a Happy New Year
Germain Droogenbroodt & Manolis Aligizakis

ΑΛΛΑΓΗ

Ο χειμώνας φέρνει κρύο,
χιόνια και το χαλάζι βοριά
στα γυμνά κλαδιά
του παγωμένου Δεκέμβρη

Ωχρό κι άχρωμο
κρέμεται το φεγγάρι
απ’ της νύχτας τον τρούλο
καθρέφτης του χρόνου
με κουρασμένο μάτι που φέρνει
ανάμεσα στα παρατημένα μαχαιροπήρουνα
των αστεριών

την αλλαγή από χρόνο
σε χρόνο

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

Wishing you a Happy New Year
Germain Droogenbroodt, William Zhou, Anna Keiko
祝你新年快乐!
杰曼·卓根布鲁特和斯坦利·巴坎

十字路口

冬天带来它的寒冷,
用冰雹和北风鞭挞
一个霜寒十二月的
光秃秃的树枝。

苍白和褪色,
月亮挂在夜的苍穹上
时间之镜,疲惫之眼,
在被忽视的星星的
银器间:

十字路口的转变
一年又一年。

原 作:比利时 杰曼·卓根布鲁特
汉 译:中 国 周道模2020-12-31

Translation into Chinese by William Zhou

***
謹賀新年
ジャーマン・ドローゲンブロート & スタンリー・H・バラカン
Wishing you a Happy New Year
Germain Droogenbroodt & Manabu Kitawaki

交差路

冬は寒さを運び出し
あられや北風とともに
凍った12月の枯れ枝に叩きつける

月は淡く青ざめて
夜の天蓋にかかる
それは忘れられた星々の銀器のあいだの
時の鏡
つかれた眼

年から年へ
渡るために
変化するのだ

ジャーマン・ドローゲンブロート
Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

***

கடந்துவெற்றிகொள்!+

குளிர்காலம் தனது குளிர் தனது
ஆலங்கட்டி மழையோடும், வடக்குக் காற்றோடும்
சுாட்டையடி தருகிறது!
டிசம்பர் மாத பனிக்கிளைகளையுடன்!
வெளுத்தும், வெளிறிய மங்கலோடும்
இரவின் கவிகை மாடத்தில் நிலவை, சந்திரனை
நிற்க வைக்கிறது! அமரச் செய்கிறது!
காலத்தின் கண்ணாடி, களைப்படைந்த கண்ணாய்
புறக்கணிக்கப்பட்ட வெள்ளிச் சாமான்கள் போன்ற
விண்மீன்களுக்கும் மிடையே!
கடந்து வெற்றிகொள்ள
ஒவ்வொரு ஆண்டும்!!

Translation into Tamil by N V Subbaraman,

***

СРЕТНА НОВА ГОДИНА
Germain Droogenbroodt

ПРЕЛАЗ

Зима дише хладноћу,
шиба ледом и северним ветром
голе гране
леденог децембра.

Пребледео
виси месец на своду ноћи
огледало времена, уморно око,
између запуштеног сребрног сјаја
звезда:
Промена је за прелаз
из године у годину.

С енглеског превела С.Пиксиадес
Translation into Serbian by S. Piksiades

(Germain Droogenbroodt)

Recueil: ITHACA 664
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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NATURE MORTE AVEC DES CISAILLES (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



Illustration: Edouard Manet
    
NATURE MORTE AVEC DES CISAILLES

Cet homme qui quitte la ville
au matin pluvieux
son cœur emballé sous un imperméable
cache une gomme dans la main.

Tour à tour il efface
la vision du chameau de Marrakech
agenouillé au bord du lit
où une lune toute mouillée
allaitait son impatience,
les sanglots des jarres le long du couloir
et l’avertissement de la machine à coudre
exilée sous l’escalier en bois.

Il descend la rue pavée
une clé brûlante dans sa poche
et il jette un dernier regard
vers la maison
où, dans leur ignorance,
dorment encore
côte à côte
la rose et les cisailles.

Mais la pluie a déjà retaillé les rideaux
des saisons et inondé la serrure.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020




    
CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ
Je n’ai pas pu être ton printemps…
STANKA PENTCHEVA

Pendant que j’évoque les esprits
de mes ancêtres païens
pour qu’ils m’apprennent les pas de la ronde
qui peut amener deux jours d’été
en plein décembre,
il aiguise les cisailles rouillées
de ses devoirs familiaux
et découpe les soleils
que je dessine au-dessus de la ville.

Tu n’étais pas encore née
quand j’ai vécu mon printemps,
me dit-il, tu es venue trop tard
pour être mon automne
et je ne sais que faire
avec tous ces soleils
qui font mal aux yeux
de mon quotidien.

Chaque matin depuis lors j’étale
tous les soleils et lunes découpés
pour composer une nouvelle carte céleste :
celle des constellations d’humilité.

Chaque matin il s’assoit sur le balcon
pour boire son café
mais un brouillard épais et humide
s’empare de son corps
et j’ai du mal à trouver
sur ma carte
où placer le soleil noir
qui apparaît
au fond de sa tasse de café.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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