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Posts Tagged ‘luth’

Pensée d’une nuit fraîche (Wang Pou)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Pensée d’une nuit fraîche

Ton absence trop longue me déchire le coeur.
Au pays lointain, ton visage a-t-il changé de couleur?
Sous la lune, cette nuit, je cherche l’accord sur mon luth plaintif.
Vers toi, toujours, s’en iront mes pensées.

(Wang Pou)

 

 

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Le luth (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018




    
Le luth

Je suis le luth. Veux-tu décrire
mon corps, ses courbes belles et galbées :
parles-en comme du galbe
d’une figue mûre. Amplifie

l’obscurité qu’en moi tu vois. Ce fut
l’obscur de Tullia. En son sexe
il n’en fut point autant, et la clarté
de ses cheveux était comme une salle claire.

Pour faire passer en son front
quelques sons elle effleurait mes cordes
et chantait. Et contre sa faiblesse
je me tendais, — mon âme enfin était en elle.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Un luth et un poème (Si K’ang)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018




    
Un luth et un poème suffisent à mon bonheur.
Errer au loin est un trésor,
Empli de la Voie que je parcours seul
Vers la fin du savoir et du moi.

(Si K’ang)

 

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel

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Chanson du chagrin (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



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Chanson du chagrin

Le maître de céans a du vin,
mais ne le versez pas encore :
Attendez que je vous aie chanté la Chanson du chagrin.

Quand le chagrin vient,
si je cesse de chanter ou de rire,
Personne, dans ce monde,
ne connaîtra les sentiments de mon cœur.
Seigneur, vous avez quelques mesures de vin,
Et moi je possède un luth long de trois pieds ;

Jouer du luth et boire du vin
sont deux choses qui vont bien ensemble.
Une tasse de vin vaut, en son temps, mille onces d’or.
Bien que le ciel ne périsse point,
bien que la terre soit de longue durée,
Combien pourra durer pour nous la possession de l’or et du jade ?
Cent ans au plus.
Voilà le terme de la plus longue espérance.

Vivre et mourir une fois,
voilà ce dont tout homme est assuré.
Ecoutez là-bas, sous les rayons de la lune,
écoutez le singe accroupi qui pleure, tout seul, sur les tombeaux.
Et maintenant remplissez ma tasse ;
il est temps de la vider d’un seul trait.

(Li Po)

Illustration: Werner Pawlok

 

 

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ODE (Ricardo Molirani)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



ODE

Qui s’avance dans le soir jouant du luth sur les nuages comme dans sa propre demeure ?
Qui joue du luth, et fait se retourner les feuilles des arbres ?

J’ai rempli mon coeur des ombres des paroles; du rêve de quelques voix.
Et elles résonnent en moi, sans amener soulagement,
flottantes : « toi », personne, demain, espace, solitude, tendresse, et jamais.
Avec elles j’entretiens mon être, l’angoisse du ciel et la dure solitude du sang.

Je lave ma bouche de leurs absences et m’interpelle de nuit et de jour, et je les mets sur ma tête
découverte pour les nommer à l’oubli, au devant et sous le zénith des plaines.
Leurs dieux et leurs corps je les ai assis entre mes lèvres pour toujours, dans la louange;
Devant moi ils supportent l’air, ah ! et la hauteur impénétrable de la mort;
Nul ne les voit, comme on ne voit pas l’haleine qui les mue et les gouverne durement.

(Les anges se répandent dans l’espace; les uns portent des faisceaux d’épis, d’autres choisissent des coquelicots rouges,
et quelques-uns distribuent des graines aux oiseaux entre les arbres dénudés.
Nul ne les voit; moi j’ai la gorge séchée par la lumière que diffuse leurs antiques vêtements.
Je les regarde dresser la tête sans que l’air les blesse
et disparaître rapides, baignés de clarté, devant la fureur de la Nuit.
Je suis accoutumé à les regarder au dedans de moi,
comme dans les jours anciens dont la fumée s’est dissipée
et dont les règnes étendus sous la cendre attendent sans désespoir les lis.)

Je voudrais arracher de moi-même la joie, ouvrir les yeux immensément, à me faire mal,
et regarder, regarder l’horizon jusqu’au delà du vide de la nostalgie, là où mon ombre
Comme un arbre, change de feuilles en hiver.

Amour: temps perdu !

(Ricardo Molirani)

 

 

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CHANSON DE L’ABSENCE (Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



CHANSON DE L’ABSENCE

Je cherche autour de moi le doux fantôme de l’amitié.
Qu’est-il advenu de mes compagnons?
Le fleuve de la vie est maintenant sombre.
Le sang coule des branches du rosier.
Que raconte la brise du printemps ?
Des milliers de roses fleurissent et pas un chant d’oiseau.
Qu’est-il advenu du rossignol ?
Où donc est la chaleur du soleil, et le travail des nuages et de la pluie ?
L’amour ne touche plus son luth.
Cette harpe est-elle brisée ?
Personne ne connaît plus l’ivresse ?
Qu’est-il advenu des buveurs?
La balle de la grâce et de la générosité divine est retombée sur le sol
et personne n’apparaît sur le champ.
Qu’est-il advenu des cavaliers?
O Hafiz, nul ne sait les secrets de Dieu.
Pourquoi demandes-tu ce qui se passe dans le tourbillon du temps?

(Hafiz)

 

 

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Pour trouver l’authentique amour (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Oleg Zhivetin    
    
Ronsard écrivant ses Amours au son du luth et de la
flûte ne désignait, frauduleusement, que la passion la plus charnelle.

Pour trouver l’authentique amour,
il faut se tourner vers les saints et les mystiques de tous les temps,
qui en ont fait l’objet de leur quête personnelle et presque insensée.

Au Xe siècle, Hallâj s’écriait :
« Entre moi et Toi, il y a un  » c’est moi  » qui me tourmente.
Ah ! enlève par ton » c’est Moi « ,
mon  » c’est moi  » hors d’entre nous deux ».

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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LA PEAU DE L’OMBRE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



LA PEAU DE L’OMBRE

Si vous taillez la peau de l’ombre, lambeau par lambeau,
sans que jaillisse la moindre brindille de lumière,

votre nuit est un songe escarpé.
Il n’est plus en vous ni hors de vous un repère.

Si votre poitrine est un luth sur lequel une main
aux mille doigts s’exaspère,
votre voix est une fleur coupée.

Quel miracle dès lors pouvez-vous attendre ?

Fragilité de l’amour, tyrannie du poème :
celui-là est une tour qui penche,
celui-ci un oeuf d’orage.

(Jules Tordjman)

Illustration

 

 

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LE POÈTE PENSE À SON AMI (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




LE POÈTE PENSE À SON AMIE

Il va pleuvoir.
Le vent meurtrit les fleurs de mes jasmins
et emporte les pétales des pivoines qui jonchent le massif.
Il soulève les stores des fenêtres.
Il fait ondoyer les chevelures des jeunes filles.

Je suis triste. Je pense à mon amie.
Le ciel bleu, la mer verte et les montagnes blanches nous séparent.
Ah! si ces oiseaux pouvaient apporter à mon amie les lettres que je lui écris!
Si ce ruisseau pouvait lui apporter les pétales de mes pivoines !

Les magnolias brillent dans l’ombre.
Je ne prendrai pas mon luth.
Je regarde la lune,
qui est une plus grande fleur de magnolia.

Je ne chanterai pas, je ne jouerai pas.
Je veux être tout à ma tristesse.

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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LE PAVILLON DE LA MUSIQUE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



 

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LE PAVILLON DE LA MUSIQUE

Les musiciennes sont parties.
Les pivoines qu’elles avaient mises dans les vases de jade
s’inclinent vers les luths
et semblent écouter encore.

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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