Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Lydie Dattas)’

Ce que le coeur apprend (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018


mélancolie

Le malheur m’a appris la chose la plus belle,
ce que le coeur apprend auprès des roses rouges:
qui attend quelque chose ne peut rien recevoir,
puique la beauté vient quand on ne l’attend pas.
Le ciel exige tout de ceux qui sont parfaits,
les anges sont plus beaux que tout ce qu’on peut voir,
la beauté de la nuit est notre seul espoir,
la pourpre de l’aurore n’est pas celle du soir
et la beauté n’est pas ce qu’il y a de plus beau.
Le malheur m’a aimée si intelligemment:
la beauté permettait aux roses de s’ouvrir,
la violette avouait son faible pour le ciel,
comme si le malheur n’avait pas existé.

(Lydie Dattas)

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Mon travail est d’aimer (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018


1207168300

Le ciel ne m’aime pas d’un amour ordinaire
les amants s’aiment moins que ne m’aime l’aurore.
Je dis la vérité puisque je ne mens pas,
puisque la vérité m’empêche de mentir.
Je vais où la beauté me commande d’aller,
je fais exactement ce que l’azur décide,
puisque j’ai mis mes pas dans les pas de l’azur.
Mon travail est d’aimer tout ce qui est aimable:
la jacinthe sculptée dans le bleu de l’azur,
la neige qui jamais ne s’est méfiée de moi,
la neige qui changeait ma tristesse en beauté,
et le pur entretien de la neige et de l’âme.
Je t’aimerais autant que j’aime la beauté
si tu pouvais m’aimer comme m’aime l’aurore.

(Lydie Dattas)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bonté de lys (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018


lys-maman

Je crois en la blancheur immaculée des lys.
Rien n’égale la joie du lys blanc dans le coeur,
le lys blanc qui jamais ne trahit la beauté.
Que croisse dans mon âme le pur amour des lys,
rien ne peut égaler la joie de rester pure
quand la joie m’a jetée dans les bras purs des lys.
Le lys blanc mentirait s’il te cachait ta mort.
Le lys blanc m’assistait de sa blanche agonie
le lys blanc a guéri mon âme de son doute.
Le doute est le seul mal dont on puisse mourir.
Un seul lys a suffi à faire pâlir la mort.
Que serait la bonté sans la bonté des lys
et le divin parfum du lys blanc dans ton âme?

(Lydie Dattas)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

La Beauté est mon calvaire (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



La Beauté est mon calvaire.
Toute beauté me plonge au sein du désespoir
en me rappelant que j’en suis bannie
et en me renvoyant à ma propre nuit intérieure,
chaque nouveau chant, chaque nouvelle partition de lumière
renouvelant sous une forme chaque fois plus éclatante et plus irrévocable
l’anathème m’interdisant d’en approcher.

Ma pauvreté spirituelle, que rehausse leur incomparable richesse,
est faite des plus beaux cantiques, des mélodies les plus chastes,
et mon âme, que blesse éternellement le songe immaculé de la Beauté,
doit vivre à travers elle sa propre nuit spirituelle…

N’existant qu’afin que la spiritualité soit hors de moi plus pure,
l’intelligence plus haute et la bonté plus lumineuse,
il me faut vivre de cette misère sans aucun moyen d’y échapper.

(Lydie Dattas)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La foudre et le coeur (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017


2508693491_1

Mon coeur est à celui dont le coeur est à Dieu:
je ne peux pas aimer quelqu’un d’autre que Dieu.
Mon coeur a chancelé quand j’ai vu ton regard,
la terrible douceur qui vient de ton regard.
La foudre soulignait ce que disait le ciel:
le dieu dans la beauté nous parle un peu plus fort.
La beauté durcissait le feu de ton regard,
la foudre soutenait à peine ton regard,
la beauté reculait devant la vérité.
La foudre répétait sa menace admirable:
le tonnerre éclatait au centre de mon âme,
l’orage me jurait que tu étais vivant.
Mon âme a relevé le défi des étoiles:
le tonnerre a fini par entendre ma voix,
et mon amour profond comme le désespoir.
J’ai voulu que mon coeur devienne la beauté,
mon coeur est devenu l’éclair que je voyais.

(Lydie Dattas)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Si je chante c’est d’une voix sombrée (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Si je chante c’est d’une voix sombrée :
aucun motif, aucun ornement qui doive ici sa beauté à la lumière,
mais chacun, tirant son eclat de la nuit
et son rayonnement de la tristesse, aggravera sa misère…

Tout ce qui dans vos chants console ici consternera,
tout ce qui illumine assombrira.
Comme la lune en passant devant le soleil l’obscurcit,
ma pensée en passant devant la vôtre l’éclipsera,
mon âme portera sur la vôtre une ombre donc elle ne guérira pas
et que le temps lui-même ne pourra pas effacer.

De même que le croissant noir aveugle et ne se peut contempler sans dommages,
quiconque assistera en ces pages à l’éclipse de la beauté en sera à jamais assombri,
quiconque contemplera en ces phrases la face maudite de la beauté en sera à jamais affecté.

(Lydie Dattas)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À la fermeture du musée (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



 

À la fermeture du musée,
après avoir repris son manteau au vestiaire,
sur le pavé mouillé du trottoir,
le dernier visiteur découvre la couleur azelane de la nuit.

C’est alors que les portraits négatifs du dieu l’éblouissent
par leur ressemblance crachée avec son gouffre intérieur.

(Lydie Dattas)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jour et nuit (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



 

Jour et nuit

Ma jeunesse a été si absolument pure :
j’ai traversé la nuit sans craindre de mourir
quand la nuit n’était rien qu’absolument la nuit,
j’ai marché dans la nuit sans douter de l’aurore
lorsque la nuit doutait de ses propres étoiles.

J’ai marché dans la nuit comme au milieu du jour :
le ciel était couvert entièrement d’étoiles,
les étoiles éclairaient autant que le soleil,
ce terrible soleil qui éclaire la nuit.

La nuit me consacrait ses heures les plus belles,
la nuit avait pour moi la beauté de l’azur,
je buvais la rosée dans la coupe des roses,
les étoiles étaient aussi jeunes que moi.

La beauté jour et nuit se tenait près de moi :
je craignais la beauté plus que ma propre mort,
je ne préférais rien à la beauté des anges.
La neige jalousait la pureté de l’âme :
la neige me devait en partie sa beauté,
la neige qui laissait sa beauté dans mon âme.

(Lydie Dattas)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’écris d’un lieu désertique (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



J’écris d’un lieu désertique
où la pensée n’a jamais soufflé,
où elle ne soufflera jamais :
faite pour la Nuit,
je ne découvrirai aucune étoile,
aucun monde inconnu,
je ne conquerrai aucun sommet,
ne créerai aucun langage,
car tout ce qui m’appartient est mort,
et mon royaume, désert comme le plaisir
n’est que néant…

(Lydie Dattas)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mourir pour la beauté (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Mourir pour la beauté

Je ne crois plus en rien puisque je crois en Dieu :
tout ce qui n’est pas vrai mérite de mourir.
L’aube rivalisait avec les roses rouges,
ces roses qui mouraient à force de beauté,
la beauté dont parlaient si purement les roses.
La beauté imitait la beauté de l’azur,
la beauté prétendait être la vérité
quand je voulais mourir pour la beauté des roses.

La beauté m’a laissée si divinement triste :
j’ai goûté au bonheur qu’on goûte sur la croix,
les anges ont empêché mon amour de faiblir.
Je ne méritais pas un bonheur aussi grand.
Mais puisque j’ai versé mon sang pour la beauté
à l’heure où la beauté se trouble dans le ciel,
le ciel ne pourra plus oublier mon amour.

(Lydie Dattas)

Illustration: Le Bernin

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :