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Durer (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Alexandra Kirievskaya 5 [800x600]

Durer

Tout change, disais-tu.
Je regardais l’abeille
Et la pousse des ongles,
La vague des cheveux.
Tout change, pas le monde.

Surtout ne descends pas
En marche de toi-même
Car tu ne serais plus
Que ces trois grains de sable
Et j’ai besoin de toi.

Dure sois-moi durable,
Ne cherche pas les anges,
Ne prononce aucun nom,
Ne mesure le temps
Qu’au bruit de ta poitrine.

Le vent sème les mots
Dans les têtes friables.
Ils ont tant besoin d’herbe
Et là c’est le désert
Où la beauté s’enlise.

Je vénère et je pleure
Tout ce qui pourrait être :
Le poème fauché
Debout à sa naissance
Par le temps machinal.

Tout change, disais-tu.
Le changement nous reste
Mais si fragile en nous
Qu’il faut dire à nos os
De se cacher longtemps.

(Robert Sabatier)

Illustration: Alexandra Kirievskaya

 

 

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LE SABLE DANS LA MAIN (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
LE SABLE DANS LA MAIN

On le sentira toujours couler
le sable dans la main :
poing fermé
mince filet
petit tas.

Ce geste machinal
où file avec le sable
quoi d’autre d’exactement
il est toujours le même.

Sauf qu’aujourd’hui j’y pense
laissant couler du sable
de mon poing sur le sable
le plus lentement possible
avant d’ouvrir les doigts.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Lorsque tu voudras bien déposer ce journal (Mona Guérin-Rouzier)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

Alexander Gorenstein 9

Soirée près de la lampe

Lorsque tu voudras bien déposer ce journal,
Et glisser ton regard vers le mien qui te guette,
Tu sauras que mon coeur amoureux et loyal
Est demeuré pareil au jour de sa conquête.
Alors tu me feras un récit machinal
De quelque fait nouveau, sans importance au fond,
En t’écoutant j’aurai ce sourire amical
Qui, tu le sais trop bien, cache un amour profond.

(Mona Guérin-Rouzier)

Illustration: Alexander Gorenstein

 

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Je n’ai pas oublié le jeu de Rêve-qui-peut (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016




Je n’ai pas oublié le jeu de Rêve-qui-peut
Que personne autre que moi n’a joué
Je n’ai pas oublié l’art de parler pour ne rien être
On a bien pu m’apprendre à lire il n’est pas certain
Que je lise ce que je lis
J’ai bien pu vivre comme tout le monde et même
Avoir plusieurs fois failli mourir
Il n’est pas certain que tout cela ne soit pas une feinte
Une sorte de grève de la faim

Il y a celui qui se profile
Il y a l’homme machinal
Celui qu’on croise et qui salue
Celui qui ouvre un parapluie
Qui revient un pain sous le bras
Il y a celui qui essuie
Ses pieds à la porte en rentrant
Il y a celui que je suis

Bien sûr et que je ne suis pas

(Louis Aragon)

Illustration: Philippe Loubat

 

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Le sable (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2015


sable

 

On le sentira toujours couler
le sable dans la main:
poing fermé
mince filet
petit tas.
Ce geste machinal
où file avec le sable
quoi d’autre exactement
il est toujours le même.
Sauf qu’aujourd’hui j’y pense
laissant couler du sable
de mon poing sur le sable
le plus lentement possible

avant
d’ ouvrir

le s

do

i

g

t

s

.

(François de Cornière)

Illustration

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