Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mâchouiller’

La feuillée d’or (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
La feuillée d’or s’est mise à tournoyer.
Sur l’eau rosissante de l’étang
comme un vol de papillons ailés
file vers l’étoile en mourant.

Je suis amoureux du soir qui tombe,
il m’est cher ce val jaunissant.
L’aquilon polisson a soulevé
la robe du bouleau dénudé.

Par le val comme en moi il fait doux,
l’ombre indigo passe en troupeau.
Derrière la haie du jardin qui se tait
s’évanouit la sonnaille des clochettes.

À écouter la chair pleine de raison
jamais je n’ai pris tant de soin.
Il ferait si bon, comme branche de saule,
s’abandonner à la roseur de l’eau.

Il ferait si bon, à la gueule de la lune,
rire sur la meule en mâchouillant le foin…
Où es-tu, où es-tu, joie sereine
à tout aimer, et ne désirer rien ?

(Sergueï Essénine)

***

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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La solitude a quelque chose d’amer et de vigoureux (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



La solitude a quelque chose d’amer et de vigoureux,
un goût de chicorée, de chicon, comme des scories dans la bouche,
une cigarette qu’on ne finit pas de mâchouiller,
un bout de terre au coin des lèvres, la foutue salissure, rien à faire,
on tousse, on chique, on crache, on est là à renâcler, à se rebiffer devant l’évidence,
l’ébauche est là, parfois elle remue, ça fait mal,
et son grand corps de bête cogne dans la poitrine, à rompre, à briser la cage.

(Dominique Sampiero)

 

 

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Jette-toi dans les bras de l’air (Paul Chamberland)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2016



Jette-toi dans les bras de l’air.

Non ?
Trop lyrique ?

À ras de terre
mâchouille les gravats de chantiers,
obsède-toi de la laideur des êtres,
ne lésine pas, gobe jusqu’au fiel.

Ton regard a bien fait le deuil de cette sucrerie,
un pan de ciel ?

Le nirvana n’est pas d’abord un aller simple pour l’extase
mais un tourniquet de gifles.

Es-tu prêt à flairer la poche de hontes rassurantes
que tout un chacun traîne avec soi, furtif, dans la cohue ?

La bande du trottoir est un Jugement dernier en marche.

(Paul Chamberland)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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