Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘maculer’

Avec le brouillon (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2020




    
Avec le brouillon
Maculé d’imprécations
De mes poésies,
Je parvins à contenir
Le vol du papillon noir

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Avec un cheval… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Avec un cheval…

Avec un cheval
Ou bien un chameau
On peut aller jusqu’au Sénégal
Avec dix chevaux
Par monts et par vaux
On peut aller jusqu’à l’hôpital
On peut même aller jusqu’au tombeau
Mais le plus beau
C’est qu’on a une contravention
Désolation
Pour avoir
Sans savoir
Encombré
Le pavé
Et maculé
L’asphalte avec son sang.
C’est inique
Agaçant
Pathétique
Et mécanique
Ce n’est plus dix chevaux
Mais plutôt dix chameaux
Moins la sobriété,
Car à votre santé,
Ça boit l’essence à flots
C’est inique
Agaçant
Pathétique
Épuisant
La dix chevaux
C’est une dix chameaux.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Je pense que tout est fini (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




    
Je pense que tout est fini
Je pense que tous les fils sont cassés qui retenaient la toile
Je pense que cela est amer et dur
Je pense qu’il reste dorénavant surtout à mourir.

Je pense que l’obscur est difficile à supporter après la lumière
Je pense que l’obscur n’a pas de fin
Je pense qu’il est long de vivre quand vivre n’est plus que mourir.

Je pense que le désespoir est une éponge amère
qui s’empare de tout le sang quand le coeur est détruit.
Je pense que vous allez me renvoyer à la vie qui est immense
et à ce reste des femmes qui ont des millions de visages.

Je pense qu’il n’y a qu’un visage pour mes yeux

Je pense qu’il n’y a pas de remède

Je pense qu’il n’y a qu’à poser la plume
et laisser les démons et les larmes continuer le récit
et maculer la page

Je pense que se tenir la tête longtemps sous l’eau finit par étourdir
et qu’il y a de la douceur à remplacer son cerveau par de la boue

Je pense que tout mon espoir que tout mon bonheur
est de devenir enfin aveugle sourd et insensible.

Je pense que tout est fini.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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