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Poésie

Posts Tagged ‘magique’

Le torrent (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Le torrent

Ayant suivi le cours du torrent subjectif,
Te voici renversé par le front de la Bête,
Et tu perdras ta face,
Et les poissons tranchants vont t’entrer dans la tête
Pour voir ce qui s’y passe.

Que ne suis-je resté dans l’état poétique,
Personne n’y comprenait rien,
Mais le monde était là, si profond, si magique,
Et moi le seul magicien.

(Henri Thomas)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Joueur surpris
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans les lotuseraies rôde Ton esprit (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



    

Dans les lotuseraies rôde Ton esprit :
où trouverai-je un siège pour Toi ?
Au passage de Tes pieds — vermeils comme le ciel de l’aurore — mon coeur s’ouvrant
Ton trône sera.

Toute chose impie heurte Ton âme :
je voudrais devenir un tout immaculé ;
Ô délice du Monde, puissance de la Toute-beauté ! Immuable,
que Ta grâce fasse de moi sa demeure.

Un coeur aride Tu ne peux souffrir ;
C’est Toi qui veux porter les liens de l’amour ;
que la plénitude magique de Ta douceur fasse de moi
Ton éternel océan d’amour.

(Traduit du chant bengali d’Anilbaran Roy)

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Le ciel de Claire Lumière (Dalaï-Lama VIIème)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2021



 

Wols  -WOLS [1280x768]

Le ciel de Claire Lumière, la réalité ultime, pénètre partout.
Voyez tout dans cette lumière indescriptible de la réalité;
Sans vous arrêter à des falsifications intellectuelles,
regardez cette vacuité immaculée…
Voyez le drame, l’illusion, la création magique;
Sans penser qu’elle est réelle, regardez la face de la vacuité;
Sans laisser venir les pensées négatives,
tournez-vous vers la face de la Vaste Étendue.

(Dalaï-Lama VIIème)

Illustration: Wols

 

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Cor de nuit (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




    
Cor de nuit

Pleine lune
lumière étouffante
sur l’eau noire
du lac

cercle magique
où tels des moustiques
danse l’esprit des poètes décédés

suivant l’appel
du cor de nuit
perdu dans la brume.

(Germain Droogenbroodt)

 

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Pour écrire un seul vers (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Pour écrire un seul vers

il faut se souvenir de cent ans de sommeil
et des vies qui précédèrent, de la piqûre des roses
et de l’aïeule qui voulait voir la mer,
de l’homme au large dos couvert de ventouses
et de ses enfants effrayés par les méduses.
Des objets magiques et des formules
où s’enroulent des fleurs autour des lettres gothiques.

Puis abandonner à son sort
cet homme en nous qui se noie dans ses souvenirs,
pour renouer avec la magie sans accessoires
et la jonglerie sans rien, mais avec des gestes
suspendus en l’air et la réalité
qui se retourne comme un gant.

Avec les êtres et les choses
attirant les mots comme des aimants.

(Gérard Macé)


Illustration: Sylvie Lemelin

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Rêverie (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020




    
Rêverie

Oh ! laissez-moi ! c’est l’heure où l’horizon qui fume
Cache un front inégal sous un cercle de brume,
L’heure où l’astre géant rougit et disparaît.
Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
On dirait qu’en ces jours où l’automne décline,
Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.

Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,
Là-bas, – tandis que seul je rêve à la fenêtre
Et que l’ombre s’amasse au fond du corridor, –
Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d’or !

Qu’elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
Mes chansons, comme un ciel d’automne rembrunies,
Et jeter dans mes yeux son magique reflet,
Et longtemps, s’éteignant en rumeurs étouffées,
Avec les mille tours de ses palais de fées,
Brumeuse, denteler l’horizon violet !

(Victor Hugo)

 

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LA NUIT EST TOMBEE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



Ora Tamir - Israeli Surrealist painter - Tutt'Art@ (4)

 

LA NUIT EST TOMBEE

La nuit est tombée et toujours je t’attends
D’où vas-tu surgir ? De quels souples buissons ?
Quel petit sapin magique et frémissant
Te fera sortir, fabuleux, de son tronc,
Comme brusquement sort de l’oeuf un oiseau ?
Quel peuplier mince et balancé au vent
Soudain sera Toi, par quelque enchantement ?
Ô fée, que la nature m’offre en cadeau
Pour que, moi aussi, je possède un trésor ;
J’aime à être sur la rive, près du port
Ce site t’enclôt comme un enfant à naître
Ce sont tes gestes, tes pas, ton col qui ploie
Qu’esquissent, dessinent, rejettent parfois
Saules, joncs, osiers, avec persévérance.
Espiègles aussi t’imitent les fourrés
« Si nous étions Elle ? », ont-ils dit, s’écartant.
Mais quand le soir vient, soudain pris de pitié,
Lorsque enfin c’est Toi, quel prodige émouvant !
Toi, déesse née au sein des mers immenses,
Dans l’ombre trompeuse, en mes bras, enfin Toi !
Mon tendre réel, plus sûr quand tu commences
A me raconter ton voyage vers moi.

(Gyula Illyès)

Illustration: Ora Tamir

 

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EXPULSION DE L’ESPRIT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

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EXPULSION DE L’ESPRIT

L’esprit dans l’espace.
Le feu des orages embrase les ténèbres,
L’esprit brûle dans l’espace.
Il diffuse la lumière magique.
L’express aux vertes fenêtres
Brillant sur le viaduc.
Moi-même je brûle et m’éclaire;
Aveugles ils éprouvent mon électricité
Mais ne voient pas la lueur.
Tous tremblent comme moi,
D’une ivresse de mort.
Ils reconnaissent lá le frisson
Des ailes refusant de se déployer,
De rayonner comme un astre en la nuit.
Ils maudissent les geôliers du soleil,
Qui dorment
Comme des fonctionnaires.
Tous les hommes dorment la nuit,
Ils n’éprouvent pas les révélations magiques,
Qui sourdent en moi de moi
L’homme est expulsion de l’esprit.
Difformité de la connaissance.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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LE RÉVERBÈRE AU BORD DE LA ROUTE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

réverbère

LE RÉVERBÈRE AU BORD DE LA ROUTE

Pourquoi demeurer un homme si cela te pèse ?
Deviens un réverbère
Au bord de la route et sans un mot diffuse
Ta lueur sur l’homme
Afin de lui préserver un visage.
Sois bon
Et objectif comme le réverbère,
Qui sans un mot éclaire pareillement la face
De l’ivrogne, du vagabond ou de l’étudiant
Sur la route.

Sois réverbère si tu ne peux
Être un homme;
Il est difficile d’être un homme,
Avec deux bras seulement
Pour étreindre tant d’êtres.
Sois un réverbère sur la route,
Éclairant mille faces
Et l’errant et le solitaire.
Sois un réverbère avec une lampe,
Un homme dans un carré magique,
Faisant des signes avec un bras vert.
Sois réverbère, réverbère,
Réverbère.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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À GENTILLY (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Georges-Henri Manesse
    
À GENTILLY

Il est pour tout mortel, soit que, loin de l’envie,
Un astre aux rayons purs illumine sa vie ;
Soit qu’il suive à pas lents un cercle de douleurs,
Et, regrettant quelque ombre à son amour ravie,
Veille auprès de sa lampe, et répande des pleurs ;

Il est des jours de paix, d’ivresse et de mystère,
Où notre coeur savoure un charme involontaire,
Où l’air vibre, animé d’ineffables accords,
Comme si l’âme heureuse entendait de la terre
Le bruit vague et lointain de la cité des morts.

Souvent ici, domptant mes douleurs étouffées,
Mon bonheur s’éleva comme un château de fées,
Avec ses murs de nacre, aux mobiles couleurs,
Ses tours, ses portes d’or, ses pièges, ses trophées,
Et ses fruits merveilleux, et ses magiques fleurs.

Puis soudain tout fuyait : sur d’informes décombres
Tour à tour à mes yeux passaient de pâles ombres ;
D’un crêpe nébuleux le ciel était voilé ;
Et, de spectres en deuil peuplant ces déserts sombres,
Un tombeau dominait le palais écroulé.

Vallon ! j’ai bien souvent laissé dans ta prairie,
Comme une eau murmurante, errer ma rêverie ;
Je n’oublierai jamais ces fugitifs instants ;
Ton souvenir sera, dans mon âme attendrie,
Comme un son triste et doux qu’on écoute longtemps !

(Victor Hugo)

 

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