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Poésie

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Quand j’ai un peu trop pensé à toi (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



    
quand j’ai un peu trop pensé à
toi et suis simplement complètement
plein de Désir… devine un graduel mouvement
de muscle se mettant à,et ce qu’il me fera
avant de se replier… je comprends
que je t’aime… sentant ton corps qui soudain
m’atteint à la vitesse de blanches paroles

(le simple instant de la parfaite faim
Oui)
combien nage magnifiquement
le monde bouffon dans mes vastes sangs,
fissurant les cerveaux Une lumière vite énorme
—et furieusement perplexe en de,prismatiques,caprices,
le moi bavard aperçoit pris d’une frayeur folle

un têtard comique frétillant dans la boue avec délice

***

when i have thought of you somewhat too
much and am become perfectly and
simply Lustful….sense a gradual stir
of beginning muscle,and what it will do
to me before shutting….understand
i love you….feel your suddenly body reach
for me with a speed of white speech

(the simple instant of perfect hunger
Yes)
how beautifully swims
the fooling world in my huge blood,
cracking brains A swiftlyenormous light
—and furiously puzzling through,prismatic,whims,
the chattering self perceives with hysterical fright

a comic tadpole wriggling in delicious mud

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Magnifiquement calme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos     
Magnifiquement calme, inviolé, inchangé,
Le paysage guette. Il attend,
Familier.
A nous de choisir l’ombre bleue,
Les allées qui ouvriront le chemin.
Un petit vent comme un jeune chien nous accompagne,
Il gambade,
Il unit la terre à l’autre terre.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Désir (Sylvie Fabre G)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



Dans le retirement du corps gît le désir.
Ton cri s’use dans le cri.
Il y a des bûchers intérieurs,
des bouches séchées au grand feu,
des bras tisons
qui ne peuvent enlacer la parole sans la brûler.
Peine perdue de la passion.
Tu sais que tu ne sauras jamais rien,
coupée en deux, le ciel la terre,
et l’ange au milieu, – inatteignable.

Le corps voyage dans le visible,
il pressent la révélation au-dehors.
Il existe magnifiquement.
Sa vérité t’éblouit: Milliers de signes par tous les pores.

Apprendras-tu à les lire?

(Sylvie Fabre G)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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LA PROCESSION (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2015




LA PROCESSION

Des bottines blanches
des solennels gants glacés
on garde l’étreinte
sur l’étroit balcon
où l’on se tient
quand passent les trompettes
d’une procession masquant magnifiquement l’avenir.

(Jean Follain)

Illustration: Edouard Manet

 

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