Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘main’

Qu’appelons-nous espace ? (Jean Paulhan)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019




    
Qu’appelons-nous espace ?

… c’est ce qui nous entoure et à travers quoi nous pouvons avancer et reculer,
aller à droite et à gauche, un milieu parfaitement réel (sinon épais) où sont situés les corps,
bref une chose que nous révèlent nos yeux, nos, mains et nos mouvements.

… c’est aussi cette odeur épaisse de canard mouillé
que dégage la terre sous l’averse ; de lilas et de terre labourée,
les cheveux de femme.

(Jean Paulhan)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Éros (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Éros

Comme une pierre trop lourde que je ne puis déplacer ;
comme une porte solide que j’ébranle à peine et ne puis ouvrir ;

comme une grappe trop haute que mes bonds ne font que porter mes mains à l’effleurer;
ainsi — ce qui peut donner et qui ne veut.

(Paul Valéry)

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Douce prière (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Douce prière

Comme une prière en fleur
Porte ma tête entre tes mains
Sourire qui n’a plus de mains
Désir qui n’a plus de tête
Où sont les mains où sont les mains
Et puis où la prière et puis où le priant
Aux cathédrales aux cathédrales
De pierre de pierre
Est la prière
De pierre les mains priantes
De pierre la tête aimée
De pierre le Dieu prié
De pierre amour
Qui fit des pierres
Doux amour et douce prière
Sans mains sans tête ni pierre
Dans la cathédrale invisible
Porte ma tête entre tes mains
Comme une prière en fleur

(Pierre Albert-Birot)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quel arbre (Nicolas-Germain Léonard)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



 

Olga Naletova   - (21)

Quel arbre, en ce moment, lui prête son ombrage ?
Quel gazon s’embellit sous ses pieds caressants ?
Quelle onde fortunée a reçu son image ?
Quel bois mélodieux répète ses accents ?

Que ne suis-je la fleur qui lui sert de parure,
Ou le noeud de ruban qui lui presse le sein,
Ou sa robe légère, ou sa molle chaussure,
Ou l’oiseau qu’elle baise et nourrit de sa main !

(Nicolas-Germain Léonard)

Illustration: Olga Naletova

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



Illustration: Marie-Claude Gironde
    
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Dresse-moi comme un rameau d’olivier et sois ma colombe

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Oh laisse-moi contempler ta beauté quand les témoins sont partis
Laisse-moi ressentir tes mouvement comme ils le font à Babylone
Montre-moi lentement ce dont je connais seulement les limites
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’au mariage maintenant, fais-moi danser et re-danser
Fais-moi danser tendrement et très longtemps
Nous sommes tout deux sous la coupe de l’amour, et bien au dessus
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’aux enfants qui demandent à naître
Fais-moi danser et passer les barrières que nos baisers ont brisées
Monte-toi un abri de toile désormais, mais sache que chaque fil est brisé
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Touche-moi à mains nues ou de ton gant
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

***

DANCE ME TO THE END OF LOVE

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We’re both of us beneath our love, we’re both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I’m gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

(Leonard Cohen)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

JARDIN DU VENDREDI (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2019




    
JARDIN DU VENDREDI

L’arbre est tranquille
mais son écorce éclate
entre le coeur et toi

Les feuilles leur exode
le dur amour le pain
et le nid déserté
où la tendresse rôde
sans trouver son voisin

Il fallait refuser
le soleil était proche
Je n’ai pas dit non
j’ai ouvert les mains

Alors le coq a fait l’orage.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cet amour (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration: Vladimir Aleksandrov
    
Cet amour – je le surestime peut-être
Faisant de n’importe quelle femme une déesse
Aux cheveux et aux dents admirables,
Et de ses gestes vides un monde de signification,
Et de son sourire, la fidélité même,
Et de sa moindre parole
l’immortalité.
Je suis trop gai peut-être,
Trop solennel, insincère,
Noyé dans mes pensées
Affamé d’un amour que je sais vrai
Mais trop beau.
Trop d’amour affaiblit,
Tous mes gestes
Dérobent mes grandes forces
Et les offrent
A ta main, à ta lèvre, à ton front.

(Dylan Thomas)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vision et Prière (et autres poèmes)
Traduction: Alain Suied
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Haie claire des cils (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



haie claire des cils
tant ta douceur
vers le miroir

gorge de labour riche
aux longs déplacements musqués
de la lenteur

tes pêches appétits
soudain pétrels
plongeants

la peau
serrures des mains
qui s’écartent comblées

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comparaison du Phénix (Adamis Jamyn)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo

Comparaison du Phénix

Comme le seul Phénix au terme de son âge
Amasse les rameaux du bois mieux odorant
En forêt de Sabée, afin qu’en se mourant
Pour le moins d’un beau feu se brûle son plumage,

Ainsi je fais amas, voyant votre visage,
De cent douces beautés que mon cœur va tirant
Puis j’en allume un feu doucement martyrant
Qui me donne la vie en mon propre dommage.

La flamme du Phénix vient du flambeau des Cieux,
Et la mienne s’embrase au soleil de vos yeux
Où je commets larcin comme fit Prométhée,

Ainsi je suis puni d’un mal continuel,
Car Amour qui se change en un vautour cruel
Me déchire toujours d’une main indomptée.

(Adamis Jamyn)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Paradis d’ombre fraîche (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2019



Illustration: Léon-François Comerre
    
Paradis d’ombre fraîche et de chaleur extrême,
Où mûrit la grenade, et, non loin du jasmin,
Cette double pastèque agréable à la main :
Badoure, il n’est jardin que des fleurs où l’on aime.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :