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Poésie

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Encore des lettres aujourd’hui (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Illustration: Coral Silverman
    
Encore des lettres aujourd’hui
toutes sortes de phrases
mêlées aux vôtres
Parfois je réponds et parfois non
C’est comme le téléphone
il sonne je le regarde sonner
Il y a des jours
où je ne suis pas dans mon nom
pas dans mon sang pas dans mes yeux
des jours des semaines des mois
Je laisse
les lettres parler le téléphone hurler
C’est une affaire de bon sens
Je ne peux répondre qu’en ma présence
Seulement voilà que faire
quand je n’y suis pas
quand la main de l’ange
est sur ma bouche

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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A qui parle-t-on lorsqu’on écrit (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022




    
A qui parle-t-on lorsqu’on écrit.
Je ne sais pas.
Je crois qu’il est impossible de savoir.

Celle à qui on écrit est au bout de nos mots
comme le jour est aux confins de la nuit,
comme la fièvre est à l’extrême du silence.

Les mots vont vers elle
pour qu’elle les prenne entre ses mains calmes,
et les remette à bien plus qu’elle
— à on ne sait qui.

«Je vous écris» veut dire :
j’écris à bien plus que vous,
mais «bien plus»
c’est par vous que ça passe.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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La douceur des femmes n’est rien, au regard de ta douceur (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



La douceur des femmes n’est rien,
au regard de ta douceur.
Leur coeur ressemble à du ciel bleu,
mais quand on le prend dans nos mains,
nos mains sont aussitôt tâchées de noir.

(Christian Bobin)

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Lecture (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



La vie passe au-dehors
et sa vitesse est celle de la lumière.
Les deux mains sur un globe de papier transparent,
contemplant les flocons d’encre noire
qui tombent à l’intérieur,
il épouse la vitesse plus considérable encore de la lenteur.
Il regarde impassible les blocs de temps pur,
venus d’un ciel sans profondeur :
Eloge de l’immobile.
Supplique du muet.

Les noms possibles du lecteur :
Méditant par grand froid.
Mâche-le-vent.
Creuse-l’azur.
Songe-blanc.
Passeur.
Hirondelle du ras de la page.

(Christian Bobin)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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Les vivants apparaissent et disparaissent (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2022




Les vivants apparaissent et disparaissent autour de moi
comme les colombes qui sortent des mains vides du magicien.
J’ai beau regarder attentivement ces mains,
je ne trouve aucune explication.

(Christian Bobin)

Illustration

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Le livre que je tiens entre mes mains (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2022



Le livre que je tiens entre mes mains
se met parfois à sourire.

(Christian Bobin)

Illustration: Claude Monet

 

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La neige (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2022



La neige qui va à pas feutrés
porte entre ses mains blanches une couronne de lumière.
Elle cherche une âme pure pour la lui remettre.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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J’aime appuyer ma main sur le tronc d’un arbre (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



J’aime appuyer ma main
sur le tronc d’un arbre devant lequel je passe,
non pour m’assurer de l’existence de l’arbre
– dont je ne doute pas –
mais de la mienne.

(Christian Bobin)

 

 

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Triste est ta lyre, Orphée (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2022



Illustration: Chagall
    
Triste est ta lyre, Orphée.
Elle ne peut changer le cours des choses
et pour la captive bien-aimée dans la cage close des morts
elle ne peut créer
un lit d’amour, ni bras, ni tresse.

meurent ceux qui meurent, Orphée.
Le temps qui accourt dans tes yeux s’effondre
et dans tes mains
la lyre s’est brisée.

La mort maintenant est sur la rive
— rien qu’une tête — et chaque fleur
chante et l’eau est une voix.

Je t’écoute maintenant
Je te vois, ombre qui fuit hors du centre.
Et commente l’errante giration.

***

(Adonis)

Traduction de Lionel Ray

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Vieux mineur (Johannes Kühn)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2022




    
Vieux mineur

Es-tu allé dans la nuit —
je connais
la nuit, c’est de la roche.
De mes mains j’ai frappé,
des battoirs mes mains à force.
Il sont partis en fumée
les charbons que j’ai abattus,
et dans les airs
se sont dissipées les fumées,
et dans les poêles des blancs hivers
elle est morte
la chaleur.

À la place des mains des battoirs.

Mais ils ne sont pas morts
les gens dans le froid
des blancs hivers.
À l’usine, qui fumait de toutes ses cheminées,
ce que j’ai abattu
est devenu fer
il sert pour les voitures
et étayent les maisons

Habite ! vis ! tout va bien,
mes mains sont des battoirs :
pas pour rien.

***

Alter Bergmann

Bist du in der Nacht gegangen —
ich kenn
die Nacht, die Gestein ist.
Ich schlug mir die Hände zu Brettern.
Es sind verraucht
die Kohlen, die ich gebrochen,
es sind die Rauchschwaden
vergangen in Luft,
es ist in Öfen
der weißen Winter
die Wärme
gestorben.

Mir sind die Hände zu Brettern geworden.

Gestorben sind nicht die Menschen
in Kälte
der weiBen Winter.
In Fabriken, wo durch Schornsteine rauchte,
was ich gebrochen,
ist Eisen geworden,
das dient an Wagen,
als Träger in Häusern.

Wohnt! Lebt! Wie gut,
mir sind die Hände zu Brettern geworden
nicht umsonst.

(Johannes Kühn)
Traduction de Claude Vercey

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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