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Poésie

Posts Tagged ‘main’

Si tu restes avec moi (Gottfried Heinrich Stölzel)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Si tu restes avec moi, alors j’irai en joie
Vers ma mort et mon doux repos.

Ah ! comme elle serait heureuse, ma fin,
Tes jolies mains fermant mes yeux fidèles !

***

Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’, zum Sterben und zu meiner Ruh.
Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’, zum sterben und zu meiner Ruh.
Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’, zum sterben und zu meiner Ruh.
Ach, wie vergnügt wär’ so mein Ende,
es drückten deine schönen Hände mir die getreuen Augen zu !
Ach, wie vergnügt wär’ so mein Ende,
es drückten deine schönen Hände mir die getreuen Augen zu !
Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
zum Sterben und zu meiner Ruh’, zum Sterben und zu meiner Ruh.

(Gottfried Heinrich Stölzel)

Illustration: Alain DENEFLE

 

 

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Sous les oliviers (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Sous les oliviers mille roses bleues dansant sur du soleil
une image de l’eau dans une image du vent
La joie vient la joie s’en va sans parler d’elle une
pensée de tous les jours m’apprend qu’elle était là
Beau soir d’automne La transparence et la fraîcheur
sont les aveugles d’une mer claire
Qui se dirige avec les mains

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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Je mettrai… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Je mettrai des jacinthes blanches
à ma fenêtre, dans l’eau claire
qui paraîtra bleue dans le verre.

Je mettrai sur ta gorge blanche
et luisante comme un caillou
du ruisseau, des boules de houx.

Je mettrai sur la pauvre tête
du malheureux chien tout rogneux
qui a des taches dans les yeux

la plus douce de mes caresses,
pour qu’il s’en aille grelottant
un tout petit peu plus content.

Je mettrai ma main dans la tienne,
et tu me conduiras dans l’ombre
où tournent les feuilles d’automne,

jusqu’au sable de la fontaine
que la pluie si douce a troué,
où se détrempe le vieux pré.

. . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . la pluie fine
ma pensée douce comme la bruine.

Je mettrai sur l’agneau qui bêle
une branche de lierre amer
qui est noir parce qu’il est vert.

(Francis Jammes)

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On n’invente jamais seul la patience, la confiance (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



On n’invente jamais seul
La patience, la confiance
Nous tenons leurs fruits en main
Grâce à des millions d’amis
Qui furent patients, confiants
Longtemps avant nous pour nous.

(Anna Gréki)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
C’est ma manière d’avoir du cœur à revendre
C’est ma manière d’avoir raison des douleurs
C’est ma manière de faire flamber des cendres
A force de coups de cœur à force de rage
La seule façon loyale qui me ménage
Une route réfléchie au bord du naufrage
Avec son pesant d’or de joie et de détresse
Ces lèvres de ta bouche ma double richesse

A fond de cale à fleur de peau à l’abordage
Ma science se déroule comme des cordages
Judicieux où l’acier brûle ces méduses
Secrètes que j’ai draguées au fin fond du large
Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre

Là où les hommes nus n’ont plus besoin d’excuses
Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire
Ils m’ont dit des paroles à rentrer sous terre
Mais je n’en tairai rien car il y a mieux à faire
Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
Avec la rage au cœur aimer comme on se bat
Je suis impitoyable comme un cerveau neuf
Qui sait se satisfaire de ses certitudes
Dans la main que je prends je ne vois que la main
Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne
C’est bien suffisant pour que j’en aie gratitude
De quel droit exiger par exemple du jasmin
Qu’il soit plus que parfum étoile plus que fleur
De quel droit exiger que le corps qui m’étreint
Plante en moi sa douceur à jamais à jamais
Et que je te sois chère parce que je t’aimais
Plus souvent qu’a mon tour parce que je suis jeune
Je jette l’ancre dans ma mémoire et j’ai peur
Quand de mes amis l’ombre me descend au cœur
Quand de mes amis absents je vois le visage
Qui s’ouvre à la place de mes yeux – je suis jeune
Ce qui n’est pas une excuse mais un devoir
Exigeant un devoir poignant à ne pas croire
Qu’il fasse si doux ce soir au bord de la plage
Prise au défaut de ton épaule – à ne pas croire…

Dressée comme un roseau dans ma langue les cris
De mes amis coupent la quiétude meurtrie
Pour toujours – dans ma langue et dans tous les replis
De la nuit luisante – je ne sais plus aimer
Qu’avec cette plaie au cœur qu’avec cette plaie
Dans ma mémoire rassemblée comme un filet

Grenade désamorcée la nuit lourde roule
Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente
Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle
Je pense aux amis morts sans qu’on les ait aimés
Eux que l’on a jugés avant de les entendre
Je pense aux amis qui furent assassinés
A cause de l’amour qu’ils savaient prodiguer

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur

A la saignée des bras les oiseaux viennent boire

(Anna Gréki)

Illustration: Frida Kahlo

 

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La Route (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



La Route

La route est une femme
Qui a mis la main du voyageur
Dans celle de l’amant,
A rempli la paume de l’amant
De nostalgie et de coquillages

Une femme,
Un rêve qu’une femme
a transformé

En barque étroite comme l’aile,
Revêtue de la rose des vents,
Oublieuse de son port.

(Adonis)

 Illustration

 

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Les bois sacerdotaux (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Les bois sacerdotaux chamarraient l’horizon
Où les lampes du soir rallumaient leurs feux rouges;
Au rideau des forêts où mille branches bougent
Peignaient leurs cheveux d’étranges visions.

Une femme parût, de sardoine et d’opale
Décorant son manteau pourpre comme le ciel;
Ses yeux brillaient dans l’or bleui des cheveux pâles.
Sacerdotales fleurs aux feux surnaturels.

Un rebec cajôleur aux doigts des mains divines
Si doucement pleurait que les rois des bois noirs
Appelaient par delà les célestes collines
Les reines accoudées aux balustres du soir.

Un vent plus fort tordit les crinières des bois
Eveillant les orgues des profondeurs sonores
Et la voix se perdit comme efface l’aurore
Dans les voiles du jour les bagues de ses doigts.

(Antonin Artaud)

Illustration: Herb Dickinson

 

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La Crise est un Cheveu (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



La Crise est un Cheveu
Vers quoi les forces rampent
Après quoi – les forces reculent
Si elle advient dans le sommeil

Suspendre son Souffle
Est le mieux qu’on puisse faire
Ne sachant si c’est la Vie ou la Mort
Qui sont en subtil suspens –

La poussée d’un instant
La pression d’un Atome
L’hésitation d’un Cercle
Sur sa Circonférence

Peut faire trembler la Main
Ajustant le Cheveu
Qui empêche l’Éternité
De se présenter – Ici –

***

Crisis is a Hair
Toward which forces creep
Past which – forces retrograde
If it come in sleep

To suspend the Breath
Is the most we can
Ignorant is it Life or Death
Nicely balancing –

Let an instant push
Or an Atom press
Or a Circle hesitate
In Circumference

It may jolt the Hand
That adjusts the Hair
That secures Eternity
From presenting? Here –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Saisir l’eau (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



 

Saisir l’eau

On ne peut saisir l’eau dans la main.
Elle s’échappe entre les doigts.

On ne peut saisir la vérité dans l’esprit,
Elle s’échappe entre les pensées.

On ne peut posséder l’eau qu’en la buvant,
En la faisant passer dans le corps.

On ne peut posséder la vérité qu’en la vivant,
En la faisant passer dans le coeur.

(Pensées celtiques)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Sachant que dire (Jacques Jouet)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Divine étreinte
un baiser pain complet dans la bouche
pain d’os et pain de sang, de mots en formation
sachant que dire

(Jacques Jouet)

Illustration: Canova

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