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Poésie

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On n’a jamais fini de faire le tour du monde (Cédric Demangeot)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Sylviane d’Isangel
    
on n’a jamais fini de faire le tour
du monde en solitaire. on fait

le tour du seul et dans le même monde
et cela continue — se continue sans personne.

ou bien le monde tourne autour du seul
et dans le sens inverse des aiguilles de sa montre.

on n’a jamais fini de faire le tour
des mondes dans la main de l’esseulé.

(Cédric Demangeot)

 

Recueil: Obstaculaire
Traduction:
Editions: Atelier la Feugraie
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Pour donner la parole au poème (Cédric Demangeot)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Wendy Anziska    
    
pour donner la parole au poème et ne pas
trahir ce pacte de silence qui
scelle sa concrétion d’un éclat noir

il faut un cœur qui déborde la tête
et que la tête soit forte — et l’encolure —

il faut être une bête de somme et léger
comme une inquiétude : une soustraction
de mains qui savent

subtilement laisser aller le sens en sang
vers sa limpidité sur le fil
d’une lèvre de femme.

(Cédric Demangeot)

 

Recueil: Obstaculaire
Traduction:
Editions: Atelier la Feugraie

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La force des quatre vents (Cédric Demangeot)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
La force des quatre vents
serrée au coeur du grain
refuse le dégel
rayonne de sa retenue.

Nulle main ne viendra
libérer contre son gré
sa liberté de n’être pas
la force des quatre vents.

Le silence est la loi
de la rose du centre.

(Cédric Demangeot)

 

Recueil: Autrement contredit
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Sentir contre la nuit (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018


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Sentir
contre la nuit
une main
pour le dire

(François de Cornière)

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LE SABLE DANS LA MAIN (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
LE SABLE DANS LA MAIN

On le sentira toujours couler
le sable dans la main :
poing fermé
mince filet
petit tas.

Ce geste machinal
où file avec le sable
quoi d’autre d’exactement
il est toujours le même.

Sauf qu’aujourd’hui j’y pense
laissant couler du sable
de mon poing sur le sable
le plus lentement possible
avant d’ouvrir les doigts.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Nocturne visiteuse (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



Nocturne visiteuse un jour je me coucherai dans un linceul comme dans une mer.
Tes regards sont des rayons d’étoile
les rubans de ta robe des routes vers l’infini.
Viens dans un ballon léger semblable à un coeur
malgré l’aimant, arc de triomphe quant à la forme.
Les giroflées du parterre deviennent les mains les plus belles d’Haarlem.
Les siècles de notre vie durent à peine des secondes.
A peine les secondes durent-elles quelques amours.
A chaque tournant il y a un angle droit qui ressemble à un vieillard.
Le loup à pas de nuit s’introduit dans ma couche.
Visiteuse! Visiteuse! tes boucliers sont des seins!
Dans l’atelier se dressent aussi sournoises que des langues les vipères.
Et les étaux de fer comme les giroflées sont devenus des mains.
Avec les fronts de qui lapiderez-vous les cailloux?
Quel lion te suit plus grondant qu’un orage?
Voici venir les cauchemars des fantômes.

(Robert Desnos)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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Le nom de Dieu (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



DIEU 

Le nom de Dieu est une plaque de cuivre
bien astiquée à la porte du ciel.
Mais essuyez vos mains avant de prier.

(Robert Desnos)

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Pierre à pierre (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

Giampaolo Ghisetti -  (6)

Pierre à pierre

Pierre à pierre et pied à pied
Et coeur à coeur et tête à tête
Les beaux jours sont passés

Fil à fil et feuille à feuille
Et un à un et seul à seul
Les jours sont beaux et ne passent pas

Grain à grain corps à corps
Et côte à côte et main à main
Bien malin qui gagnera la bataille

Pierre à grain et seule à un
Et main à coeur et tête à coeur
L’amour est vaste comme le monde.

(Robert Desnos)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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L’idée fixe (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

L’idée fixe

Je t’apporte une petite algue qui se mêlait à l’écume de la mer et ce peigne
Mais tes cheveux sont mieux nattés que les nuages avec le vent avec les
rougeurs célestes et tels avec des frémissements de vie et de
sanglots que se tordant parfois entre mes mains ils meurent avec les
flots et les récifs du rivage en telle abondance qu’il faudra longtemps
pour désespérer des parfums et de leur fuite avec le soir où ce
peigne marque sans bouger les étoiles ensevelies dans leur rapide et
soyeux cours traversé par mes doigts sollicitant encore à leur racine
la caresse humide d’une mer plus dangereuse que celle où cette
algue fut recueillie avec la mousse dispersée d’une tempête.
Une étoile qui meurt est pareille à tes lèvres.
Elles bleuissent comme le vin répandu sur la nappe.
Un instant passe avec la profondeur d’une mine.
L’anthracite se plaint sourdement et tombe en flocons sur la ville
Qu’il fait froid dans l’impasse où je t’ai connue.
Un numéro oublié sur une maison en ruines
Le numéro 4 je crois.
Je te retrouverai avant quelques jours près de ce pot de reine-marguerite
Les mines ronflent sourdement
Les toits sont couverts d’anthracite.
Ce peigne dans tes cheveux semblables à la fin du monde
La fumée le vieil oiseau et le geai
Là sont finies les roses et les émeraudes
Les pierres précieuses et les fleurs
La terre s’effrite et s’étoile avec le bruit d’un fer à repasser sur la nacre
Mais tes cheveux si bien nattés ont la forme d’une main.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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3ème retouche à la mémoire (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Illustration: Alain Le Nost
    
3ème retouche à la mémoire

sur les chevaux de son manège
tournent mes âges à distance
chacun la main à sa torsade d’or

ma vie monte et descend la vrille
entourée de fenêtres
gravées de flèches et de coeurs

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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