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Poésie

Posts Tagged ‘maïs’

La vieille femme (Lupenga Mphande)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




Sais-tu pourquoi la vieille femme chante?
Elle a soixante ans et six petits-enfants à nourrir
Ses fils et leurs femmes sont dans le Sud à la mine d’or
Chaque jour elle trait la chèvre et vend le lait
Pour acheter du savon et laver les enfants
Elle leur donne à manger et attache la chèvre
Le soir auprès du feu elle leur conte les histoires d’autrefois
Je sais pourquoi la vieille femme chante

Sais-tu quand la vieille femme s’endort?
Elle se repose dans l’ombre, la nuit elle pense
Au lendemain: donner à manger aux enfants et faire paître la chèvre
Sarcler le jardin et arroser les plants de fève
Réparer le chaume du toit et préparer la grange
Piler le mil et le maïs, vanner, allumer le feu…
Je ne sais pas quand la vieille femme s’endort

Sais-tu pourquoi la vieille femme boite?
Elle va chercher l’eau le matin
au puits qui est si loin
Chercher le bois avec sa hache
à la forêt qui est si loin
Elle va au champ chercher des feuilles de courge
laissant la chèvre à l’attache près du puits
Elle rentre vite à la maison préparer le repas des enfants
Je sais pourquoi la vieille femme boite.

(Lupenga Mphande)

Illustration

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VISION DE KEROUZAC’H (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



KEROUZAC'H

VISION DE KEROUZAC’H

Le soleil dépoitraillé
une mangeaille d’eau et de maïs
et puis à faire hurler les oiseaux
le massage des sapins
la flamboyance du vent.

(Paol Keineg)

Illustration

 

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Dans le Paris de Notre-Dame (Edmond Bacri),(Marius Herschkovitch)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019



 

    

Dans le Paris de Notre-Dame
De Notre-Dame de Paris
Y a un clochard qu’en a plein le dos
De porter Notre-Dame sur son dos
Il se prend pour Quasimodo
Regarde en l’air, la vie qui grouille
Au lieu de faire des ronds dans l’eau
Tu peux pas vivre comme une grenouille
Moitié sur terre, moitié sur l’eau
Moi, je préfère rester là-haut

Dans le jardin de Notre-Dame
Où l’on se fait de bons amis
Y a qu’à se promener chaque matin
Un peu de maïs au creux des mains
Les pigeons, moi, je les aime bien
Les péniches
Se fichent
Des pigeons de la Cité
Goélettes
Mouettes
Elles n’ont que ça dans l’idée

Oui, mais autour de Notre-Dame
Y a des voyages à bon marché
Et ces petits coins où le bonheur
Empêche les maisons de pousser
On l’appelle « Marché aux fleurs »
Henri Quatre
Verdâtre
Aime sous son verre de gris
La vieille flèche
Qui lèche
Le plafond gris de Paris

Et toi, sous le pont de Notre-Dame
Regarde en l’air, tu comprendras
Que si tout le monde faisait comme toi
Dans ton pinard y’aurait de la pluie
Même les ponts, ça se construit
Car pour aller de Notre-Dame
De Notre-Dame jusqu’à Paris
Il a bien fallu se mettre au boulot
Et porter de pierres sur son dos
Pour passer par-dessus l’eau

Voilà pourquoi Paris s’enroule
S’enroule comme un escargot
Pourquoi la terre s’est mise en boule
Autour des cloches du parvis
De Notre-Dame de Paris

(Edmond Bacri),(Marius Herschkovitch)

 

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DANS LES RACINES (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



DANS LES RACINES

Dans les racines de l’aube,
rien n’est perdu pour le monde
où l’être passe et devient.
Voici les formes futures
et les souples chevelures
dans l’ombre des chants d’oiseaux.
Quand ma palme sous le nombre
effleurait la croix du sud
était-ce vous ou moi-même
le maïs aérien ?
L’eau chemine vers la source
par les aveugles chemins,
et sur le bord de l’absence
l’épi monte et se souvient.

(Géo Libbrecht)

 

 

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Ami, dresse-toi (Nezahualcoyotl)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




Dresse-toi, frappe ton tambour,
Fais connaître l’union d’amitié !
Qu’ainsi se prenne leur coeur :
Nos cannes à tabac et nos fleurs,
Ici seulement, nous les avons apprêtées…

Ami, dresse-toi,
Prends tes fleurs et ton tambour,
Ne reste pas dans ta douleur,
Mais porte-la en parure:
Ici seulement sont les fleurs épandues,
Les fleurs d’or précieuses !

I1 chante bien,
L’oiseau de turquoise, le quetzal,
L’oiseau aux plumes de jais !
L’ara chante le premier :
Tambourins et tambours,
Tous lui font réponse.. .

Je bois le cacao,
Et ce m’est grande joie.
Mon coeur est heureux,
Mon coeur est satisfait…

Ainsi je pleure, ainsi je chante,
Dans l’intérieur de ma maison passe ma vie.

J’ai bu des fleurs de cacao et de maïs…
Pleure mon coeur, empli de tristesse:
Sur la terre seulement, naître à la douleur…

Tout ce dont je me souvienne:
Le malheur et l’angoisse:
Sur la terre seulement, naître à la douleur …

(Nezahualcoyotl)

 

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Je t’écris (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
Je t’écris parce que tu ne sais pas lire
que tu récites sans te tromper l’alphabet de la peur
que tu reconnais au toucher l’herbe nourricière
au flair la source en amont du filet d’eau

je t’écris pour te dire mon manque de ta main sur le ventre blanc du bouleau
et de ton désarroi quand pâlissait le maïs

je t’écris sans écrire
les passants piétinent ce que j’écris
mes consonnes ont la peau rêche
mes voyelles sont nues
je t’écris pour éteindre le feu qui dévore mes doigts dès qu’ils touchent ton nom.

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Gens de l’eau
Traduction:
Editions: Mercure de France

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Les P’tits Papiers (Serge Gainsbourg)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018




Les P’tits Papiers

Laissez parler
Les p’tits papiers
A l’occasion
Papier chiffon
Puissent-ils un soir
Papier buvard
Vous consoler

Laisser brûler
Les p’tits papiers
Papier de riz
Ou d’Arménie
Qu’un soir ils puissent
Papier maïs
Vous réchauffer

Un peu d’amour
Papier velours
Et d’esthétique
Papier musique
C’est du chagrin
Papier dessin
Avant longtemps

Laissez glisser
Papier glacé
Les sentiments
Papier collant
Ça impressionne
Papier carbone
Mais c’est du vent

Machin Machine
Papier machine
Faut pas s’leurrer
Papier doré
Celui qu’y touche
Papier tue-mouches
Est moitié fou

C’est pas brillant
Papier d’argent
C’est pas donné
Papier-monnaie
Ou l’on en meurt
Papier à fleurs
Ou l’on s’en fout

Laissez parler
Les p’tits papiers
A l’occasion
Papier chiffon
Puissent-ils un soir
Papier buvard
Vous consoler

Laisser brûler
Les p’tits papiers
Papier de riz
Ou d’Arménie
Qu’un soir ils puissent
Papier maïs
Vous réchauffer

(Serge Gainsbourg)

Illustration
 

 

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Nous rendons grâces (Chant Iroquois)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



chef iroquois [800x600]

Nous rendons grâces à notre mère la terre, qui nous soutient.
Nous rendons grâces aux rivières et aux ruisseaux qui nous donnent l’eau.
Nous rendons grâces à toutes les plantes qui nous donnent les remèdes contre nos maladies.
Nous rendons grâces au maïs et à ses soeurs les fèves et les courges, qui nous donnent la vie.
Nous rendons grâces aux haies et aux arbres qui nous donnent leurs fruits.
Nous rendons grâces au vent qui remue l’air et chasse les maladies.
Nous rendons grâces à la lune et aux étoiles qui nous ont donné leur clarté après le départ du Soleil.
Nous rendons grâces à notre grand-père Hé-no, pour avoir protégé ses petits-enfants des sorcières et des reptiles, et nous avoir donné sa pluie.
Nous rendons grâces au Soleil qui a regardé la terre d’un oeil bienfaisant.
Enfin, nous rendons grâces au Grand Esprit en qui s’incarne toute bonté et qui mène toutes choses pour le bien de ses enfants.

(Chant Iroquois)

 

 

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CHAMP DE MAÏS (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
CHAMP DE MAÏS

Assis dans le mais… j’attends. Mais quoi ? Serait-ce
Le cri de la corneille et le si bel instant
Où la mésange, par son chant,
Fait en sorte qu’il cesse ?

J’aime le tendre azur du soir au souffle frais.
J’en suis tout entouré. Doucement, il m’assaille.
Je pense à toi. C’est un délice. Et je voudrais…
Ceindre ta souple taille.

A présent, je suis seul. Le soleil vient de fuir.
La terre, sous mes pieds, commence à refroidir.
Survolant la sente muette
Ulule la chouette.

Le soleil vient de fuir et j’attends mais en vain.
Je t’attends. Viendras-tu? Reverrai-je tes charmes?
Je pleure sur mon coeur. Tombent de mon chagrin
Quelques secrètes larmes.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Seulement avec des fleurs (Nezahualcoyotl)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 


Emeraudes,
Ors,
Tes fleurs,
O dieu !

Tes richesses,
O toi par qui vivent toutes choses :
Fleurs de mort par l’obsidienne ,
La mort dans la guerre !

La mort dans la guerre,
Vous partirez la connaître !

A la guerre, aux abords de l’incendie,
Vous la connaîtrez !

I1 y a poussière de boucliers,
I1 y a pluie de maïs noir.

Où peut-on vraiment le connaître,
Le Lieu du Mystère,
Le connaître avec ses yeux ?

Le gloire, seulement,
La noblesse
meurent dans la guerre,
Si peu de chose s’en va 1à où sont les Décharnés

Seulement avec des fleurs
Partir…

(Nezahualcoyotl)

 

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