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Posts Tagged ‘maïs’

CHANSON DE LA BELLE RÉCOLTE (Negro Spirituals)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
CHANSON DE LA BELLE RÉCOLTE

Oh, venez peler l’ maïs,
J’ suis content!
Le plus beau du pays,
J’ suis content!

Jamais on n’avait vu,
J’ suis content!
De maïs plus velu,
J’ suis content!

Jamais, depuis qu’ j’ suis né,
J’ suis content!
Des grains si bien formés,
J’ suis content!

Travaillez vite et mieux,
J’ suis content!
Pour plaire à not’ Monsieur,
J’ suis content!

Ses esclaves sont bien gras,
J’ suis content!
Et luisants comme des rats,
J’ suis content!

Ceux d’ Monsieur Jones sont maigres,
J’ suis content!
Il affame ses pauv’ nègres,
J’ suis content!

Mais nous sommes bien nourris,
J’ suis content!
De beaux épis d’ mais,
J’ suis content!

(Negro Spirituals)

 

Recueil: Fleuve profond, sombre rivière
Traduction: Marguerite Yourcenar
Editions: Gallimard

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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE L’OISEAU MAÏS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE L’OISEAU MAÏS

Libre et prisonnier dans la cage de la brise,
tu te nourris de rire,
de maïs de rire !
Une araignée s’esquive :
ton coup de bec est redoutable,
et te suit la fourmi,
te suivent l’agouti, le lapin, l’écureuil
qui vivent de ta ruse.
Tu te nourris de rire,
de maïs de rire,
libre et prisonnier dans la cage de la brise !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Les pierres du chemin (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



    

Les pierres du chemin, ah comment se fait-il
Qu’elles soient devenues
Les yeux des cerfs errants, des biches et des loups,
Et les yeux du cheval qui s’en allait sans ruses
Se peut-il que ce soient deux cailloux dans le fleuve?
Tournez-vous par ici, mes bêtes galopantes,
Au secours, j’ai besoin de chacune de vous,
Troupeau de taurillons, chevaux faiseurs d’espaces,
Personne n’est de trop pour consoler un fou,
Ah j’ai même besoin des bêtes qui se cachent
Et du grain de maïs au fond d’un sac perdu.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ô la grande apposition du monde (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
Ô la grande apposition du monde

un champ de roses
près d’un champ de blé et deux enfants rouges dans le
champ voisin du champ de roses et un champ de maïs
près du champ de blé et deux saules vieux à la jointure;
le chant de deux enfants roses dans le champ de blé
près du champ de roses et deux vieux saules qui veillent
les roses les blés les enfants rouges et le maïs

Le bleu boit comme tache
L’encre blanche des nuages
Les enfants sont aussi mon
Chemin de campagne

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au temps des jonquilles (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2018



    

au temps des jonquilles(au courant
que l’on vit pour devenir grand)
oubliant pourquoi,rappelle-toi comment

au temps des lilas qui conseillent
c’est afin de rêver qu’on veille
rappelle-toi tellement(oubliant pareil)

au temps des roses(qui stupéfient
notre ici maintenant de paradis)
oubliant les mais,rappelle-toi les oui

au temps de ces choses bien plus douces
que tout ce qui à l’esprit touche
rappelle-toi chercher(oubliant qu’on trouve)

et dans un mystère qui sera
(quand le temps du temps nous délivrera
m’oubliant,rappelle-toi de moi

***

in time of daffodils(who know
the goal of living is to grow)
forgetting why,remember how

in time of lilacs who proclaim
the aim of waking is to dream,
remember so(forgetting seem)

in time of roses(who amaze
our now and here with paradise)
forgetting if,remember yes

in time of all sweet things beyond
whatever mind may comprehend,
remember seek(forgetting find)

and in a mystery to be
(when time from time shall set us free)
forgetting me,remember me

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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La pluie (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête,
c’était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie.
Quand il rasait le sol,
c’était le vent dans les buissons et les hautes herbes,
mais ce n’était pas la pluie.

Quand il bruissait et chuintait à hauteur d’homme,
c’était le vent dans les champs de maïs.
Il possédait si bien les sonorités de la pluie
que l’on se faisait abuser sans cesse,
cependant, on l’écoutait avec un plaisir certain,
comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène.
Et ce n’était toujours pas la pluie.

Mais lorsque la terre répondait à l’unisson
d’un rugissement profond, luxuriant et croissant,
lorsque le monde entier chantait autour de moi
dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi,
alors c’était bien la pluie.

C’était comme de retrouver la mer
après en avoir été longtemps privé,
comme l’étreinte d’un amant.

(Karen Blixen)

 

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VOYAGE (Salvador Novo)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



 

agaves

VOYAGE

Les figuiers de Barbarie nous tirent la langue ;
quant au maïs, de sa hauteur,
— avec son petit toupet mal peigné
et son cahier sous le bras —
il nous salue de ses manches brisées.

Les agaves font de la gymnastique suédoise
en colonne par cinq cents
et le soleil — de la police secrète —
(il fait son coup en douce)
dénonce notre ridicule fuite
dans la lanterne magique du pré.

Le soir venu, nous nous vengerons
en allumant nos fanaux
et en abattant les forêts.

Un arbre ou l’autre
veut enseigner la philologie.
Les nuages, inspecteurs de monuments,
secouent les maquettes des montagnes.

Qui veut jouer au tennis avec des nopals
et des figuiers de Barbarie
sur le réseau télégraphique ?
Plus tard, nous prendrons un bain russe
dans une chaumière perdue dans la montagne ;
une douche d’arc-en-ciel nous suffira.
Nous nous sécherons avec un stratus.

(Salvador Novo)

Illustration

 

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Pour Toujours (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Pour Toujours

Pourquoi Dieu permet-il
que les mères s’en aillent?
La mère est sans limite,
c’est le temps sans cadran,
la lueur qui résiste
lorsque souffle le vent
et que la pluie s’abat,
velours dissimulé
dans une peau ridée,
c’est l’eau pure, l’air pur,
c’est la pure pensée.
Mourir advient à ce
qui est bref et qui passe
sans laisser nulle trace.
La mère, dans sa grâce,
elle est éternité.
Quelle idée vient à Dieu
– ô mystère profond –
un jour de l’enlever?
Si j’étais Roi du Monde,
une loi je ferais:
Mère ne meurt jamais,
mère près de son fils
toujours rester devra
et lui, quand bien vieux même,
petit demeurera
comme grain de maïs.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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Quelle solitude (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016



 

champ_de_mais

Quelle solitude :
Des maïs noirs qui se brisent
Sous le vent d’hiver.

***

How lonely it is:
Black brittle cornstalks are snapping
In the winter blast.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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Nous reverrons-nous un jour ? (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016


Accorde-nous de boire l’eau céleste
Aussi pure que les perles de crapaud
sous l’éclair de la lune

De surgir une fois encore du sol
Des chairs meurtries au gré de la tige
du bambou réduite aux os

De ne pas oublier le cou du cygne
Plus tendre qu’un rêve de paradis
au cœur de la foule en perdition

De perpétuer les mots non dits à jamais
Lèvres d’iris effleurées par la brise
émanant du volcan d’origine

« Nous reverrons-nous un jour ? » « Mais… »

(François Cheng)

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