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Poésie

Posts Tagged ‘maisonnette’

Le muguet (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Le muguet

Muguet du premier mai,
Petites clochettes,
Symbole d’amitié
Vous décorez mon foyer…
Grâce à vous, il a un air de fête
Il embaume et enivre.
Tout rempli de votre parfum,
On perd un peu la tête,
On a envie de vivre
On est tout retourné…

Quelques jours,
Et c’est votre fin…
Tel est votre destin !
Nul ne peut vivre toujours…
Muguet du premier mai,
Petites fleurettes
Merci de votre séjour
Dans ma maisonnette
Et de la gaité
Que vous y avez semée !

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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LE VOLCAN (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LE VOLCAN

Adorables, les maisonnettes de vignerons sur les coteaux aux belles grappes.
Une chèvre étonnée regarde celui qui regarde le tableau.
Et les foulards multicolores d’un petit peuple heureux s’activent dans la vigne.
Voici le cratère qui laisse errer au ciel sa fine écriture de fumée.
Tout beau, tout beau, mais la principale présence est invisible :
c’est la terrible lave qui va déborder d’un instant et l’autre
et dévaster tout ce bonheur napolitain.

(Norge)


Illustration

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Sonnet de printemps (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Sonnet de printemps

Avril met aux buissons leurs robes de printemps
Et brode aux boutons d’or de fines collerettes,
La mouche d’eau sous l’oeil paisible des rainettes,
Patine en zig-zags fous aux moires des étangs.

Narguant d’un air frileux le souffle des autans
Le liseron s’enroule étoilé de clochettes
Aux volets peints en vert des blanches maisonnettes,
L’air caresse chargé de parfums excitants.

Tout aime, tout convie aux amoureuses fièvres,
Seul j’erre à travers tout le dégoût sur les lèvres.
Ah! l’Illusion morte, on devrait s’en aller.

Hélas! j’attends toujours toujours l’heure sereine,
Où pour la grande nuit dans un coffre de chêne,
Le Destin ce farceur voudra bien m’emballer.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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Je bats la semelle (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Je bats la semelle

Qu’est le gîte aujourd’hui que j’avais bien connu,
Maisonnette où l’on m’aime, où je suis attendu?
Où je suis attendu…
Irai-je à gauche, irai-je à droite, je vacille.
Je lève haut les yeux sur l’étoile qui brille.
Sur l’étoile qui brille…

Mais je fuirai l’étoile et ferai sagement.
Où l’étoile n’est pas, on m’aimera vraiment.
On m’aimera vraiment…

(Attila Jozsef)

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Ta bière était bonne à boire, ami (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

Jean-Eugène Buland -1

Ta bière était bonne à boire,
ami, ton genièvre aussi.
Jamais tu ne fus avare
et gai partageais les fruits.

J’aiguise le fer de bêche
et retourne ton jardin,
tu n’es pas de ceux qu’on laisse
partir sans un coup de vin.

Ta maisonnette s’anime
d’un coq au réveil-matin
et je rouvre la cuisine,
le clapier de tes lapins.

Ton chat perche sur la butte
et guette un merle malin,
la poule au pas de la hutte
dit bonjour à ton voisin.

Je sais que parfois tu viens
revoir le coin de ta vie
et c’est pour toi que je tiens
les plates-bandes fleuries.

Voici les noix, les noisettes,
cher bricoleur, tes outils,
faisons un brin de causette,
les pelouses restent vertes,
le verger marque midi :

comme avant la soupe est prête,
on t’invite, tu souris,
et parmi nous pour la fête,
à table tu t’es assis.

(Géo Libbrecht)

Illustration: Jean-Eugène Buland

 

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Cette rue, je la connais (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Cette rue, je la connais,
je la connais, cette maisonnette.
Le chaume bleu de ses chenaux
a glissé par-dessus la fenêtre.

Il y eut les années de détresse,
le déchaînement de forces insensées.
Je me suis souvenu de ma jeunesse,
souvenu de ma campagne bleue.

Je n’ai cherché ni la tranquillité
ni la gloire, dont je connais la vanité.
Aujourd’hui si je ferme les yeux
je ne vois que la maison paternelle.

Je vois le jardin sous la bruine bleue,
août en silence tapi contre la haie.
Et les saules dont les pattes vertes
abritent le ramage des oiseaux.

Si je l’ai aimée, notre maison de bois
aux poutres craquelées, inquiétantes !
Les nuits de pluie, notre vieux poêle
poussait d’étranges plaintes sauvages.

Râles déchirants, voix puissante
comme d’un vivant à l’agonie.
Que voyait-il, notre chameau de briques,
à travers le gémissement de la pluie ?

Quelque pays lointain sans doute,
rêves d’antan, époques florissantes,
les sables d’or d’Afghanistan,
les soirs cristallins de Boukhara.

Ces pays, je les connais aussi.
Que de chemin n’y ai-je parcouru.
Mais aujourd’hui je n’ai qu’un souhait :
Revoir les lieux de mon enfance

Pourtant ce tendre espoir n’est plus,
n’est plus que cendres dans la brume bleue.
Paix à toi, chaume de mes champs
paix à toi, ma maison de bois !

***

(Sergueï Essénine)

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Pensée (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2015



Pensée

La Pensée se promenait sur la terre, ne sachant où se fixer.
Elle avait successivement frappé à bien des portes
sans être admise nulle part.
D’abord, elle s’était offerte
comme dame de compagnie à un bas-bleu fort célèbre;
elle avait essuyé un refus.
Un philosophe de grande renommée
n’avait pas voulu de la Pensée, même comme femme de ménage.
Repoussée successivement par un académicien,
par un ministre, par un prédicateur, par un peintre,
par un romancier, par un sculpteur,
la pauvre Pensée résolut de quitter la ville et de reprendre le cours de ses voyages.

Un jeune homme vint à passer sur la route;
il marchait en regardant les étoiles
et en murmurant tout bas des mots
et des phrases qui lui faisaient ouvrir énormément la bouche
et écarquiller les yeux.
Un soupir étouffé que poussa la Pensée l’avertit
qu’un être souffrant avait besoin de son secours.
Il s’approcha de la voyageuse, lui prit la main et l’aida à se relever;
puis il lui montra dans un massif d’arbres
une petite lumière lointaine qui brillait.

C’est la maisonnette que j’habite; venez,
vous y passerez la nuit en sûreté.
Sous quel nom faut-il que je vous présente à ma mère?
On m’appelle, répondit-elle en hésitant, la Pensée.
Alors le jeune homme frappa des mains en signe de joie,
et passa le premier pour indiquer à la Pensée le chemin de la maisonnette.
A son tour la Pensée voulut connaître le nom de son hôte.
Je suis, lui dit-il, un homme de fantaisie
connu dans la contrée sous le nom de Jacobus le poète.

(J.J. Grandville)

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