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Poésie

Posts Tagged ‘majesté’

Quelle majesté (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



De mes mains
Je fais un bol
Je bois
À une petite cascade
Quelle majesté
Dans mes mains

(Abbas Kiarostami)

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Le voyage (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



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Le voyage

Dans l’océan du ciel d’avril, gonflant leurs voiles,
Les nuages, pareils à de légers bateaux,
Naviguent, éclatants, vers des îles d’étoiles,
Avec la majesté des cygnes sur les eaux.

Ils voguent, sans troubler d’un remous l’onde bleue ;
Leur marche est paresseuse et leur but est lointain.
Depuis une heure, ils n’ont pas fait plus d’une lieue ;
Pour leur voyage, ils sont partis dès le matin.

Ce soir, pour les guider resplendira la lune,
Comme un phare dressant sa clarté sur la mer ;
Ils glisseront alors sur l’onde calme et brune,
Et dans l’ombre le port leur apparaîtra clair.

Atteindront-ils jamais les îles fortunées,
Les blancs petits bateaux de l’océan divin ?…
Hélas ! rêves déçus de toutes nos journées,
Bonheur, archipel d’or cherché toujours en vain !

(Albert Lozeau)

 

 

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Majesté du torii (Catherine Morvan)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021




    

Majesté du torii
Passage dans un monde d’esprits Kamis
Apaisant
Hors du temps
Reflets impressionnistes
Souffle venteux, frêle risée
Grands arbres froissés
Vaguelette rosée, frisotante,
Mille fleurs envolées
Écrin de nature
Rives aux teintes contrastées
Feuillages tendres juste éclos
Nuages d’arbustes vert profond
Coulées d’azalées rouge nacré
Ilot de camélias allure fuchsia
Tableau éphémère
Ancré dans le temps.
Flamboyant,
Un pont japonais, campé,
Vermillon écarlate
Entre terre et terre
Entre rêve et onde
Pétale blanc au gré du courant…

(Catherine Morvan)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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J’habillerai de noir (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2020




    
J’habillerai de noir,
De la tête aux pieds,
Ma solitude.
Comme le mois d’août
Je pleurerai des gerbes d’étoiles.
Ma superbe douleur, fais parler maintenant
Les fontaines du chant
Enfermées, comme au coeur d’une montagne,
Dans le tréfonds de mon âme.
Que sonne à nouveau
Le cor porteur de mort
Traversant mes rythmes.
Volez, volez
Dans la majesté de l’automne,
Rêves dorés
Du printemps à venir !

(Mihai Beniuc)

 

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J’habillerai de noir, de la tête aux pieds, ma solitude (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2020




    
J’habillerai de noir,
De la tête aux pieds,
Ma solitude.
Comme le mois d’août,
Je pleurerai des gerbes d’étoiles.
Ma superbe douleur, fais parler maintenant
Les fontaines du chant
Enfermées, comme au coeur d’une montagne,
Au fond de mon âme.
Que sonne à nouveau
Le porteur de mort
Traversant mes rythmes !
Volez, volez
Dans la majesté de l’automne,
Rêves dorés
Des printemps à venir !

(Mihai Beniuc)

 

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Cantique de la Voie I (Xuan Jue)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Cantique de la Voie

Rugissement du lion, parole sans peur
Les animaux en ont le crâne éclaté
Et perd sa majesté l’éléphant en fuite
Seuls les dragons prêtent l’oreille, ravis…

(Xuan Jue)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Une Louise dans chaque port (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



Illustration: René Leforestier

    

Une Louise dans chaque port

C’était au bon temps des voiles latines
Nous, on naviguait sur la Madelon
Le patron c’était Jules d’Essertines
Il était beau comme Apollon
Il fallait le voir commander sa barque
Oeil clair, torse nu, gorgé de soleil
Plein de majesté, comme un vrai monarque
Doré ma foi jusqu’aux orteils
Un tombeur de charme, et un tout bon type
Les belles partout guettaient son retour
Il aimait la vie, il aimait sa pipe
Son bateau, le vin, et l’amour

(Refrain)
Car après Dieu seul maître à bord
Comme tous les marins du monde
Il avait pour son réconfort
Une Louise dans chaque port

Par le Bouveret, c’était, grassouillette
L’Angèle une blonde aux jolis yeux pers
Qui lui tricotait maillots et chaussettes
Pour qu’il s’enrhume pas l’hiver
A Thonon l’Irma, la belle cafetière
L’abreuvait d’amour et de vin clairet
Mais il apprenait les belles manières
Avec une Anglaise à Revers
Y avait l’Amanda, la muse de Morges
Qui lui donnait tout dans sa véranda
Son corps, son esprit, sa superbe gorge
C’était lui l’amant d’Amanda

(Au refrain)

On le surnommait parfois « Fend-la-bise »
Mais le plus souvent « Jules-le-tombeur »
Pour bien bourlinguer entre les Louises
Fallait un fort navigateur
Y avait les maris, y avait les tempêtes
Le soleil, la pluie, et le calme plat
On restait des jours sans bouger en quête
D’un souffle d’air et puis voilà
Le coup de Vauder, escale à l’auberge
Douchy où l’Esther, l’ange du quartier
Lui jouait au piano « La prière d’une vierge »
Qu’il exauçait bien volontiers

(Au refrain)

Mais le vent tournait, rabattait les voiles
Et la Madelon, chargée de graviers
Mettait cap à l’ouest, et Jules en sandales
Veillait au grain sans sourciller
Le vent fraîchissait, on voyait les grèves
Défiler ma foi vite et joliment
Puis on débarquait au port de Genève
Ahuri sans savoir comment
Pour nous accueillir, toutes les grandes gueules
De Piogre étaient là, ça faisait du bruit
La grande Lulu disait : « Pas de meule
J’emmène Jules pour la nuit »

(Au refrain)

C’était le bon temps, mais trop de Louises
Et trop de bordées, c’est bien épuisant
C’est ainsi qu’un soir, notre Fend-la-bise
Il allait sur ses cinquante ans
En faisait escale au port de Villeneuve
Est tombé, ma foi, mort en plein bonheur
Dans les bras douillets d’une jolie veuve
On peut bien dire « au champ d’honneur »
Au navigateur de charme et d’eau douce
On a fait alors un bel enterrement
Toutes étaient là, les blondes, les rousses
Toutes les perles du Léman

Et les pirates de tous bords
Pour fleurir la tombe où repose
Désormais celui qui est mort
D’une Louise dans chaque port

(Jean Villard–Gilles)

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Vaches blanchâtres (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
Vaches blanchâtres
flaques de lait
répandues sur le pré
ruminantes molles

Plus loin
enrobée
d’un soleil déclinant
une solitaire
en majesté
motte de beurre dorée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Bouddha (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018




    
Bouddha

Comme s’il écoutait. Silence : un lointain…
Nous retenons notre souffle et ne l’entendons pas.
Il est étoile. Entouré d’étoiles plus grandes
que nous ne voyons pas.

Il est tout. Nous attendons-nous vraiment
à ce qu’il nous voie ? En aurait-il besoin ?
Et quand on se prosterne il reste loin
profond et pesant comme un animal.

Car ce qui nous jette à ses pieds
circule en lui depuis le fond des millénaires.
Négligeant notre savoir
il pénètre ce qui nous rejette.

*

Bouddha

De loin déjà le pèlerin, craintif étranger,
ressent cette pluie d’or qui ruisselle de lui;
comme si des riches, soucieux de se racheter,
avaient amassé là tous leurs trésors.

Mais en s’approchant il est troublé
par la majesté de ces sourcils;
ce qu’il voit là ne ressemble guère
ni à leur vaisselle ni aux pendants d’oreilles
que portent leurs femmes.

Ah, si quelqu’un pouvait donc dire
quelles furent les choses qu’il fallut fondre
pour ériger dans le calice d’une fleur
cette image plus muette d’un jaune plus calme
que celui de l’or et qui effleure
tout l’espace autant que soi-même.

*

Bouddha en majesté

Coeur de tous les coeurs, centre de tous centres,
amande qui se clôt et perd son amertume, —
tout cela jusqu’aux étoiles
est ta pulpe : Je te salue.

Vois, tu le sens : rien à toi ne tient plus;
ta coque est dans l’infini,
la vigueur de ta sève s’y presse.
Et du dehors l’aide un rayonnement,

car tout là-haut tes soleils
pleins et ardents sont renversés.
Mais en toi déjà et né
ce qui surmonte tout soleil.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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M’esveillant à minuit, dessillant la paupière (Gabrielle de Coignard)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




    
M’esveillant à minuit, dessillant la paupière,
Je voy tout assoupi au centre du repos,
L’on entend plus de bruit, le travail est enclos
Dans l’ombre de la terre, attendant la lumière.

Le silence est partout, la lune est belle et claire,
Le ciel calme et serain, la mer retient ses flots,
Et tout ce qui se voit dedans ce large clos
Est plein de majesté, et grâce singulière.

La nuit qui va roulant des tours continuels,
Représente à nos yeux les siècles éternels,
Le silence profond du
Royaume céleste :

En fin le jour, la nuit, la lumière et l’obscur,
A louer le haut
Dieu incitent nostre cœur,
Voyant reluire en tout sa grandeur manifeste.

(Gabrielle de Coignard)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

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