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Poésie

Posts Tagged ‘majestueuse’

Merveille! (Shabkar)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Merveille!
Derrière, les parois rocheuses,
Belles et massives.
Devant, la neige sur les cimes
De la chaîne majestueuse.
Aux quatre orients monte la brume,
Apparaissent les arcs-en-ciel.

(Shabkar)

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A une passante (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

(Baudelaire)


Illustration: Miriam Naïli

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Camélia (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Camélia

Il n’était bruit dans Venise que des attraits de la comtesse Impéria.
Sa beauté fière et majestueuse frappait tout le monde d’admiration;
son teint d’un blanc velouté, nuancé d’une légère teinte rose,
était un objet d’envie pour toutes les dames de Venise.
Le glorieux époux de la mer, le Doge lui-même, avait dit, le jour de son couronnement,
que s’il avait été libre de son choix,
ce n’est pas l’Adriatique qui aurait reçu son anneau de fiançailles…

[Et cependent voici les dernières paroles que lui adressa
avant de se suicider Stenio, le jeune Vénitien qu’elle avait
choisi entre tous pour époux:]
« Madame, vous ressemblez à cette fleur qu’on nomme
le camélia et qu’un jésuite nous a récemment apportée de Chine:
elle est charmante à l’oeil, mais elle ne dit rien à l’odorat.
Vous êtes belle madame,
mais vous n’avez pas ce parfum de la beauté qui s’appelle l’amour! »

[Et la comtesse Impéria de s’écrier:]
« Maudit soit le jour, où j’ai voulu vivre sur la terre!
Si la Fée m’avait dit, tu auras un coeur insensible, une âme froide,
tu assisteras impassible au spectacle des maux que tu feras naître,
tu brilleras d’une beauté fatale qui ne reflètera aucun sentiment de tendresse,
je n’aurais pas demandé à changer de sort.
Fleur, on peut vivre sans parfum;
femme, on ne saurait exister sans amour!
O Fée, rends-moi à ma première forme,
fais que je redevienne camélia:
il y a bien assez de femmes sans coeur sur la terre. »

La Fée aux Fleurs ne tarda pas à réaliser ce souhait.
Redevenue fleur, Impéria se ressouvint de Stenio:
on vit fleurir comme par enchantement
un magnifique camélia sur la tombe du jeune homme.

(J.J. Grandville)

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Les oiseaux passent (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2016



Les oiseaux passent
Flèches rapides
Et lentement
Une mouette majestueuse
Arpente le ciel

(Heather Dohollau)

 

 

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Entendre l’axe de la terre (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2015



J’ai pris leur sens de la vue aux guêpes menues
Qui sucent l’axe de la terre, l’axe de la terre,
Je pressens tout ce qui m’est advenu
Et m’en souviens par cœur et par chimère.

Je ne joue pas de la voix noire de l’archet,
Et je ne chante pas et non plus ne dessine,
Je ne fais que boire la vie et il me plaît
D’envier les guêpes majestueuses et malignes.

Ô ! s’il était possible qu’un jour moi aussi,
La chaleur de l’été et l’aiguillon de l’air
Me donnent, dépassant mort et sommeil d’ici,
D’entendre l’axe de la terre, l’axe de la terre.

(Ossip Mandelstam)

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