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L’homme collait sa poitrine aux barreaux (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

Júlia Fernández Sánchez 9518

L’homme collait sa poitrine aux barreaux d’une baraque pauvre entre les pauvres
Il était seul seul parmi trente compagnons tenaces
compagnons témoins sans papilles de son jour
témoins sans prunelles de sa nuit et des crispations
de sa face et des rictus dévoilés de l’âme
La vie était dehors achevant son travail quotidien
avec les mains humaines avec les mains des arbres
avec les battements du coeur de la mer et les battements des coeurs charnels
avec l’intelligence dure et fertile de la terre et l’intelligence infectée de l’homme
La vie était dehors – malaxant vie et mort mort et vie

et la bouée du sommeil.

L’homme fixait le grand corps mou de la nuit s’infiltrant
souplement en ondes sombres parmi les cimes des sapins
Il regardait il écoutait isolé dans son espacement morne
Isolé dans son cerveau et dans sa demande malgré ses compagnons et le sort commun
Il était seul comme un homme est seul parmi les hommes.
Cet homme regardait la nuit Il écoutait la nuit
bavarde la nuit silencieuse comme la méditation des yeux clairs d’un chat
L’homme fermé s’ouvrait devant la nuit salvatrice
devant la nuit consolatrice de toutes peines

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

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Des mots (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2017


mots

 

Des mots
Ont besoin
Qu’on les palpe,
D’autres veulent
Etre malaxés,
D’autres encore
Vous étrangleraient.

(Guillevic)

 

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VEINES (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



 

VEINES

L’arbre de sang qui me traverse est gris comme un
Ciel d’automne, comme un treillage en fil de fer,
Et ses rameaux, ses noeuds mauves bordés de vert
Placent des éventails en relief sur ma main.

Sans feuille, sans oiseau – pauvre buisson humain,
Je crois qu’il ne connaît des saisons que l’hiver
Et qu’il se remémore à quel point j’ai souffert
Dans les flux et reflux de sa sève carmin.

L’arbre de sang qui me traverse a un seul fruit
Gluant d’obscurité – cerise de la nuit
Qui malaxe son jus convulsif, obstiné.

Bien qu’il soit protégé de la pluie et du vent,
Il se fait ballotter, emporter, en suivant
Mes mouvements … pauvre arbre humain, déraciné.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

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