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T’aimer me rend à tous les hommes (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



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Je sais tes seins je sais ton coeur
Tes yeux qui s’ouvrent en mes yeux
Malgré mon vieux rêve d’aveugle
T’aimer m’enchante assez haut la nuit
Pour allumer un autre monde
Que celui de ma propre vie
T’aimer me rend à tous les hommes.

(Paul Eluard)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

 

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IL FAUDRA NOUS AIMER … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019




IL FAUDRA NOUS AIMER …

Il faudra nous aimer par-dessus toutes choses,
Malgré les jours mauvais ou les heures moroses,
Afin que notre amour soit une apothéose.

Il faudra que nos yeux soient purs comme un matin
De Pâques où tout l’air bleu rit d’un rire enfantin,
Dans lequel il y a des cloches au lointain.

Acceptant le travail que le jour leur apporte,
Il faudra que nos mains soient fidèles et fortes,
Jointes encor, même alors qu’elles seront mortes.

Il faudra que par les chemins qui s’offriront
Nous marchions, malgré tous les deuils et les affronts.
Sentant l’ombre d’une aile effleurer notre front.

Nous irons à travers les rires ou les larmes
Calmes et doux, impassibles, sans autres armes
Que ma fidélité tendre et que votre charme.

Nous nous soucierons peu des yeux faux ou moqueurs,
Et, chère, n’est-ce pas que nous serons vainqueurs
De toute chose, avec un tel amour au coeur ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Un papillon est venu (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019


La-flamme-et-le-papillon

dans la maison de la lumière.
Il s’est couché contre la flamme,
entre ses dents.
Il voulait ce qui le consume.
Ô lumière, tu commets des crimes
malgré toi.

(Adonis)

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Parler (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



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Parler —

Art de laisser filer la sonde dans la profondeur
que ne peut soupçonner l’homme de surface, l’homme actif, psychique.
Car nous, riverains ou nageurs,
toujours nous péririons dans l’ignorance de l’altitude sous nous,
sans la parole qui opère à tout instant le sondage pour nous,
et qui ainsi est notre profondeur,

Ecrire, c’est écrire malgré tout.
Comme une barque assemblée contre l’Océan sans mesure
— et la barque tire sa forme de l’Enorme qu’elle affronte en craignant la défaite,
et différents sont les esquifs autant que les ports d’un pôle à l’autre —
ainsi le style est ajointement malgré tout, manière de se jeter à cœur perdu mesure de l’immense;
et chacun reçoit figure de l’aspect que montre l’Elément où de son côté il se trouve jeté,
de la terreur déterminée que lui inspire l’indéterminé.

Faire front dans le tumulte pour m’y tenir à flot, quelque temps, sur l’inconnaissable.
—La phrase, ligne de flottaison.

(Michel Deguy)

Illustration: Hokusai

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Nous restons orphelins (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
Nous restons orphelins
malgré la mère
et le père

Sans fin
ni commencement
nous errons
dans un monde de pierre

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Lacunes (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



Illustration: Mario Sanchez Nevado
    
lacunes
leur faire place

trous noirs
pour les débris
l’éteint

puits d’énergie
muets

entre vif et manque

une lumière d’être
malgré

(Antoine Emaz)

 

Recueil: LIMITE
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Sadako décolle l’étiquette (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




    
Sadako décolle l’étiquette
d’une fiole de médicaments,
et elle plie une grue,

vallées ou montagnes,

solfège.

Une à une,
les grues
(ou les allumettes…)

Et les enfants meurent, malgré tous les oiseaux.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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FIGURES (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
FIGURES

Je bats comme des cartes
Malgré moi des visages,
Et, tous, ils me sont chers.
Parfois l’un tombe à terre
Et j’ai beau le chercher
La carte a disparu.
Je n’en sais rien de plus.
C’était un beau visage
Pourtant, que j’aimais bien.
Je bats les autres cartes.
L’inquiet de ma chambre,
Je veux dire mon coeur,
Continue à brûler
Mais non pour cette carte,
Qu’une autre a remplacée :
C’est un nouveau visage,
Le jeu reste complet
Mais toujours mutilé.
C’est tout ce que je sais,
Nul n’en sait davantage.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Est-ce encor moi (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



lllustration: Marie Coisnon
    
Est-ce encor moi malgré
Son visage en allé
Et ses jambes qui fuient
Dans la soie de la nuit
Et mon coeur sans raison
Près des volets fermés
Et ce grand mouvement
Au fond de la maison
Et ce qu’elle m’a pris
Dans ses sombres bagages ?

Ce qu’elle a négligé.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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OCTOBRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



Illustration: Christian Schloe
    
OCTOBRE

Pays lié aux oiseaux
A la chevelure des femmes
A l’épaule de la plus belle
Je suis debout sur tes pianos jonchés de feuilles mortes
Au milieu de ma vie jonchée aussi de feuilles mortes
Je suis entouré de complices
Je ne cherche pas à correspondre j’appréhende
Je suis parmi les arbres comme un chef de bande
Confiance donc
Quand je prépare un Octobre éternel
Une immense fumée qui monte
Un édifice impérissable
Je vous donnerai bien davantage que le soleil
Je vous compromets à jamais avec tous les chevaux
Je vous grandis d’un coup avec tous les villages
Je vous blanchis de mes mains lavandières
Je vous rends semblable à moi par mon amour
pour vous encore je dispose
Des solitudes à venir
je puis vous mettre au sommet de la pluie
Comme aux plus hautes notes d’une lyre
Confiance donc
Ou je m’installe en vous
Comme un oiseau dans la nacelle du pommier
Comme une boule de gui lumineuse
Comme un liseron frémissant
Inséparable de vous
Je serai malgré vous
La solitude.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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