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Posts Tagged ‘malhabile’

Il Changeait La Vie (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Il Changeait La Vie

C’était un cordonnier, sans rien d’particulier
Dans un village dont le nom m’a échappé
Qui faisait des souliers si jolis, si légers
Que nos vies semblaient un peu moins lourdes à porter

Il y mettait du temps, du talent et du coeur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui
Il changeait la vie

C’était un professeur, un simple professeur
Qui pensait que savoir était un grand trésor
Que tous les moins que rien n’avaient pour s’en sortir
Que l’école est le droit qu’a chacun de s’instruire

Il y mettait du temps, du talent et du coeur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui
Il changeait la vie

C’était un p’tit bonhomme, rien qu’un tout p’tit bonhomme
Malhabile et rêveur, un peu loupé en somme
Se croyait inutile, banni des autres hommes
Il pleurait sur son saxophone

Il y mit tant de temps, de larmes et de douleur
Les rêves de sa vie, les prisons de son coeur
Et loin des beaux discours, des grandes théories
Inspiré jour après jour de son souffle et de ses cris
Il changeait la vie

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration: Louis Toffoli

 

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À moi qui souffrais (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019




    
À moi qui souffrais,
Ce garçon plus jeune de cinq ans
Entreprit d’offrir
Dans le soir l’émotion vive
De sa flûte malhabile

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Une petite cantate (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Une petite cantate

Une petite cantate du bout des doigts
Obsédante et maladroite monte vers toi
Une petite cantate que nous jouions autrefois
Seule je la joue maladroite
Si mi la ré sol do fa
Cette petite cantate fa sol do fa
Était pas si maladroite quand c’était toi
Les notes couraient facile heureuses au bout de tes doigts
Moi j’étais là malhabile
Si mi la ré sol do fa
Mais tu es partie fragile vers l’au-delà
Et je reste, malhabile fa sol do fa
Je te revois souriante assise à ce piano-là
Disant bon je joue, toi chante
Chante chante-la pour moi
Si mi la ré si mi la ré si sol do fa
Si mi la ré si mi la ré si sol do fa
O mon amie
O ma douce
O ma si petite à moi
Mon Dieu qu’elle est difficile cette cantate sans toi
Une petite prière la la la la
Avec mon cœur pour la faire et mes dix doigts
Une petite prière mais sans un signe de croix
Quelle offense Dieu le père il me le pardonnera
Si mi la ré si mi la ré si sol do fa
Si mi la ré si mi la ré si sol do fa
Les anges, avec leur trompette, la joueront, joueront pour toi
Cette petite cantate que nous jouions autrefois
Les anges avec leur trompette la jouerons jouerons pour toi
Cette petite cantate qui monte vers toi
Cette petite cantate qui monte vers toi
Si mi la ré si mi la ré si sol do fa

(Barbara)

 

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Petit poulain (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2015




Petit poulain

Petit poulain
Est né ce matin :
Aux premières gouttes de rosée,
Sur le monde il a posé
Un regard étonné.

Longues jambes graciles,
Encore malhabiles,
Grands yeux sombres et veloutés…
Déjà, chancelant,
Et encore tout tremblant,
Il a risqué ses premiers pas,
Et pris son premier repas
Entre les jambes de Maman…
Il est déjà bien assuré,
Bientôt, il va gambader
Et découvrir, avec ses frères
L’étendue des grands prés,
Les merveilles de la terre…

Miracle de beauté,
Sous le soleil de l’été,
Petit poulain va s’élancer !

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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NUIT (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015



NUIT

Étrange berger,
Berger curieux,
Sur une immense lande debout,
D’une main malhabile
J’ai contre le ciel
Lancé mon caillou.

Puis j’ai regardé les nuages ;
Je suis descendu d’eux ; en eux je traîne encore.

*

Je me suis occupé de la fuite des saisons,
Des fuyantes fraîcheurs des sources,
J’ai gardé près de moi le corps émouvant, chancelant
Des plantes penchantes

Je sens directement avec mon âme d’enfant
Une fleur, un papillon, un caillou, une étoile libre
Un ciel neuf chaque nuit et que nul ne pille.
La liberté des étoiles me tourmente.

Je n’ai pas altéré les fraîcheurs des sources,
J’ai cherché le spontané, le mouvement purifié,
Des nuages, des arbres, des cieux agités ;
Les instants du monde qui me furent donnés
Je me suis en eux caché.

*

Je suis seul et je chante pour ma joie ;
Une fleur, un caillou, une bête abritée dans les fourrés,
Un pan de la tremblante robe du ciel, un pan de l’eau dansante
Composent mon pouvoir, mon bruit, ma liberté
Ils savent en moi plus haut que moi chanter.

*

Je suis libre des conseils vulgaires ;
Mon secret, c’est qu’il n’y a rien que la liberté
Fuyante des étoiles et qu’il faut se courber
Chaque soir avec la beauté des cieux

Je tends en fou le bol des fontaines
Où tombent le temps, le ciel, la plaine.
Qu’ils tombent, moins lourds qu’un pleur,
Que n’y tombent ni songes ni peines !

*

Quand la brume passe en croupe au corps d’un cheval blanc,
Le soleil étonné grandit.

(Armand Robin)

Illustration: Pier Francesco Mola

 

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