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Poésie

Posts Tagged ‘malheureux’

LONDRES (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




LONDRES

Je traîne à travers les rues à putains
Prés de la Tamise, cette drôlesse.
Sur chaque visage, je vois le coin
De la douleur ou bien de la faiblesse.

Dans chaque cri de l’homme ou de l’enfant,
Dans chaque plainte, dans toutes les voix
Qui gémissent ou maudissent, j’entends
Tinter les chaînes que l’esprit forgea.

Et le cri du ramoneur guenilleux
Qui fait trembler les obscures églises,
Et le soupir du soldat malheureux,
Aux murs du Palais, c’est du sang qui glisse.

Surtout, dans les rues de minuit, j’entends
Comment la jeune putain qui blasphème
Etouffe les pleurs de l’enfant naissant
Et souille le corbillard de l’hymen.

(William Blake)

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On ne badine pas avec l’amour ! (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: René Julien
    
On ne badine pas avec l’amour !

Tous les hommes sont menteurs,
Inconstants, faux, bavards,
Hypocrites, orgueilleux, lâches,
Méprisables et sensuels.

Toutes les femmes sont perfides,
Artificieuses, vaniteuses,
Curieuses et dépravées.

Le monde n’est qu’un égout sans fond
Où les phoques les plus informes
Rampent et se tordent
Sur des montagnes de fange.

Mais il y a au monde,
Une chose sainte et sublime :
C’est l’union de deux de ces êtres,
Si imparfaits et si laids…

On est souvent trompé en amour,
Souvent blessé
Et souvent malheureux.

Mais au bord de la tombe,
on se retourne
Pour regarder en arrière
Et on se dit :

« J’ai souffert souvent,
Je me suis trompé quelquefois
Mais j’ai aimé.
C’est moi qui ai vécu

Et non un être factice
Créé par mon orgueil et mon ennui. »

(Alfred de Musset)

 

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RECRUES (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

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RECRUES

Un baiser à la mère, un signe au frère
et un long brin de romarin à toi, grande rêveuse, mon amour !
et comme il convient: de la neige dans les champs,
du vin, de la lumière, des cithares
et que piaffe le cheval de l’autre côté de la haie…

Puis vous, compagnons: dans la belle chute de neige nocturne, en avant pour la danse,
enlacés et sautant au rythme de la cornemuse,
tandis qu’au clocher quelques coups secs retentissent et s’envolent sur le paysage,
sur ce paysage, sur cette maison
et sur cette fille que personne d’entre nous jamais ne verra plus!

Voilà qui est digne de nous! et montant en selle dans la rue silencieuse,
trotter étourdis, comme si cette nuit n’était qu’un souvenir,
le coq chantera, ça et là des fours luiront,
l’odeur du pain se lèvera… et dans les champs,
dans la poudroyante neige du Nord, au galop !

Ainsi nous quittons pères, mères, belles et douces amies ;
une chanson, les gars ! afin qu’un jour lorsque nous serons morts aux noms prononcés
notre mère souriante entre les larmes puisse dire :
Oh ! les malheureux
comme ils dansaient dans la neige, comme ils étaient gais !

(Gyula Illyès)

Illustration

 

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ON NE SAIT JAMAIS (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



 

ON NE SAIT JAMAIS

On ne sait jamais
Comment l’amour vient aux amants
Comment il fait ou il s’y prend
Pour nous tenir dans ses filets
Mais tout à coup c’est merveilleux
II y a des larmes pleins nos joies
Des caresses au bout de nos doigts
Et des rêves au fond de nos yeux.
On ne sait jamais
Mais pourquoi chercher à savoir
Nul n’a jamais eu ce pouvoir
On oublie tout quand l’amour naît
Plus rien ne peut nous retenir
Et fous d’amour et de désirs
On se dit :
 » Tant pis
Si l’on ne sait jamais.
On ne sait jamais  »

Quand on est pris par le bonheur
Si c’est l’esprit ou bien le coeur
Qui nous apporte ce bienfait
On a confiance en l’avenir
C’est à la vie comme à la mort
Et tant pis si l’on a eu tort
On met ça dans les souvenirs.
On ne sait jamais
Mais l’on se fiche éperdument
Du qui, du quoi ou du comment
On est heureux comme l’on est
Plus rien ne compte à notre vue
Que ce bonheur à coeur perdu
Qui nous dit
 » Tant pis
Si l’on ne sait jamais.  »

On ne sait jamais
L’amour fait de nous ce qu’il veut
On est heureux ou malheureux
Tout est parfait ou rien n’est vrai
Parfois il reprend d’une main
Ce que de l’autre il a donné
Mais quand tout semble s’écrouler
Lorsque l’on croit n’avoir plus rien.
On ne sait jamais
Nos yeux sont à peine séchés
Qu’un autre amour vient s’annoncer
Et tout est à recommencer
On est fébrile et haletant
A chaque fois comme à vingt ans
Nous faisons toujours d’autres folies
Au cours de notre vie
Tout ça parce qu’on ne sait jamais.

(Charles Aznavour)

Illustration

 

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BARBERINE (Wolfgang Amadeus Mozart)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



    

BARBERINE

Je l’ai perdue, quel malheur !
Qui sait où elle est?
Je ne la trouve pas,
que je suis malheureuse !
Ma cousine ?
Mon patron,
que va-t-il dire ?

***

BARBARINA

L’ho perduta, me meschina!
Ah chi sa dove sarà?
Non la trovo. L’ho perduta.
Meschinella!
E mia cugina? E il padron,
cosa dirà?

Explications: http://ambitrad.hypotheses.org/223

(Wolfgang Amadeus Mozart)

Recueil: Les Noces de Figaro

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UN FEU DISTINCT… (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

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UN FEU DISTINCT…

Un feu distinct m’habite, et je vois froidement
La violente vie illuminée entière…
Je ne puis plus aimer seulement qu’en dormant
Ses actes gracieux mélangés de lumière.

Mes jours viennent la nuit me rendre des regards,
Après le premier temps de sommeil malheureux;
Quand le malheur lui-même est dans le noir épars
Ils reviennent me vivre et me donner des yeux.

Que si leur joie éclate, un écho qui m’éveille
N’a rejeté qu’un mort sur ma rive de chair,
Et mon rire étranger suspend à mon oreille,

Comme à la vide conque un murmure de mer,
Le doute, — sur le bord d’une extrême merveille,
Si je suis, si je fus, si je dors ou je veille?

(Paul Valéry)

Illustration: Brad Kunkle

 

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LE CHARTIER EMBOURBÉ (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



 

LE CHARTIER EMBOURBÉ

Le Phaéton d’une voiture à foin
Vit son char embourbé. Le pauvre homme était loin
De tout humain secours. C’était à la campagne
Près d’un certain canton de la basse Bretagne
Appelé Quimpercorentin.
On sait assez que le destin
Adresse là les gens quand il veut qu’on enrage.
Dieu nous préserve du voyage !
Pour venir au Chartier embourbé dans ces lieux,
Le voilà qui déteste et jure de son mieux.
Pestant en sa fureur extrême
Tantôt contre les trous, puis contre ses chevaux,
Contre son char, contre lui-même.
Il invoque à la fin le Dieu dont les travaux
Sont si célèbres dans le monde :
Hercule, lui dit-il, aide-moi ; si ton dos
A porté la machine ronde,
Ton bras peut me tirer d’ici.
Sa prière étant faite, il entend dans la nue
Une voix qui lui parle ainsi :
Hercule veut qu’on se remue,
Puis il aide les gens. Regarde d’où provient
L’achoppement qui te retient.
Ote d’autour de chaque roue
Ce malheureux mortier, cette maudite boue
Qui jusqu’à l’essieu les enduit.
Prends ton pic et me romps ce caillou qui te nuit.
Comble-moi cette ornière. As-tu fait ? – Oui, dit l’homme.
– Or bien je vas t’aider, dit la voix : prends ton fouet.
– Je l’ai pris. Qu’est ceci ? mon char marche à souhait.
Hercule en soit loué. Lors la voix : Tu vois comme
Tes chevaux aisément se sont tirés de là.

Aide-toi, le Ciel t’aidera.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Il y a les bienheureux (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Il y a les bienheureux
et les bienmalheureux.

(Laurent Albarracin)

 

 

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DANS VOS YEUX (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



DANS VOS YEUX

Dans vos yeux
J’ai lu l’aveu de votre âme
En caractères de flamme
Et je m’en suis allé joyeux
Bornant alors mon espace
Au coin d’horizon qui passe
Dans vos yeux.

Dans vos yeux
J’ai vu s’amasser l’ivresse
Et d’une longue caresse
J’ai clos vos grands cils soyeux.
Mais cette ivresse fut brève
Et s’envola comme un rêve
De vos yeux.

Dans vos yeux
Profonds comme des abîmes
J’ai souvent cherché des rimes
Aux lacs bleus et spacieux
Et comme en leurs eaux sereines
J’ai souvent noyé mes peines
Dans vos yeux.

Dans vos yeux
J’ai vu rouler bien des larmes
Qui m’ont mis dans les alarmes
Et m’ont rendu malheureux.
J’ai vu la trace des songes
Et tous vos petits mensonges
Dans vos yeux.

Dans vos yeux
Je ne vois rien à cette heure
Hors que l’Amour est un leurre
Et qu’il n’est plus sous les cieux
D’amante qui soit fidèle
A sa promesse… éternelle
Dans vos yeux.

(Gaston Couté)

 

 

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Malheureuse d’enfance (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



Malheureuse d’enfance
la mémoire
Sa voix de source

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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