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Poésie

Posts Tagged ‘malin’

Agir et penser comme un chat (2) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats, les femmes et les grands criminels
ont ceci de commun,
ils représentent un idéal inaccessible
et une capacité à s’aimer soi-même
qui nous les rend attirants.

(Sigmund Freud)

Il n’y a pas de chat ordinaire.

(Sidonie-Gabrielle Colette)

A fréquenter les chats,
on ne risque que de s’enrichir.

(Sidonie-Gabrielle Colette)

Comme quiconque les a un tant soit peu fréquentés le sait bien,
les chats font preuve d’une patience infinie
envers les limites de l’esprit humain.

(Cleveland Amory)

Les chats savent très bien qui les aime
et qui ne les aime pas, mais s’en soucient trop peu
pour y remédier.

(Winifred Carrière)

Conquérir l’amitié d’un chat est chose difficile.
C’est une bête philosophique, rangée, tranquille, tenant à ses habitudes,
amie de l’ordre et de la propreté,
et qui ne place pas ses affections à l’étourdie:
il veut bien être votre ami,
si vous en êtes digne,
mais non pas votre esclave

(Théophile Gautier)

La différence entre un chien et un chat.

Le chien pense: ils me nourrissent,
ils me protègent,
ils doivent être des dieux.

Le chat pense: ils me nourrissent,
ils me protègent,
je dois être dieu.

(Ira Lewis)

Les chats sont malins
et conscients de l’être.

(Tomi Ungerer)

Les chiens ont des maîtres,
les chats ont des serviteurs.

(Dave Barry)

De tous les animaux,
seul le chat atteint
une vie contemplative.

(Andrew Lang)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Non jamais le vent ne dira (Muriel Carminati)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Marie Alloy
    
Non jamais le vent
ne dira tout ce qu’il sait
très malin le vent
faisant mine d’éventer
des secrets très bien gardés

(Muriel Carminati)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Cahiers de Poésie Verte
Traduction:
Editions: Friches

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Ô Soeur Marie ! (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Cornelis van Haarlem
    
Dans la forme agréable de la bouche, la fraise
solennise sa pourpre ; dans le subtil dessin
ovale du visage de la blanche abbesse
le front pur exprime l’ange et l’oeil noir le malin.

Sur sa figure mystérieuse, d’ivoire monacal,
fleurit la douce lueur d’un éclat intérieur,
qui allume ses joues d’une céleste roseur
à laquelle l’Enfer apporta sa touche fatale.

Ô Soeur Marie ! Ô Soeur Marie ! Ô Soeur Marie !
Le regard magique et la démarche d’altesse,
ne firent-ils pas un jour, dans une âme pécheresse,
éclore l’oeillet enflammé d’une ardeur impie ?

Et aux tréfonds de tes yeux, on croit lire des pensées
ambiguës, enduites de miel et de venin.
(Soeur Marie est morte condamnée au bûcher
deux abeilles s’envolèrent des roses de ses seins.)

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Donjons de Dieu! Poètes ! (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018




    
Donjons de Dieu! Poètes !
Paratonnerres célestes,
qui résistez aux plus violents des orages,
tels des crêtes muettes,
tels des cimes agrestes,
des éternités vous êtes le barrage !

Une Espérance magique le jour nous prédit
au cours duquel, sur le rocher d’harmonie
périra la sirène aux perfides atours.
Espérez donc, espérons donc toujours !

Espérez donc toujours.
L’élément bestial se divertit
dans la haine de la poésie
et les races s’offensent tour à tour.

L’insurrection d’en bas
s’étend aux Excellents.
Le cannibale convoite sa proie,
le rouge aux gencives et l’écume aux dents.

Donjons, mettez un sourire au pavillon.
Opposez aux craintes et aux manifestations malignes
d’une brise la superbe inspiration,
brise d’une tranquillité céleste et marine…

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Pierre à pierre (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

Giampaolo Ghisetti -  (6)

Pierre à pierre

Pierre à pierre et pied à pied
Et coeur à coeur et tête à tête
Les beaux jours sont passés

Fil à fil et feuille à feuille
Et un à un et seul à seul
Les jours sont beaux et ne passent pas

Grain à grain corps à corps
Et côte à côte et main à main
Bien malin qui gagnera la bataille

Pierre à grain et seule à un
Et main à coeur et tête à coeur
L’amour est vaste comme le monde.

(Robert Desnos)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Pour la belle Isabelle (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Pour la belle Isabelle

1
Pour la belle Isabelle
Et Jeanne et Suzon,
Pour Lucie pour Marcelle,
Que de beaux garçons
Perdirent leurs beaux jours,
Beaux jours, beaux amours,
Illusions vaines
Qui se chang’nt en peine.
Car chacun d’entre eux aurait pour chacune
Pris le soleil et décroché la lune
Pour teindre leur robe eût donné son sang
Peine perdue, soins épuisants.

Refrain
Malin celui-là qui pour plaire aux belles
Fait tout ce qu’il faut pour être aimé d’elles
Malin celui-là qui satisfait celles
Que mille choses ne satisfont.

2
Bien volontiers les femmes
Se font prendre au mot
Fou celui qui les blâme
Et souffre leurs maux
Tout ce qui brille est d’or
Et vienne la mort

3
Vive un mensonge
Si c’est un beau songe.
Celui dont l’amour est fort et sincère
Souvent maladroit, ne sait pas quoi faire
Pour être aimé en vain il s’évertue
Soins épuisants, peines perdues.
Celui-là s’évertue
À de grands travaux
Il s’épuise, il se tue.
Oui, mais ses rivaux
N’ont qu’à cligner des yeux
La belle est à eux
Battez campagne
Qui méprise gagne.
C’est jeu de dupes, et pourtant pour elles
C’est un jeu qui vaut toutes les chandelles
L’amour à son gré sait brouiller les cartes,
Verser du sel sur une tarte.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Malin Plaisir (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017


Sous la forme d’un papillon
Je vole, après mon dernier souffle,
Vers les lieux que j’ai tant aimés,
Ces témoins de plaisirs célestes:
Sur les prairies, au bord des sources,
Autour d’un coteau, par le bois.

J’épie un couple d’amants tendres;
J’abaisse, du front de la belle,
Des fleurs qui l’ornent, mes regards;
Tout ce que la mort m’a ravi,
Là, je le revois en image
Et suis heureux comme je fus.

Muette, elle sourit, l’enlace;
Sa bouche à lui savoure l’heure
Que lui envoient des dieux propices,
S’ébat du sein jusqu’à la bouche,
De la bouche jusques aux mains,
Et je m’ébats autour de lui.

Elle me voit – ce papillon …
Tremblant de désir de l’aimé,
Elle fait un bond; je m’envole.
« Chéri, viens! Nous l’attraperons!
Viens donc! J’aimerais tant l’avoir,
Tant, ce petit rien diapré ».

***

Schadenfreude

In des Papillons Gestalt
Flattr’ ich, nach den letzten Zügen,
Zu den vielgeliebten Stellen,
Zeugen himmlischer Vergnügen,
Ober Wiesen, an die Quellen,
Um den Hügel, durch den Wald.

Ich belausch’ ein zärtlich Paar.
Von des schönen Mädchens Haupte
Aus den Kränzen schau’ ich nieder;
Alles, was der Tod mir raubte,
Seh’ ich hier im Bilde wieder,
Bin so glücklich, wie ich war.

Sie umarmt ihn lächelnd stumm,
Und sein Mund genießt der Stunde,
Die ihm güt’ge Götter senden,
Hüpft vom Busen zu dem Munde,
Von dem Munde zu den Händen,
Und ich hüpf’ um ihn herum.

Und sie sieht mich Schmetterling.
Zitternd vor des Freunds Verlangen
Springt sie auf, da flieg’ ich ferne.
« Liebster, komm’, ihn einzufangen!
Komm’ ich hätt’ es gar zu gerne,
Gern das kleine bunte Ding. »

(Goethe)

Illustration

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2e retouche au cloître (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




    
2e retouche au cloître

l’ange joue du silence à cent colonnes
pour le jet d’eau serpent dompté

les fleurs au ras des buis ne sont que braises
sous les pieds du Malin

le ciel est ivre ici de l’odeur de la terre

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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J’étais mort (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
J’étais mort, je devins vivant; j’étais en pleurs, je devins rires
Le règne de l’amour est venu, et mon règne devint durable (…)

Il me dit : tu n’es pas fou, tu n’es pas digne de cette maison !
Je partis, je devins fou, je me chargeai de chaînes

Il me dit : tu n’es pas ivre, va-t-en, tu ne fais pas partie de la bande !
Je partis, je devins ivre et rempli d’allégresse

Il me dit : tu n’es pas mort, cela ne cadre pas avec l’allégresse !
Devant sa face de résurrection, je devins mort, renversé

Il me dit : tu es un petit malin, plein d’illusions et de doutes
Je devins bête, hébété, de tout je me suis détaché

Il me dit : tu es bougie, devenu pôle de cette assemblée
Je ne suis ni assemblée, ni bougie, je devins fumée dispersée

Il me dit : tu es maître et seigneur, tu es chef de file et guide
Je ne suis ni maître ni chef, je ne suis que ton serviteur (…)

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Amoureuses (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Elles ont les épaules hautes
Et l’air malin
Ou bien des mines qui déroutent
La confiance est dans la poitrine
À la hauteur où l’aube de leurs seins se lève
Pour dévêtir la nuit

Des yeux à casser les cailloux
Des sourires à y penser
Pour chaque rêve
Des rafales de cris de neige
Des lacs de nudité
Et des ombres déracinées.

Il faut les croire sur baiser
Et sur parole et sur regard
Et ne baiser que leurs baisers.

Je ne montre que ton visage
Les grands orages de ta gorge
Tout ce que je connais et tout ce que j’ignore
Mon amour ton amour ton amour ton amour.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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