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Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

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BLUES EN STEREO (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



neige télé

 

BLUES EN STÉRÉO

TON NUMÉRO VA SORTIR!

JE T’ENVERRAI DES GERBES
ET JE T’ENVERRAI DES RÊVES
ET DES CHEVAUX AUX SABOTS D’OR
POUR TE TRANSPORTER SI LES AUTOS
SONT CHOSES TROP BANALES…

JE T’ENVERRAI UNE TRIOMPHANTE ENTRÉE
AVEC DES CRIS POUSSES PAR LA TERRE ELLE-MÊME
LES PIEDS NUS QUI BATTRONT LA GRANDE GÉNÉRALE
À LA GLOIRE DE TON NOM ET DU MIEN
UN SEUL NOM ET LE MÊME,
TOI AUSSI NU-PIEDS
DANS LE QUARTIER DES NOIRS
OÙ COULE UN ANTIQUE FLEUVE
DEVANT LES CASES QUI ABRITENT UN MILLION DE NÈGRES
ET LE DIEU BLANC NE S’Y REND JAMAIS
CAR LA LUNE LE RENDRAIT PLUS BLANC
QUE LA BLANCHEUR DE SON PROPRE MASQUE
ET STUPÉFAITE
LA NUIT PERDRAIT SA QUIÉTUDE.

DANS UNE VILLE QUI PORTE LE NOM DE STANLEY
LA NUIT CHAQUE NUIT QUI VIENT NUITAMMENT
ET LA MUSIQUE DE L’ANCIENNE MUSIQUE
EST EMPRUNTÉE POUR LES CORS
QUI NE SAVENT PAS JOUER
SUR DES MICROSILLONS QUI SE DEMANDENT
COMMENT ILS ONT JAMAIS PU VENIR JUSQUE-LÀ

QUELLE HEURE EST-IL MAMAN ?
QUELLE HEURE EST-IL MAINTENANT ?
CA M’EST ÉGAL…
MIS JE DEMANDE QUAND MÊME
QUELLE HEURE EST-IL MAMAN ?
QUELLE HEURE EST-IL MAINTENANT ?

LÀ-BAS TOUT AU BOUT DU LONG SILLON DUR QUE JE BÊCHE

J’AI CRU ENTENDRE RETENTIR LA CORNE D’ABONDANCE
MAIS, SEIGNEUR!, IL FAUT QUE JE ME PROCURE UNE NOUVELLE ANTENNE.
IL NEIGE SANS ARRÊT DANS MON TÉLÉVISEUR.

***

YOUR NUMBER’S COMING OUT!

BOUQUETS I’LL SEND YOU
AND DREAMS I’LL SEND YOU
AND HORSES SHOD WITH GOLD
ON WHICH TO RIDE IF MOTORCARS
WOULD BE TOO TAME –
TRIUMPHAL ENTRY SEND YOU
SHOUTS FROM THE EARTH ITSELF
BARE FEET TO BEAT THE GREAT DRUMBEAT
OF GLORY TO YOUR NAME AND MINE
ONE AND THE SAME:
YOU BAREFOOT, TOO,
IN THE QUARTER OF THE NEGROES
WHERE AN ANCIENT RIVER FLOWS
PAST HUTS THAT HOUSE A MILLION BLACKS
AND THE WHITE GOD NEVER GOES
FOR THE MOON WOULD WHITE HIS WHITENESS
BEYOND ITS MASK OF WHITENESS

AND THE NIGHT MIGHT BE ASTONISHED
AND SO LOSE. ITS REPOSE.

IN A TOWN NAMED AFTER STANLEY
NIGHT EACH NIGHT COMES NIGHTLY
AND THE MUSIC OF OLD MUSIC’S
BORROWED FOR THE HORNS
THAT DON’T KNOW HOW TO PLAY
ON LPs THAT WONDER
HOW THEY EVER GOT THAT WAY.

WHAT TIME IS IT, ,MAMA?
WHAT TIME IS IT NOW?
MAKES NO DIFFERENCE TO ME—
BUT I’M ASKING ANYHOW.
WHAT TIME IS IT, MAMA?
WHAT TIME NOW?

DOWN THE LONG HARD ROW’ THAT I BEEN HOEING
I THOUGHT I HEARD THE HORN OF PLENTY BLOWING.
BUT I GOT TO GET A NEW ANTENNA, LORD—
MY TV KEEPS ON SNOWING.

(Langston Hughes)

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Le Grand Dodo (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019


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Le néant, je veux l’appeler
la néante, un mot qui me plaît:
j’y vois une maman géante
(j’ai failli dire une mamante)
qui parmi les étoiles d’or
bercera doucement ma moert.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Les après-midi d’automne (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Les après-midi d’automne

Oh! les après-midi solitaires d’automne!
Il neige à tout jamais. On tousse. On n’a personne.
Un piano voisin joue un air monotone;
Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.

Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort.
Seul, sans amour, sans gloire! et la peur de la mort!
Et la peur de la vie, aussi! Suis-je assez fort?
Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.

Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l’idole,
Celle qui, toujours prête, ici-bas nous console!…
Maman! Maman! oh! comme à présent, loin de tous,

Je mettrais follement mon front dans ses genoux,
Et je resterais là, sans dire une parole,
À pleurer jusqu’au soir, tant ce serait trop doux.

(Jules Laforgue)


Illustration

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Maison de Retraite (Françoise Valencien)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



Maison de Retraite

la maman qui part pour sa Maison de Retraite,
mais refuse d’abandonner d’innombrables objets:
« La mort est déjà acceptée mais pas ces mille agonies… »

(Françoise Valencien)

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Quel enfant toi! (Ying Chen)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



 

Quel enfant toi!
Je soupire, et il dit
Mais quelle maman!

(Ying Chen)

 

 

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L’oreiller d’un enfant (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



 

Aron Wiesenfeld   Immigrant

L’oreiller d’un enfant

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir …

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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Ménilmontant (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



 

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Ménilmontant

Ménilmontant mais oui madame
C´est là que j´ai laissé mon cœur
C´est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur…
Quand je revois ma petite église
Où les mariages allaient gaiement
Quand je revois ma vieille maison grise
Où même la brise
Parle d´antan
Elles me racontent
Comme autrefois
De jolis contes
Beaux jours passés je vous revois
Un rendez-vous
Une musique
Des yeux rêveurs tout un roman
Tout un roman d´amour poétique et pathétique
Ménilmontant!

Quand midi sonne
La vie s´éveille à nouveau
Tout résonne
De mille échos
La midinette fait sa dînette au bistro
La pipelette
Lit ses journaux
Voici la grille verte
Voici la porte ouverte
Qui grince un peu pour dire « Bonjour bonjour
Alors te v´là de retour? »

Ménilmontant mais oui madame
C´est là que j´ai laissé mon cœur
C´est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur…
Quand je revois ma petite gare
Où chaque train passait joyeux
J´entends encor dans le tintamarre
Des mots bizarres
Des mots d´adieux
Je suis pas poète
Mais je suis ému,
Et dans ma tête
Y a des souvenirs jamais perdus
Un soir d´hiver
Une musique
Des yeux très doux les tiens maman
Quel beau roman d´amour poétique
Et pathétique
Ménilmontant!

(Charles Trenet)

 

 

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Ma famille est formidable! (Claire Poutiers)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019


comics

Ma famille est formidable:
Quand Maman quitte la table,
Elle s’envole dans les airs
Pour faire la course aux éclairs!

Ma famille est formidable:
Papa a l’air d’un comptable,
Mais c’est un super-héros
Avec des chaussures turbo!

Ma famille est formidable:
Mon grand frère est imbattable;
II arrive, rien qu’en sifflant,
A renverser quinze éléphants!

Ma famille est formidable:
Mon grand-père a des érables
Qu’il soulève d’un orteil
Pour se curer les oreilles!

Ma famille est formidable!
Et si vous m’appelez « minable »
Prenez bien garde à vos dents
Si ma famille vous entend!

(Claire Poutiers)

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LES REQUÊTES DES ENFANTS (Bertolt Brecht)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019



Illustration: Mai Thu
    
LES REQUÊTES DES ENFANTS

Les maisons ne doivent pas brûler.
On ne doit pas connaître les lanceurs de bombes.
La nuit est faite pour dormir.
La vie ne doit pas être une punition.
Les mamans ne doivent pas pleurer.
Personne ne doit tuer un autre.
Tout le monde devrait construire quelque chose.
Là on peut avoir confiance en chacun.
Les plus jeunes devraient pouvoir l’accomplir.
Les plus vieux aussi.

***

DIE BITTEN DER KINDER

Die Häuser sollen nicht brennen.
Bomber sollt man nicht kennen.
Die Nacht soll für den Schlaf sein.
Leben soll keine Strafe sein.
Die Mütter sollen nicht weinen.
Keiner sollt töten einen.
Alle sollen was bauen.
Da kann man allen trauen.
Die Jungen sollen’ s erreichen.
Die Alten desgleichen.

***

DE SMEEKBEDEN VAN DE KINDEREN

De huizen dienen niet te branden.
Bommenwerpers dient men niet te kennen.
De nacht dient voor de slaap te zijn.
Het leven dient geen straf te zijn.
De moeders dienen niet te huilen.
Niemand dient een ander te doden.
Iedereen zou iets moeten opbouwen.
Dáár kan men eenieder vertrouwen.
De jongeren zouden het moeten waarmaken.
De ouderen ook.

***

LE PREGHIERE DEI BAMBINI

Non brucino più interi quartieri.
Non si vedano più bombardieri.
La notte sia per dormire.
Si cancelli la parola punire.
Le madri non debbano piangere.
Nessuno più debba ammazzare.
Che ognuno possa qualcosa creare.
Che di tutti ci si possa fidare.
Che i giovani ottengano tutto questo,
e anche i vecchi … ma presto.

***

LOS RUEGOS DE LOS NIÑOS

Las casas no deberían arder.
Ni deberían conocer los bombarderos.
La noche debería ser para dormir.
La vida no debería ser un castigo.
Las madres no deberían llorar.
Nadie debería matar a otro.
Todos deberían construir algo.
Ahí se puede confiar en todos.
Los jóvenes tendrían que lograrlo.
Los ancianos igualmente.

***

RUGĂMINȚILE COPIILOR

Casele să nu ardă.
Bombardiere neștiute să fie.
Noaptea să rămână a somnului.
Viața să nu fie pedeapsă.
Mamele să nu plângă.
Nimeni să nu mai ucidă.
Toți să construiască ceva.
Să te poți încrede-n oricine.
Cei tineri acolo s-ajungă.
Cei vârstnici la fel.

***

THE PLEAS OF THE CHILDREN

Houses should not burn.
Bombers should not be known.
Night should be for sleep.
Life should not be a punishment.
Mothers should not cry.
None should kill anyone.
Everyone should build something
There one could trust everyone.
The young should achieve it.
The old as well.

***

ΕΚΛΗΣΕΙΣ ΤΩΝ ΠΑΙΔΙΩΝ

Να μην πυρπολούνται τα σπίτια
να μην γνωρίζει κανείς τα βομβαρδιστικά
η νύχτα να `ναι για τον ύπνο
να μην είναι τιμωρία η ζωή
οι μάνες να μην κλαίνε
κανείς να μην σκοτώνει κανένα
ο καθένας να χτίζει κάτι
εκεί που εμπιστεύεται ο ένας τον άλλο.
Οι νέοι να το καταφέρουν
κι οι γέροι επίσης.

***

ДЕТСКИЕ ПРОСЬБЫ

Пусть бомбам не летать над нами.
И пусть дома не тронет пламя.
Пусть ночь останется для сна нам.
Жизнь не на бедствие дана нам.
Пусть не плачут ни матери, ни дети.
Пусть никто никого не убивает на свете.
Все должны созидать, создавать.
Тогда можно будет всем доверять.
Мир такой создать – мечта молодежи.
И мечта стариков тоже.

***

ما كان يجب أنْ تشتعلَ البيوتُ.
ولا أنْ تعرفَ القَصْفَ
الليلُ كان يجبُ أن يكونَ لأجل هجعة النَّو م
والحياة ما كان يجبُ أن تصيرَ عقابا
الأمهاتُ ما كان يجبُ أن ينتحبوا.
لا أحد كان يجبُ أن يقتُلَ أحداً.
الجميعُ كان يجبُ أن يبني شيئاً.
هكذا نستطيعُ أن نثق في الجميع.
تلك الغاية يجبُ أن يبلغها الشبابُ
والشيوخُ أيضا سيبلغونَها.

***

ДЕЧЈЕ МОЛБЕ

уће не би требало да горе.
Бомбардери не би требали знати.
Ноћ би требала бити за спавање.
Живот не би требао бити казна.
Мајке не би требале плакати.
Нико не би требао убити некога.
Сви би требали нешто изградити
Тамо један може веровати свима.
Млади би то требали постићи.
И стари.

(Bertolt Brecht)

 

Recueil: ITHACA 571
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Anglais Stanley Barkan / Grec Manolis Aligizakis / Russe Vyacheslav Kupriyanov / Arabe Khaled Al – Risouni / Serbe Milutin Djurickovic /
Editions: POINT

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