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Posts Tagged ‘mamelle’

LA GLYCINE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



LA GLYCINE

La glycine aux mamelles gonflées,
ployée sous son poids de parfum,
s’appuie au mur de la cabane
et son lait se répand,
coule mauve à déborder des yeux,
coule chaud sur les langues
jusqu’au fond des gorges affamées…
Au sol de toutes parts les corolles dressées,
bouches ouvertes, crient
dans les buissons d’abeilles soûles.

(Christiane Barrillon)

 

 

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L’IMAGE (György Rába)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017




L’IMAGE

Et puis les mamelles des voûtes
aspirer le désir saisi
et dans la paume pris

Couteau des clochers
les muscles-moules du corps étranger
s’ouvrent se déploient

Frontispices
flânerie contre la pesanteur
la joie d’oasis intérieures

Et la lumière la lumière

(György Rába)

 

 

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Au bord de l’eau (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Au bord de l’eau

Des grenouilles faisaient un grand charivari ;
Une caille très loin jetait son double cri,
Et, comme préludant à quelque sérénade,
Des oiseaux réveillés commençaient leurs chansons.
Le vent me paraissait chargé d’amours lointaines,
Alourdi de baisers, plein des chaudes haleines
Que l’on entend venir avec de longs frissons,
Et qui passent roulant des ardeurs d’incendies.
Un rut puissant tombait des brises attiédies.
Et je pensai : « Combien, sous le ciel infini,
Par cette douce nuit d’été, combien nous sommes
Qu’une angoisse soulève et que l’instinct unit
Parmi les animaux comme parmi les hommes. »
Et moi j’aurais voulu, seul, être tous ceux-là !

Je pris et je baisai ses doigts ; elle trembla.
Ses mains fraîches sentaient une odeur de lavande
Et de thym, dont son linge était tout embaumé.
Sous ma bouche ses seins avaient un goût d’amande
Comme un laurier sauvage ou le lait parfumé
Qu’on boit dans la montagne aux mamelles des chèvres.
Elle se débattait ; mais je trouvai ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l’immobilité.
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse,
Haletait fortement avec de longs sanglots ;
Sa joue était brûlante et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, nos sens, nos soupirs se mêlèrent.
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d’amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l’ombre effarés s’envolèrent.

(Guy de Maupassant)

 Illustration: Dimitra Milan   

 

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LA NUIT BELLE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2016



 

LA NUIT BELLE

Quel chant cette nuit s’élève
qui tisse
de l’écho cristal du coeur
les étoiles

Quelle fête de source
d’un coeur nuptial

J’ai été
une flaque de ténèbres

A cette heure je mords
l’espace
comme un enfant la mamelle

A cette heure je suis saoul
d’univers

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Renaud Baltzinger

 

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La voiture de fleurs (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



La voiture de fleurs

I
L’ivresse des jasmins, la tendresse des roses,
Ces robes, ces figures, ces yeux, toutes les nuances,
Les violettes pâles et les pivoines roses
Où l’amour se pâme avec indolence :

Ainsi s’en va, traîné le long des rues,
Le songe de mes anciens printemps,
Cependant qu’une femme a rougi d’être nue
Dans la foule indiscrète des amants.

Pourquoi ? Tu as senti l’odeur de mon désir ?
Tu as senti la fraîcheur amoureuse des nuées
Tomber sur tes épaules, et le plaisir
Souffler du vent dans tes cheveux dénoués ?

Je ne te voyais pas. Je regardais les femmes et les fleurs
Comme on regarde des étoffes ou des images :
Je me souviens alors de toutes les couleurs
Qui enchantaient mes premiers paysages.

Ces belles fleurs m’apportent des campagnes et des jardins,
Dans leurs aisselles et parmi les plis frais de leurs feuilles,
Je reconnais le goût des filles des chemins,
Du sureau, de la sauge, du tendre chèvre-feuille ;

Je promène mon rêve autour de tes rosiers
Et de tes pavots, parc aux antiques sourires ;
Puis je me glisse à travers la houle de vos halliers,
Bois où mon cœur avec joie se déchire.

II
Je me souviens des bois et des jardins,

Des arbres et des fontaines,
Des champs, des prés et aussi des chemins

Aux figures incertaines.

Ce vieux bois qui, dans sa verte douceur,

Aimait mon adolescence,
II a toujours l’adorable fraîcheur

Et la chair de l’innocence.

Il a toujours le chant de son ruisseau,

Et les plumes de ses mésanges
Et de ses geais et de ses poules d’eau,

Et le rire de ses anges

Car on entend souvent au fond des bois

Des souffles, des voix frileuses,
Et l’on ne sait si ce sont des hautbois

Ou l’émoi des amoureuses.

Il a toujours les feuilles de ses aulnes

Dont les troncs sont des serpents ;
Il a toujours ses genêts aux yeux jaunes

Et ses houx aux fruits sanglants,

Ses coudriers aimés des écureuils,

Ses hêtres, qui sont des charmes,
Ses joncs, le cri menu de ses bouvreuils,

Ses cerisiers pleins de larmes ;

Ses grands iris, dans leur gaîne de lin,

Qu’on appelle aussi des flambes,
Ses liserons, désir rose et câlin,

Qui grimpe le long des jambes :

Liserons blancs, aussi liserons bleus,

Liserons qui sont des lèvres,
Et liserons qui nous semblent des yeux

Doux de filles ou de chèvres ;

Beaux parasols semés d’insectes verts,

Angéliques et ciguës ;
Vous qui montrez à nu vos cœurs amers

Belladones ambiguës ;

Blonds champignons tapis sous les broussailles,

Oreilles couleur de chair,
Morilles d’or, bolets couleur de paille,

Mamelles couleur de lait !

Il a toujours tout ce qui fait qu’un bois

Est un lit et un asile,
Un confident aimable à nos émois,

Une idée et une idylle.

*

Mais un désir me ramène au jardin :

Je retrouve ses allées,
Ses bancs verdis, ses bordures de thym,

Ses corbeilles dépeuplées.

Voici ses ifs, ses jasmins, ses lauriers,

Ses myrtes un peu moroses,
Et voici les rubis de ses mûriers

Et ses guirlandes de roses.

Je viens m’asseoir à l’ombre du tilleul,

Dans la rumeur des abeilles,
Et je retrouve, en méditant, l’orgueil,

O sourire, et tes merveilles.

Sur ce vieux banc, je retrouve l’espoir

Et la tendresse des aubes :
Je veux, ayant vécu de l’aube au soir,

Vivre aussi du soir à l’aube.

Le présent rit à l’abri du passé

Et lui emprunte ses songes :
Le renouveau d’octobre a des pensées

Douces comme des mensonges.

O vieux jardin, je vous referai tel

Qu’en vos nobles jours de grâce ;
J’effacerai tous les signes de gel

Qui meurtrissaient votre face.

III

Voilà toutes les fleurs, qui passaient dans les rues,
En ce matin équivoque de mai.
Viens, leurs demeures me sont connues :
Nous les retrouverons aux jardins du passé.

Viens respirer l’odeur jeune de la vieille terre,
Du bois et du grand parc abandonné aux oiseaux.
Viens, nous ferons jaillir de son cœur solitaire
Des moissons de fruits et de rêves tendres et nouveaux.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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