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Poésie

Posts Tagged ‘mamelon’

À GYRINNO (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
À GYRINNO

Ne crois pas que je t’aie aimée.
Je t’ai mangée comme une figue mûre,
je t’ai bue comme une eau ardente,
je t’ai portée autour de moi comme une ceinture de peau.

Je me suis amusée de ton corps,
parce que tu as les cheveux courts,
les seins en pointe sur ton corps maigre,
et les mamelons noirs comme deux petites dattes.

Comme il faut de l’eau et des fruits,
une femme aussi est nécessaire,
mais déjà je ne sais plus ton nom,
toi qui as passé dans mes bras comme l’ombre d’une autre adorée.

Entre ta chair et la mienne, un rêve brûlant m’a possédée.
Je te serrais sur moi comme sur une blessure et je criais :
Mnasidika! Mnasidika! Mnasidika!

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE VIEILLARD ET LES NYMPHES (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration: Palma le Vieux
    
LE VIEILLARD ET LES NYMPHES

Un vieillard aveugle habite la montagne.
Pour avoir regardé les nymphes, ses yeux sont morts, voilà longtemps.
Et depuis, son bonheur est un souvenir lointain

« Oui, je les ai vues, m’a-t-il dit : Helopsychria, Limnanthis ;
elles étaient debout, près du bord, dans l’étang vert de Physos.
L’eau brillait plus haut que leurs genoux.

« Leurs nuques se penchaient sous les cheveux longs.
Leurs ongles étaient minces comme des ailes de cigales.
Leurs mamelons étaient creux comme des calices de jacinthes.

« Elles promenaient leurs doigts sur l’eau
et tiraient de la vase invisible les nénufars à longue tige.
Autour de leurs cuisses séparées, des cercles lents s’élargissaient… »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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ART DE LA GUERRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



ART DE LA GUERRE

A la fenêtre une rose a les couleurs
d’un jeune mamelon de blonde
une taupe marche sous terre.
Paix dit-on au chien
à l’existence brève.
L’air reste ensoleillé.
De jeunes hommes
apprennent à faire la guerre
pour racheter leur dit-on tout un monde
mais le livre de la théorie
leur reste illisible.

(Jean Follain)

Illustration: Vladimir Kush

 

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C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Omar Ortiz    
    
C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT

C’était le soir. Tombant du ciel d’été.
De fous désirs, ardents comme une flamme,
Intimement m’ont visité.
Ma peau touchait ta peau de femme.
Toute ma vie, alors, pulsait
Sur le petit espace
Où ta peau, soudain, à ma peau se fiançait.

Je le sais à présent, c’est toi qu’il me fallait,
Que je cherchais, lorsque ma raison fit surface.
Vous, lointains inhumains,
Ô vous ! petites fleurs à la fine corolle,
— Aux fins dessins,
Entendez-vous de son doux giron la parole ?
Elle est pour moi trop lourde assurément :
La totalité de la femme!
Telle une abeille bourdonnant,
Dès lors, de tout mon coeur bruissant,
Lanceur de comètes, je clame:

Que sont auprès de toi le vignoble au soleil,
Le céleste animal au pelage d’aurore
Empli de fraîcheur dès l’éveil
Ou bien encore
Le bercement matinal des buissons
Sur les coteaux intacts aux tendres mamelons !
Des baisers de la femme
Bouillonne sous ta peau
Toute la gamme.
Souvent j’ai peur, car nous formons un écheveau
Inextricable ! Et s’il me reste quelques fibres
Qui semblent libres,
Tu t’en saisis. Ô combien nous nous désirons !
Mais si c’est même amour que tous deux respirons,
Je le vis tel un roc dessous lequel j’enrage
Et toi comme un coussin plus léger que nuage.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Rondeur de la colline (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



Illustration: Edgar Degas
    
Rondeur de la colline
— un instant de repos
Des remous telluriques —,
Mamelon du Désir
Qu’effleurent les rayons
Du couchant, bientôt mués

En brume de long regret.

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Mon très cher petit Lou je t’aime (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Klimt ; Nu de jeune fille, couché sur le côté gauche, 1914-1915

 

Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

(Guillaume Apollinaire)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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Miroir vermoulu (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Ce mur que tu ne traverses
est un miroir vermoulu
il suffit d’une pression
de tes mamelons dressés
pour qu’il s’écroule

(Abdellatif Laâbi)

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Encore une vraie fois (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2015


modigliani1

Etrange! ô je suis encore une vraie fois
Contre ton sein ton globe mystique au parfum
Plus suave que la rondeur du printemps
Et que la mort rosée chargée de veines,
Ton mamelon de femme des vallées
Mon Hélène! et je vois gonfler dans tes cheveux
La rose magnifique et pourpre de ce monde
Dans la touffe effrayante et des tresses d’enfance
Le merveilleux sentier en gloire et en fumée
La fente de la vie la rose de la langue

(Pierre-Jean Jouve)

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AU NET (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2015



AU NET

Dans l’ombre de la montagne
sous les sapins foudroyés
ce mamelon d’aiguilles roses
grouille du lent tourbillon
des fourmis-hiéroglyphes
qui entrelacent et brouillent
un dessin dicté.

(Jean Mambrino)

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Par-delà les montagnes, par-delà les forêts (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2015



Par-delà les montagnes, par-delà les forêts,
Par-delà les chemins poussiéreux,
Par-delà les mamelons funéraires,
Tu fleuris sous d’autres cieux.

Et quand la montagne blanchira,
La vallée s’habillera de verdure printanière,
Je me souviendrai avec une tristesse accrue
De mon passé, comme s’il était d’hier.

Dans mes rêves tristes, je te reconnaîtrai,
Et je serrerai dans mes mains
Ta douce main porteuse de miracles,
Et je répéterai ton nom lointain.

(Alexandre Blok)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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