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Poésie

Posts Tagged ‘manche’

Deux feuilles d’automne (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Deux feuilles d’automne
Se sont cachées
Dans la manche de ma chemise
Sur la corde à linge

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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Je parle (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration    
    
Je parle

Je parle
non je nage dans le sang
non je marche sur les toits
non je siffle dans la mer
non je joue de la raison
c’est la neige qui m’enroule
c’est la glace qui me griffe
des lueurs et des lumières
non je souffle sur mes manches
tant de craie qui nous salit
tant de bleu qui m’envahit
non je dors dans la prairie
non je branche des rêves
non je parle
devant des têtes qui s’alignent
devant du sable qui m’écoute
qui me file entre les doigts
des galets qui ont compris
des filets qui s’en balancent
devant la mer qui me regarde
oui je parle
je souffle du vent je siffle du chant
six étoiles qui sommeillent
j’ouvre ma cosse adieu les graines
c’est l’heure
rangez vos livres.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Un couteau sans lame (Georg-Christoph Lichtenberg)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Un couteau sans lame,
auquel manque le manche.

(Georg-Christoph Lichtenberg)

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Les gâteaux (Kikaku)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018


 

Cuits à la vapeur
les gâteaux tout joyeux
il met dans sa manche

(Kikaku)

 

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Le même chemisier de soie (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018




    
Le même chemisier de soie
Noir

Je le porte aux mêmes occasions
Heureuses
Et malheureuses

De lui-même, il change d’odeur.

Le même chemisier de soie
Noir
Chemisier des mêmes occasions
Heureuses
Et malheureuses
Je l’ai esquinté, en changeant ses boutons
En ajustant sa longueur
En coupant ses manches
Et en l’aspergeant de parfum et d’encens.

Il me semble que ce chemisier de soie noir
A cessé
De palpiter.
D’oxygène.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

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La pluie du printemps (Ono no Komachi)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



 

Abraxsis Der Jen n005

La pluie du printemps
Tombe d’abondance dans les marais
Sans aucun bruit.
Ainsi ne sont connues de mon aimé
Les larmes dont j’inonde ma manche.

(Ono no Komachi)

Illustration: Abraxsis Der Jen

 

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LE VIN LE PAVILLON DE PORCELAINE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




Illustration: Maison chinoise à Berlin
    
LE VIN
LE PAVILLON DE PORCELAINE
Li-Taï-Pé
 
Au milieu du petit lac artificiel, s’élève un pavillon de porcelaine verte et blanche ;
on y arrive par un pont de jade, qui se voûte comme le dos d’un tigre.
Dans ce pavillon, quelques amis, vêtus de robes claires, boivent ensemble des tasses de vin tiède.
Ils causent gaiement, ou tracent des vers, en repoussant leurs chapeaux en arrière, en relevant un peu leurs manches,
Et, dans le lac, où le petit pont, renversé, semble un croissant de jade,
quelques amis, vêtus de robes claires, boivent, la tête en bas dans un pavillon de porcelaine.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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« NE M’OUBLIEZ PAS » (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

« NE M’OUBLIEZ PAS »
J. Shuin-Ling

Ces fleurs délicatement bleues, l’an dernier,
Elle-même les attacha au cordonnet de soie qui boutonne ma robe ;

Et elle me dit : « Souvenez-vous du nom de cette fleur, nous l’appelons : Ne m’oubliez pas.
« Il y a un secret entre nous deux, gardons-le bien et n’oublions ni l’un ni l’autre. »

Les Ne m’oubliez pas, cette année,
Refleurissent, aussi charmants que la saison dernière.

Où est celle qui m’a donné ces fleurs ?…
Le parfum léger, dont ma manche est imprégnée,
c’est tout ce qu’il me reste, à présent !..

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Pas l’ombre de rien en vue (Teika)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018


Arrêtant mon cheval
Je secoue mes manches.
Pas l’ombre de rien en vue
C’est un soir de neige,
Aux environs de Sano.

(Teika)


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Le possible (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
Le possible п’est qu’une province de l’impossible,
une zone réservée
pour que l’infini
s’exerce à être fini.

Pourtant,
chaque exercice ou expérience
de l’infini dans le fini,
de l’impossible dans le possible,
découvre derrière un creux
et tôt ou tard se retourne,
se met à l’envers,
comme le manche ou le revers d’un habit mal coupé.

Vivre n’est possible que pour un instant
et mourir aussi n’est possible qu’un instant.
Mais dans le fond vivre est impossible
de même que mourir.

De même que penser ou aimer.

Ne demeure dès lors
qu’une voie praticable :
que l’infini s’exerce directement dans l’infini,
que l’impossible s’exerce immédiatement dans l’impossible.
Et que les habits se portent à l’envers dès le début,
que la rose transfère son parfum à la pensée,
que l’amour troque pour des roses ses mains farouches
et que la mort grimpe au mât de cocagne
et de là-haut annonce rudement
que tout ceci a été un essai maladroit
et que pauvre nouvelle maintenant commence
avec un seul personnage et plusieurs titres.
Premièrement : Le possible est copie de l’impossible.
Deuxièmement : L’impossible n’est égal qu’à lui-même.
Troisièmement : Le possible cesse de l’être.

Et que, dans l’orbite de l’être,
à l’instar de la juridiction du non-être,
soient abolies pour toujours
les zones réservées
et leurs exercices furtifs.
Alors la pièce pourra peut-être
porter un titre unique :
Seul est possible l’impossible.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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