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Posts Tagged ‘mandarine’

LES CARACTÈRES ÉTERNELS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration: Hokusaï
    
LES CARACTÈRES ÉTERNELS
Li-Taï-Pé

Tout en faisant des vers,
je regarde, de ma fenêtre, les balancements des bambous ;

on dirait de l’eau qui s’agite et les feuilles en frôlant leurs épines,
imitent le bruit des cascades.

Je laisse tomber des caractères, sur le papier ;

de loin, on pourrait croire que des fleurs de prunier
tombent à l’envers dans de la neige.

La charmante fraîcheur des oranges mandarines, se fane,
lorsqu’une femme les porte, trop longtemps, dans la gaze de sa manche ;

de même la gelée blanche, s’évanouit au soleil ;

Mais les caractères, que je laisse tomber sur le papier,
ne s’effaceront jamais.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Une masse parfumée de fruits (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
une masse parfumée de fruits distinctement regroupés.

Une semaine que je n’ai pas mangé de poivrons.

Dans cette rue les maisons parlent d’abondance
(il est six heures passées de neuf minutes)

le rugissement immaculé en boucle du Métro replet
se redresse, dans une distance plus nette …

Un nouvel arc d’enfants se crispe d’allégresse
à l’endroit où un orgue de Barbarie halète avec précision.

et les vieux juifs pompeux se convulsent obscurément
dans le grouillement cahoteux du Grand. une écume
confuse de visages obstrue la Seconde tandis que Mme. Machinwich

(dont la chair est pareille à un vieux ballon d’enfant)

lourdement nage vers Chez Strunsky,

la bouche
de Monia mange des mandarines en contemplant la lune—

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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Un chant de mandarine (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017




    
Un chant de mandarine,
Autre que mandoline,
Dans le vent dodeline.

Éclatante rondeur
Au soleil de matin,
La saison en offrande !

Les quartiers formant cercle
Autour d’un centre vide
À l’infinie saveur…

L’éternité, un jour
Ici, ô minuscule
Fruit du vaste univers !

Dans le vent dodeline,
Autre que mandoline,
Ce chant de mandarine.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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SANS DÉFINITION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




SANS DÉFINITION

l’amour
cet océan pour antilopes folles

l’amour
cet oeil qui cloue mon oeil
sur l’étoile trop ivre

l’amour
cette valise où dorment les toucans
qui nous ressemblent

l’amour
ce soleil qui proteste
d’être en exil sous ses propres genoux

l’amour l’oubli
et les mots affamés
qui rongent cette mandarine
notre mémoire

(Alain Bosquet)


Illustration: Eloi Flore

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AI-JE déjà été autrefois dans cette chambre (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



AI-JE déjà été autrefois dans cette chambre
Et ces plaintes les ai-je autrefois entendues ?
N’as-tu pas pour nom solitude, toi qui m’attends là ?
Et le silence n’est-il pas la pierre polie au fond de ses cris ?

Je me souviens de la table et du livre et des vitres
Et du peuplier qui hoche la tête à ma fenêtre.
Je suis comme un enfant que l’on craint d’effrayer :
On me montre ce monde sous d’anciens contours.

Est-ce mieux ainsi ? Un changement imperceptible?
J’appelle en vain la sœur et l’épouse et le frère.
Tout est ici comme au temps de ma vie :
Je reconnais les choses mais où sont les visages ?

Le vent rôde autour avec ses airs de mystère ;
Si je me penche au dehors il est déjà trop tard –
Qu’a-t-il donc emporté pour s’enfuir à ma vue,
Ou bien voulait-il vendre le fruit de quelque vol ?

Le climat aussi est celui de mon enfance,
Mon ombre comme autrefois est voutée sur le mur,
La clarté, avec son odeur de mandarine
À quatre heures, rouge, dans ma main.

Ah ! Dois-je retrouver tout ceci comme une coquille
Vide ? Me suis-je trop attardé sur les routes?
Peut-être si plus tôt j’avais franchi ce seuil
Parents et amis seraient venus à ma rencontre.

Suis-je comme l’insecte au bord de la chrysalide,
Ignorant son propre changement, se croyant
Toujours entouré de l’ombre familière –
Et l’aile se déploie dans l’univers nouveau.

Demain, un autre jour, je verrai peut-être
Les teintes, les contours vrais de cette demeure
Et j’apprendrai enfin si j’étais déjà ailleurs
Lorsque je me croyais dans la chambre de ma vie.

(Ilarie Voronca)

 Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Mon cartable (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2016



Mon cartable a mille odeurs,
mon cartable sent la pomme,
le livre, l’encre, la gomme
et les crayons de couleurs.

Mon cartable sent l’orange,
le bison et le nougat,
il sent tout ce que l’on mange
et ce qu’on ne mange pas.

La figue et la mandarine,
le papier d’argent ou d’or,
et la coquille marine,
les bateaux sortant du port.

Les cow-boys et les noisettes,
la craie et le caramel,
les confettis de la fête,
les billes remplies de ciel.

Les longs cheveux de ma mère
et les joues de mon papa,
les matins dans la lumière,
la rose et le chocolat.

(Pierre Gamarra)

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Au marché cache-cache (Alain Heril)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2016



Quand tu allais petite amante
au marché cache-cache
Quel pacte concluais-tu
avec les mandarines?

(Alain Heril)

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Pour une petite fille (Anne-Marie Derèse)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2015



 

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Pour une petite fille

Tu es grande
comme trois pommes,
trois oranges,
trois tomates,
quatre mandarines,
deux pamplemousses,
un ananas.
Tu es un jeu de fruits.

(Anne-Marie Derèse)

Illustration: Marina Podgaevskaya

 

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