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Poésie

Posts Tagged ‘mansarde’

TOUT TIENT (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
TOUT TIENT

C’est comme les noeuds du bois
dans les chambres mansardées
— autrefois le grenier —
quand nous dormons là-haut.

Dans la frisette je les regarde
toutes ces taches ces petits ronds
qui font des marques sombres
je les connais.

Parfois un trou près de la poutre
un espace fait d’un vide
impossible à boucher
on le sait.

C’est comme les noeuds du bois
sous le ciel bas qui craque
ces traces nos années.

Et tout tient.
Tout tient.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Et maison neuve on bâtira (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Et maison neuve on bâtira

Refrain
On va construire une maison
Pour abriter les camarades
On va construire une maison
Du rez-d’-chaussée jusqu’aux mansardes
On va construire une maison
Le toit les murs les fondations
On va construire une maison.

1
Il faut d’abord abattre la masure
Les vieux taudis les nids à rats
Il faut d’abord abattre la masure
Et maison neuve on bâtira.

2
Il faut aussi creuser profond la terre
Le terrassier a de bons bras
Il faut aussi creuser profond la terre
Et maison neuve on bâtira.

3
Maçon construis de solides murailles.
C’est le gros oeuvre et il tiendra
Par le ciment la pierre et la pierraille
Et maison neuve on bâtira.

4
Le fer, le bois soutiendront la charpente
Couvreur, plombiers, faites le toit
Qu’il nous abrite à l’instant des tourmentes
Et maison neuve on bâtira.

5
Pour la lumière et les fortes serrures
Bons compagnons fait’s c’ qu’il faudra
Comme un voilier inclinant sa mâture
La maison neuv’ naviguera.

6
Le menuisier fait les planchers solides
Pour le repos des travailleurs
Et la maison malgré les vents perfides
Verra briller les jours meilleurs.

7
Pour la construire éblouie de lumière
Soyons unis dans la cité
Et que ces buts guident nos coeurs sincères:
La justice et la liberté.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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GENÈSE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    
GENÈSE

Si la terre s’arrêtait de tourner
Si les ailes n’allaient plus jamais se refermer
Si l’homme reprenait l’enfance au premier geste
Le plus clair de son temps
Pour satisfaire l’amour

La neige coulera comme un beau marbre antique
Mais le ciel gardera ses ardoises dorées
Il y aura les hauts visages
Les signes blancs de ceux qui dressent les moissons
Le bruit de pas feutrés derrière la cloison
Les sortilèges des mansardes

On parlera de toi
Et beaucoup du retour
Les mains s’aligneront un soir sur le rivage
Le meilleur de nous deux retenu pour longtemps

Déjà je parle aux arbres
Et mes doigts me suffisent
Déjà les torses flambent au bord du lendemain
Et le soc d’une étoile nous ouvre le chemin.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Il n’y a plus que toi et moi (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



 

Heinz Geiringer x [1280x768]

Il n’y a plus que toi et moi dans la mansarde
Mon père
Les murs sont écroulés
La chair s’est écoulée
Des gravats de ciel bleu tombent de tous côtés

(René Guy Cadou)

Illustration: Heinz Geiringer

 

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LE POÈTE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



LE POÈTE (dans une mansarde où il écrit)

Mon cœur se calme. C’est octobre. Je veux laisser
un instant là l’œuvre a laquelle je travaille.
Je veux me souvenir des octobres passés,
et écouter la pluie tomber sur les platanes.

J’aurai bientôt trente-deux ans. lit, comme Hafiz,
nous dit Kahm, fut soucieux quand il vit blanchir sa barbe,
je sens venir le temps où les frêles jeunes filles
que j’ai aimées me salueront d’un air plus grave.

L octobre de l’enfance était la route grise
où sonnaient les brebis dans l’odeur du brouillard,
l’école délestée, mais la grande cuisine
où les rouges fagots claquaient au foyer noir.

L’octobre adolescent était l’émotion
d’une verte prairie parsemée d’anémones ;
c’était le long baiser que me laissait l’automne
pour mieux aimer l’hiver dans l’âme des tisons.

Puis l’octobre qui vint fut moins pur et plus vaste :
Ce fut l’apaisement de ce dont je souffrais.

Maintenant, que sera cet octobre nouveau ?
Ce sera-t-il les bois où je me réfugie
pour écouter le vide atroce de ma vie,
et pour guetter au loin les files de vanneaux ?

Etendu sur la mousse, ayant mis contre un chêne
mon vieux fusil dont j’aurai rabattu les chiens,
mon menton dans mes mains, à plat ventre, verrai-je
la résignation dans les yeux de mon chien ?

Cueillerai-je au bois noir le colchique d’automne ?
Tiendrai-je dans ma main la sarcelle blessée,
et chanterai-je aussi avec les bonnes pommes
la rainette qui crie au coeur des vieux rosiers ?

(Francis Jammes)

Illustration

 

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UNE VIE ORDINAIRE (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2016



UNE VIE ORDINAIRE

Je suis né dans une mansarde
d’où l’on entendait le matin
les laitiers qui drelin drelin
réveillaient les biberonneuses.

Ici naquit Georges Machin
qui pendant sa vie ne fut rien
et qui continue il aura
su tromper son monde en donnant
quelques fugitives promesses
mais il lui manquait c’est certain
de quoi faire qu’on le conserve
en boîte d’immortalité.

Prendre l’air était son métier.

(Georges Perros)

 

 

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Tu étais la présence enfantine des rêves (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



 

Daniel F. Gerhartz -

Tu étais la présence enfantine des rêves
Tes blanches mains venaient s’épanouir sur mon front

Parfois dans la mansarde où je vivais alors
Une aile brusquement refermait la lumière
J’appelais je disais que vienne enfin la grande
La belle la toujours désirable et comblée

Et j’allais regarder souvent à la fenêtre
Comme si le bonheur devait entrer par là

(René Guy Cadou)

Illustration: Daniel F. Gerhartz

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30 Mai 1932 (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



30 Mai 1932

Il n’y a plus que toi et moi dans la mansarde
Mon père
Les murs sont écroulés
La chair s’est écroulée
Des gravats de ciel bleu tombent de tous côtés
Je vois mieux ton visage
Tu pleures
Et cette nuit nous avons le même âge
Au bord des mains qu’elle a laissées
Dix heures
La pendule qui sonne
Et le sang qui recule
Il n’y a plus personne
Maison fermée
Le vent qui pousse au loin une étoile avancée
Il n’y a plus personne
Et tu es là
Mon père
Et comme un liseron
Mon bras grimpe à ton bras
Tu effaces mes larmes
En te brûlant les doigts.

(René-Guy Cadou)


Illustration

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La mansarde (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2015


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Pommes et soleil sur la fenêtre
Tout le luxe du monde vient naître
Au bord noir de la mansarde.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration

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Sans courage (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2015


Il faudrait un neuf courage
à celui qui rentre chez soi
mais il n’y a que temps, espace
un bout de ciel pervenche
montant l’escalier
il entend seriner
Dieu est mort
l’homme aussi
il s’arrête, le silence l’éblouit
il redresse sa face
pour continuer jusqu’aux mansardes
presque vides sauf pour l’enfance.

(Jean Follain)

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