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Posts Tagged ‘manuscrit’

le chat l’unique élu (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019



    

le chat l’unique élu
du dieu de l’immanence
on le trouve assis
sur le manuscrit perdu

il le quitte la nuit
pour nourrir sa mémoire
en flânant dans les rues
il est maître du temps

il explore les lieux
qui sont toujours nouveaux
et l’herbe des talus
que défroisse la lune

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Autres séjours
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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LES ZOOLOGIES (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


 


 

Igor Morski -9 [1280x768]

LES ZOOLOGIES

Un poisson nage au fond de ma poitrine,
Un oiseau plane au creux de mon cerveau.
Je me soumets à leurs libres critiques :
Ils ont la grâce éclatante des mots
Venus tout droit de leurs zoologies.

Ce manuscrit, qu’en dirait le coyote,
Et ce roman, plairait-il au lézard ?
Cette musique, est-ce toi qui la portes
Ou l’hirondelle ou le sage cafard ?
Et si mon corps n’était que faune et flore !

Jamais genette ici ne put survivre.
Les animaux fiancés à la mort,
En s’enfermant dans leurs prisons de cuivre
Ont fait chanter mon âme un peu plus fort.
Je les aimais du fond de mes élytres.

Zèbre ici-bas de pampas se contente
Et zèbre ailleurs marche au fond de la mer.
Un rouge-gorge est un bijou qui chante,
Une prunelle un oiseau toujours vert
Et chaque lèvre un frisson d’eau dormante.

Ils sont tous là : aigles, poissons, virgules
Et double V, redoutable animal.
Tout leur cortège en ma phrase circule,
Un cri s’élève : amour est le fanal,
Je suis gardé par ses tendres globules.

Il n’est qu’ara pour parler de contrainte,
Il n’est que lièvre à dévorer le vent.
Je me soumets, animaux, à vos plaintes.
Toute douleur est préface du chant,
Vivez en moi, frères venus des limbes.

Imprimez-vous en ma peau, lettres vives,
Et gardez-moi d’oublier vos pelages.
Qu’un livre soit le jumeau, le sosie
Des animaux échappant à nos cages.
Un tigre d’or circule dans mes phrases,
La coccinelle est au bout de ma ligne,
Tout livre est jungle où la parole est libre.

(Robert Sabatier)

Illustration: Igor Morski

 

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Lorsque le soir (Luce Guilbaud)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



Lorsque le soir

Lorsque le soir se calme
à coups de cris d’oiseaux
de lances de criquet
se replient mes nervures
mon regard d’étamine
je déchiffre un langage
de manuscrits de la mer vive
sous la lampe de soie rose
je me couche en diagonale
je m’étale
sur des rêves
à faire chanter les pierres.

(Luce Guilbaud)


Illustration

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Il n’y a plus d’océans (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Il n’y a plus d’océans
chantant avec leurs îles
plus de villes ni de jardins
seulement des braises
des incendies intimes
smog et taches rouges
sur le manuscrit de mon retour
dans la paume de ma main
des écritures de pluie
de poussière et de sable
seule la lumière
de notre étreinte
illumine
la matière qui s’écroule
dans les catacombes de l’instant

(Luis Mizón)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

 

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Baruch Spinoza (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017


 


 

Baruch Spinoza

Brume d’or, le Couchant pose son feu
Sur la vitre. L’assidu manuscrit
Attend, avec sa charge d’infini.
Dans la pénombre quelqu’un construit Dieu.
Un homme engendre Dieu. Juif à la peau
Citrine, aux yeux tristes. Le temps l’emporte
Comme la feuille que le fleuve porte
Et qui se perd dans le déclin de l’eau.
Qu’importe. Il insiste, sorcier forgeant
Dieu dans sa subtile géométrie;
Du fond de sa maladie, son néant,
De ses mots il fait Dieu, l’édifie.
Le plus prodigue amour lui fut donné,
L’amour qui n’espère pas être aimé.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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Hatchepsout (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Hatchepsout,

Les murs ne tombent pas
[9]

Thot, Hermès, le stylus,
la palette, le stylo, la plume endurent :

même si nos livres sont un plancher
de cendres fumantes sous nos pieds ;

même si brûler des livres demeure
le plus pervers des gestes comme

le plus vicieux
de la nature vicieuse de l’homme,

pourtant donnez-nous, crient-ils encore,
donnez-nous des livres,

folio, manuscrit, vieux parchemin
font de bonnes douilles de cartouches ;

l’ironie est une vérité amère
enveloppée dans une petite plaisanterie,

et le nom d’Hatchepsout est toujours encerclé
de ce que l’on appelle une cartouche.

***

Thoth, Hermes, the stylus,
the palette, the pen, the quill endure,

though our books are a floor
of smouldering ash under our feet;

though the burning of the books remains
the most perverse gesture

and the meanest
of man’s mean nature,

yet give us, they still cry,
give us books,

folio, manuscript, old parchment
will do for cartridge cases;

irony is bitter truth
wrapped up in a little joke,

and Hatshepsut’s name is still circled
with what they call the cartouche.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Je porte en moi (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Dédicace
Pour Henri

Je porte en moi, parmi des clartés de vitrail,
Des fleuves étalés, des cités fulgurantes,
Des bouleaux d’argent pur, des prés de frais émail,
Des jardins constellés de lys et d’amaranthes.

Je nourris des dragons en de lointains bercails;
Mais rien ne transparaît du rêve qui me hante;
Je suis ce manuscrit fleuri d’absurdes plantes
Qui recèle à l’abri de mon double fermail,

– Magique parchemin et dont la garde est vierge,
Que nul doigt n’effleura sous sa gaine de serge, –
Des psaumes exaltés et d’amoureux cantiques.

A toi, j’offre aujourd’hui les cités, les chimères,
Le vitrail d’or liquide et le livre mystique
Où repose mon coeur comme en un reliquaire.

(Marie Dauguet)

Illustration: Guy Baron

 

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Ces feuilles brunes (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016




Ces feuilles brunes
sont aussi précieuses que les
manuscrits de la mer Morte.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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La dernière chanson (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



bague 104

La dernière chanson

J’ai voulu, le premier jour,
Vendre mes chansons d’amour ;
J’étais bien novice !
Ô mes dignes manuscrits,
L’épicier qui vous a pris
M’a rendu service.

Le second, j’ai, sur le quai,
Vendu mon couvert marqué,
Vieux meuble d’histoire,
Où mon aïeule, en mordant,
Cassa sa dernière dent,
Sous le Directoire.

Le troisième, Dieu merci,
J’ai vendu ma montre aussi,
Ma montre perfide,
Qui s’amusait à sonner
L’heure exacte du dîner
Sur mon ventre vide.

Le quatrième, ô bonheur !
J’ai vendu mon prix d’honneur
Pour six francs cinquante !
De ma gloire d’autrefois
J’ai fait deux dîners ou trois…
Sans vin d’Alicante !

Aujourd’hui, je n’ai plus rien,
Et mon ventre, comme un chien,
Aboie à la lune.
Aujourd’hui, pour tout trésor,
Je garde la bague d’or
De Nina la brune !

Tais-toi, mon ventre affamé ;
Celui-là qui fut aimé
Sourit quand il tombe ;
Le néant sera moins froid,
Si je peux, sa bague au doigt,
Dormir dans ma tombe !

(Louis Bouilhet)

 

 

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Sauras-tu lire le manuscrit de feuilles et de silences (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



Sauras-tu lire
Le manuscrit
De feuilles et de silences
Que le temps dépose
Dans ta nuit
Pour mieux piéger
L’attente ?

Ecoute
A l’automne
La rose rouge
Poussera son dernier cri
Qu’on entendra
Jusqu’à la mer.

(Hélène Cadou)

 

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