Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘maquis’

VIEUX PAYS (Jean-Luc Pouliquen)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



 

VIEUX PAYS

Vieux pays
Découpé dans le ciel
Je ne veux pas
Qu’une avalanche de béton
Enferme ta mémoire

Je veux garder vivaces
les chemins de l’enfance
le jardin de l’été
à l’heure du silence (…)
J’entends tes cris
Quand leurs mâchoires d’acier
répètent les outrages

Vieux pays
exilé de toi-même
tu as pris le maquis
regagné les sommets
tu ne veux plus sourire
au premier gars venu

Il faut pour t’approcher
bruire comme une fontaine
et plonger ses deux mains
dans un buisson de thym.

(Jean-Luc Pouliquen)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Même en hiver (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Même en hiver le jour n’était qu’un verger doux
Quand le col du Guerza s’engorgeait sous la neige
Les grenades n’étaient alors que des fruits – seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c’était l’instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroën.
Aucune des maisons n’avait besoin de portes
Puisque les visages s’ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n’existait pas puisque l’on y dormait.

C’était dans les Aurès…

(Anna Gréki)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DOUCE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



DOUCE

Elle y allait de bonne foi
Comme pour la première fois
Quiconque lui parlait d’amour
elle entendait : c’est pour toujours

Elle était toujours de l’avis
De celui qu’elle avait suivi
Comme elle en suivait très souvent
Elle avait l’air d’aimer le vent

Douce trop douce
Un souffle la couche
La dormeuse entre vos draps
Un autre souffle la prendra

Elle payait toujours comptant
En prélevant sur ses vingt ans
Sans marchander ce coin perdu
Qu’un vieil usage a défendu

Elle truquait à chaque pas
Bientôt ne s’y retrouvait pas
Son coeur touffu comme un maquis
Cachait alors n’importe qui

Douce trop douce
Un souffle la couche
La dormeuse entre vos draps
Un autre souffle la prendra

Comme le lierre à sa façon
Elle s’enroula d’un garçon
Debout contre ses mains dormant
Elle a quitté ses vêtements

Elle a fait glisser de très haut
Sa robe blanche d’idéaux
Elle y allait de bonne foi
Elle était nue elle a pris froid

(Guy Béart)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand la démesure ne trouve plus à se loger nulle part (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2016


 


Quand la démesure ne trouve plus à se loger nulle part
gênant l’espace aux entournures
prends le maquis en compagnie du poète
qui progresse d’un pas de silence
à travers la nuit blanche
précédé de ses mots sauvages aux oreilles de loup.

(Marc Alyn)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »