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ELEGIE DE MARIA BELEN CHACON (Emilio Ballagas)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2016



Maria Belén 8_s3

ELEGIE DE MARIA BELEN CHACON

Maria Belén, Maria Belén, Maria Belén,
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon,
avec tes fesses qui ondoient
de Camagüey à Santiago, de Santiago à Camagüey.

Au ciel de la rumba,
plus jamais ne s’allumera
la constellation de tes courbes.

Quel aboiement t’a mordue au sommet du poumon ?
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon…
Quel aboiement t’a mordue au sommet du poumon ?

Ni aboiement ni ongle,
Ni ongle ni blessure :
Le fer à repasser, jusqu’à l’aube, á mis le feu à ton poumon,
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon…

Ensuite dans la matinée
Avec le linge dans la corbeille s’en est allée ta grâce,
Ta grâce et ton poumon !

Que personne ne danse plus !
Que le nègre Andrès n’arrache plus les puces
A sa guitare !

Et les Chinois qui font du bruit à l’intérieur des maracas
Ont un peu de repos ;
Baisons la croix des bois chantants.
(« Délivre-nous du mal, Vierge de la Charité ! »)

Je ne verrai plus mes plaisirs
dans les miroirs ronds et riants de tes fesses.
La constellation de tes courbes
N’illuminera plus jamais le ciel de ta grâce.

Maria Belén, Maria Belén :
avec tes fesses qui ondoient,
de Camagüey à Santiago,
de Santiago à Camagüey.

***

ELEGIA DE MARIA BELEN CHACON

Maria Belén, Maria Belén, Maria Belén,
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon,
con tus nalgas en vaivén,
de Camagüey a Santiago, de Santiago a Camagüey.

En el cielo de la rumba
ya nunca habra de alumbrar
tu constelacion de curvas.

Qué ladrito te mordio el vértice del pulmon ?
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon…
Qué ladrito te mordio el vértice del pulmon ?

Ni fué ladrito ni una,
ni fué una ni fué dano :
La plancha, de madrugada, fué quien te quemo el pulmon,
Maria Belén Chacon, Maria Belén Chacon !…

Y luego, por la manana,
con la ropa en la canasta, se llevaron tu sandunga,
tu sandunga y tu pulmon.

Que no baile nadie ahora !
Que no le arranque mas pulgas el negro Andrés
a su tres !

Y los chinos que arman tanganas adentro de las maracas
hagan un poco de paz.
Besar la cruz de las claves.
(Libranos de todo mal, Virgen de la Carida !)

Ya no veré mis instintos
en los espejos redondos y alegres de tus dos nalgas.
Tu constelacion de curvas
ya no alumbrara jamas el cielo de la sandunga.

Maria Belén, Maria Belén
con tus nalgas en vaiven,
de Camagüey a Santiago…
de Santiago a Camagüey.

(Emilio Ballagas)

 

 

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