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Posts Tagged ‘maraudeur’

Les demeures (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Les demeures

Je dors dans un palais de marbre et d’ambre,
le jour n’a pas soulevé ma paupière.
J’entends rôder tes pas de chambre en chambre
comme y rôdaient les matins de septembre
et mon sommeil s’emplit de ta lumière.

Mais t’entendrai-je encor si tu m’éveilles,
si tu m’ouvres les yeux pour ne rien voir?
Mes yeux ne sont pas faits pour le soleil.
Mon lendemain vaudrait moins que la veille
si tu montrais sans précaution ta gloire.

Puisque j’étais convié à tes demeures
je n’avais peur ni de toi ni des anges
mais je suis si peu fait pour ta splendeur
qu’il m’eut suffi d’être le maraudeur
qu’on laisse asseoir sous ton portail de grange.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Avec ma gueule de métèque (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

georges moustaki-en-1972

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Avec mes yeux tout délavés
Qui me donnent l´air de rêver
Moi qui ne rêve plus souvent
Avec mes mains de maraudeur
De musicien et de rôdeur
Qui ont pillé tant de jardins
Avec ma bouche qui a bu
Qui a embrassé et mordu
Sans jamais assouvir sa faim

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
De voleur et de vagabond
Avec ma peau qui s´est frottée
Au soleil de tous les étés
Et tout ce qui portait jupon
Avec mon cœur qui a su faire
Souffrir autant qu´il a souffert
Sans pour cela faire d´histoires
Avec mon âme qui n´a plus
La moindre chance de salut
Pour éviter le purgatoire

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Je viendrai, ma douce captive
Mon âme sœur, ma source vive
Je viendrai boire tes vingt ans
Et je serai prince de sang
Rêveur ou bien adolescent
Comme il te plaira de choisir
Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d´amour
Que nous vivrons à en mourir

Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d´amour
Que nous vivrons à en mourir

(Georges Moustaki)

 

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Mes mains me fuient (Claire Genoux)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



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Mes mains me fuient
comme l’eau d’un ruisseau
le soir suce ma pupille
et me laisse aveugle sous les lampions d’une fête
dépouillée des plus simples gestes
condamnée à subir les ruses des maraudeurs
je n’ai pourtant pas besoin de mes doigts
pour allumer le bûcher de ton ventre

(Claire Genoux)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Elle a douté (Francis Lalanne)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2015


doute

Elle a douté de cette ardeur
Que ma tendresse nourrissait
Pour elle et sans fin caressait
Pour son âme, en toute pudeur.

Dans chaque instant qui frémissait
De mon désir sur sa candeur,
Elle a vu le mal, la laideur,
Non le pur amour qui naissait;
Elle a douté…
Me prenant pour un maraudeur
Voleur de coeur, un chapardeur,
Entre nous le froid grandissait;
Me condamnant à la tiédeur
Du sentiment qui l’oppressait,
Elle a douté.

(Francis Lalanne)

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