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Posts Tagged ‘(Marc Alyn)’

Toute une vie pour naître (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Euan MacLeod  [1280x768]

Toute une vie pour naître

Il m’a fallu bien des années,
Bien des étés, bien des printemps,
Pour être enfin tout à fait né,
Pour naître enfant au bout du temps.

Ma vie jusqu’ici n’a été
Qu’une marche dans le courant
D’un ruisseau roulant sous mes pieds
Un dur tapis de cailloux blancs.

Penché sur l’onde, je guettais
L’aile, le ciel aux frissons lents;
Au fond de moi je n’écoutais
Que l’air de l’eau qui crée le chant.

Il m’a fallu bien des années,
Des jours sur le miroir filant,
Pour voir au piège du reflet
Me regarder mes yeux d’enfant.

(Marc Alyn)

Illustration: Euan MacLeod

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Où allons-nous? (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



Le ciel est courbe, quel silence!
Où allons-nous? se dit poisson.
Parfois la main d’un Dieu immense
Verse une manne de grains ronds.

(Marc Alyn)

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On a démoli la petite école (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



On a démoli la petite école
Qui semblait immense à mes yeux d’enfants.
Il n’en reste rien : le présent nous vole
Les billes perdues de nos jeux d’antan.
Le préau de bois, la maîtresse blonde,
Les lilas légers qui parfumaient tant,
Tout a disparu, ainsi va le monde,
Et l’institutrice a les cheveux blancs.
Si vaste la terre aux côtes bleuies
Par les océans des cartes murales !
Il me semble encore entendre le bruit
De nos voix unies chantant la Morale !
Parfois, quand j’écris une poésie
Je sens les lilas d’alors – idée folle !
Les jours sont passés, l’enfance est finie :
On a démoli la petite école.

(Marc Alyn)

 

 

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Je suis là (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



Partout des voix ou plutôt des reflets,
des fantômes de voix
Des voix noyées au fil d’un fleuve
semblable à quelque bande
magnétique immense
qui se dévide incessamment
les entraînant dans son courant
Tout au long de l’onde.

Et parfois l’on pressent qu’on
pourrait les entendre
qu’il suffirait d’un rien
Peut-être d’un peu plus seulement
de silence
Pour qu’une de ces voix submergées
suffocantes
Prise dans ce tumulte anonyme
qui va
S’élève de la nuit et dise:
Je suis là.

(Marc Alyn)


Illustration

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Travaux d’aiguille (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



 

Au milieu : Vélasquez.  A gauche, de haut en bas : J De Camp, JF Millet, J Wolf. A droite : Van Gogh et Eugène Martel.

Travaux d’aiguille

Au fil du temps, jeunes filles,
Avec vos ciseaux d’argent,
L’aigu vif de vos aiguilles,
Que cousez-vous? – Le printemps.

Emma Aimée,Emeline
Rient en dévidant la soie
Et leurs cheveux blonds d’ondines
Au fil s’emmêlent parfois.

Hélène a usé la laine
De tant et tant de moutons
Qu’elle tousse à perdre haleine,
Filant un mauvais coton.

Artémise tisse, tisse
Son rêve en si fine toile
Qu’au travers le regard glisse
Et se perd dans les étoiles.

Au fil du temps, demoiselles
Qui cousez lin et velours,
Pour qui ces blanches dentelles?
Qui habillez-vous? – L’amour.

(Marc Alyn)

Illustration

 

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La pluie (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



 

La pluie

Suspendue à ses fils en chemise de nuit
La pluie lit le journal au soleil de midi.

Elle lit, et bientôt les nouvelles l’ennuient.
Quelle Terre à soucis! Que de mélancolie!
Et l’on croit qu’elle pleure alors qu’elle, la pluie,
Ne cesse dans son coeur de rire à la folie!

– Si je tenais ici l’animal qui a dit:
« Triste comme la pluie », il verrait du pays!

En s’étirant, la pluie reprend le journal gris
– Que dit la Météo? « Aujourd’hui: de la pluie ».

Alors elle soupire et s’en va dans Paris
Arroser les jardins, les chats et les souris.

(Marc Alyn)

Illustration

 

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Berceuse (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



poulain dort [1280x768] 

Berceuse

Dodo mon poulain,
dodo dodeline,
Clos tes yeux câlins
Sur la paille fine.

Croise tes sabots,
dodo dodeline,
Dans le lit bien chaud
Et rêve à la Chine.

Pose le poil roux
Doré de ta robe
Tout contre mon cou
Qui ne se dérobe.

Tu auras du trèfle
Tout à quatre feuilles:
Les fées et les elfes
Veillent sur le seuil.

Mais jusqu’à demain,
Dodo dodeline,
dodo mon poulain
Que l’ombre illumine.

(Marc Alyn)

Illustration

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Ceux qui viennent du désert (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



touareg

Ceux qui viennent du désert

Ceux qui viennent du désert
se reconnaissent à leur regard démesuré
d’où semble se déverser sans cesse
l’incandescence des sables fauves.
Ceux-là ont des gestes lents et fiers
qui ne peuvent se déployer
dans les limites de notre espace.

On dit que le désert
s’empare des hommes par leur âme
il pénètre en eux grain à grain
et peu à peu prend toute la place.
La sécheresse la soif la clarté
dressent leurs tentes au centre d’eux-mêmes.
Alors ils deviennent le désert
où tout laisse sa trace aussitôt effacée.
Ils sont dans la fournaise
en quête d’une source immatérielle.
Ils sont dans la lumière avides d’ombre spirituelle
au sein de cette absence calcinée
dans le dépouillement abstrait de la beauté

(Marc Alyn)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 Illustration

 

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Silence dans l’oiseau (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016



Silence dans l’oiseau

à tâtons fait son nid.
C’est ainsi que le chant
lentement s’élabore.

Dans l’oiseau le silence
et le vol se conjuguent
pour élucider l’air
et distancer le cri.

Le pollen et l’oiseau
fertilisent l’espace
à force de silence
sous l’aile délébile.

Pour éluder l’abîme
l’oiseau se fait vertige
et se vêt de sa chute :
le risque est sa pudeur.

(Marc Alyn)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration: ADHOK Le Nid

 

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Serons-nous remboursés à la fin du spectacle? (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2016



Michael Whelan _47 [1280x768]

Serons-nous remboursés à la fin du spectacle?

Deux mille et des poussières.

Je raye un millénaire sur le calendrier.
– Comment trouvez-vous cette vie? – Palpitante!
– Et ce siècle? – Passable.
L’éternité ne fait pas son âge, ce matin
Et moi, poète confidentiel d’une langue partout étrangère,
Je vous dis que les rues regorgent d’êtres qui n’ont jamais vécu
Et prennent néanmoins la mort en marche ainsi qu’un autobus
Pour des odyssées sans issue vers d’abstraites Sibéries ou de scabreuses Babylones.
Ceux qui n’existèrent qu’à reculons, nourris d’absence et d’avenir posthume
Savent combien il est dangereux de lancer des prières aux dieux
Ou de glisser son âme entre les grilles à portée de leurs griffes.
Serons-nous remboursés à la fin du spectacle?
Vagabond de l’entre-deux-mondes, je guette les oiseaux qui saccagent le ciel.
L’automne a mis partout des fruits qui te ressemblent.

(Marc Alyn)

Illustration: Michael Whelan

 

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