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Posts Tagged ‘marchande’

Le même vain halo (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



Le même vain halo de la robe
Rouge dans la fumée des brumes de jadis,
Le même désarroi, si parmi les arbres mouillés de pluie
Décembre me ramène à ce tournant.
Tu ne viens pas. La peine, elle, ne tarde pas
Le long des murs, une voix
M’appelle, ou ta couleur qui brille
Sous la pluie fine.
(La marchande de fleurs
Crie ses églantines.)
Tu ne viens pas.
La peine, elle, ne tarde pas
Et rend plus doux le bonheur qui t’attend.
(Dans le crépitement de l’eau dans la gouttière,
Une voix bien-aimée…)

(Leonardo Sinisgalli)

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Une marchande de menthe verte (Abdelmajid Benjelloun)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017



MENTHE VERTE

 

Une marchande de menthe verte,
toute dresseuse de printemps et les yeux pleins
d’épis de soleil
m’a appris la poésie
un soir sous un réverbère éteint.
Je me souviens encore
qu’un orage rauque
tonnait pour les voitures noires
vides illuminées de pluie.

(Abdelmajid Benjelloun)

 

 

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Chanson du vitrier (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Chanson du vitrier

Comme c’est beau
ce qu’on peut voir comme ça
à travers le sable à travers le verre
à travers les carreaux
tenez regardez par exemple
comme c’est beau
ce bûcheron
là-bas au loin
qui abat un arbre
pour faire des planches
pour le menuisier
qui doit faire un grand lit
pour la petite marchande de fleurs
qui va se marier
avec l’allumeur de réverbères
qui allume tous les soirs les lumières
pour que le cordonnier puisse voir clair
en réparant les souliers du cireur
qui brosse ceux du rémouleur
qui affûte les ciseaux du coiffeur
qui coupe le ch’veu au marchand d’oiseaux
qui donne ses oiseaux à tout le monde
pour que tout le monde soit de bonne humeur.

(Jacques Prévert)


Illustration: Irving Penn

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Ouvrez ouvrez grand les fenêtres (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2015



 

Vladimir Volegov 5f4

Ouvrez ouvrez grand les fenêtres
l’air sent si bon

Quelque chose qui vient de naître
et vous m’aimez-vous oui ou non

Si vous m’aimez la vie est belle
chez la marchande de dentelles

J’achèterai tous les rubans
pour que vos cheveux dans le vent

Soient aux couleurs de l’arc-en-ciel

Mais voilà

Si jamais vous ne m’aimez pas
croix de bois croix de fer
crois de fer croix de bois

J’irai chercher le Diable noir
pour qu’il vous emporte ce soir
dans les flammes de son enfer

Et coetera

(Louis Calaferte)

Illustration: Vladimir Volegov

 

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La Petite Marchande de fleurs (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2015




La Petite Marchande de fleurs

Le soleil froid donnait un ton rose au grésil,
Et le ciel de novembre avait des airs d´avril.
Nous voulions profiter de la belle gelée.
Moi chaudement vêtu, toi bien emmitouflée

Sous le manteau, sous la voilette et sous les gants,
Nous franchissions, parmi les couples élégants,
La porte de la blanche et joyeuse avenue,
Quand soudain jusqu´à nous une enfant presque nue

Et livide, tenant des fleurettes en main,
Accourut, se frayant à la hâte un chemin
Entre les baux habits et les riches toilettes,
Nous offrir un petit bouquet de violettes.

Elle avait deviné que nous étions heureux
Sans doute, et s´était dit: « Ils seront généreux. »
Elle nous proposa ses fleurs d´une voix douce,
En souriant avec ce sourire qui tousse.

Et c´était monstrueux, cette enfant de sept ans
Qui mourait de l´hiver en offrant le printemps.
Ses pauvres petits doigts étaient pleins d´engelures.
Moi, je sentais le fin parfum de tes fourrures,

Je voyais ton cou rose et blanc sous la fanchon,
Et je touchais ta main chaude dans ton manchon.
Nous fîmes notre offrande, amie, et nous passâmes;
Mais la gaîté s´était envolée, et nos âmes
Gardèrent jusqu´au soir un souvenir amer.

Mignonne, nous ferons l´aumône cet hiver.

(François Coppée)

Illustration: Jean-Marie Lemire

 

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LA COMPLAINTE D’AUTEUIL (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2015



 

Camille Pissarro   La-Marchande-de-Marrons-Fiore-de-la-St-Martin-Pontoise [1280x768]

LA COMPLAINTE D’AUTEUIL

LA joueuse de violon
qui jouait avec ses mouflons
et la marchande de marrons
tournant son cornet de chansons
me rappellent ce dimanche
mort de mille et un chagrins
où je retenais par la main
l’enfant voleur de pervenches

Au pavillon des trépassés
las de s’être tant délassés
tous les échos du temps passé
à manger des parfaits glacés
renvoyaient leurs mots de passe
que brouillait dans le faux jour
une amazone de velours
sur fond de trompe de chasse

Mémoire promeneuse en deuil
L’enfant plus fourré qu’écureuil
s’était fait un chapeau de feuilles
de saules du bosquet d’Auteuil
et les ombres de la mare
mêlaient dans un air d’adieu
les deux paillettes de ses yeux
au vol plané des fanfares

Sur le chemin des écoliers
en aurais-je tant oublié
entre un rond point de canotier
et le gant rouge d’un mercier
Ohé folle hop militaire
et toi chantre du mourron
qui pour un sou de carillon
sortais d’un globe de verre

Ici haut comme ici bas
en passant de vie à trépas
se peut-il qu’il ne reste pas
la moindre trace de mes pas
Cet enfant c’était moi-même
emporté dans un tour de vent
Mais qu’importent les absents
si je me souviens que je t’aime

(Paul Gilson)

Illustration: Camille Pissarro

 

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