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Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol
ta couleur d’apsara
descendue des temples aux pierres grèges
ta langueur d’herbe bénie
tes hanches de cyclades
lorsque
le soleil achève
entre les vagues
et le silence du premier matin
sa naissance
rouge

à tes narines rapides
j’offre
l’encens du désir
le copal des marches
ivre de sang

à tes yeux
l’eau tendre
qui sourd des rochers

à l’oreille
cachée sous la forêt
le chant rugueux
de la mémoire

au front
la neige ronde
d’un tympan

aux cils
la sentence
d’une plume tigrée

à tes lèvres
la rumeur
de l’horizon sans trace

là-bas
les moteurs tremblent
entre les vitres
du jour brouillé
près de la pampa
sèche
l’arbre acajou
ruisselle d’ombre
un colibri
remonte à l’envers
le temps
couleur de nuit

(Jean-Dominique Rey)

Illustration: Alan Lee

 

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Aux marches du palais (Anonyme XVIII ème)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017




Aux marches du palais

Aux marches du palais.
Aux marches du palais.
Y a une tant belle fille, Lonla,
Y a une tant belle fille.

Elle a tant d’amoureux.
Elle a tant d’amoureux.
Qu’elle ne sait lequel prendre, Lonla.
Qu’elle ne sait lequel prendre.

C’est un p’tit cordonnier.
C’est un p’tit cordonnier.
Qu’a z’eu la préférence, Lonla.
Qu’a z’eu la préférence.

C’est en la l’y chaussant.
C’est en la l’y chaussant.
Qu’il en fit la demande, Lonla.
Qu’il en fit la demande.

La belle si tu voulais.
La belle si tu voulais.
Nous dormirions ensemble, Lonla.
Nous dormirions ensemble.

Dans un grand lit carré.
Dans un grand lit carré.
Couvert de teille blanche, Lonla.
Couvert de teille blanche.

Aux quatre coins du lit.
Aux quatre coins du lit.
Un bouquet de pervenches, Lonla.
Un bouquet de pervenches.

Dans le mitan du lit.
Dans le mitan du lit.
La rivière est profonde, Lonla.
La rivière est profonde.

Tous les chevaux du Roi.
Tous les chevaux du Roi.
Pourraient y boire ensemble, Lonla.
Pourraient y boire ensemble.

Et nous y dormirions.
Et nous y dormirions.
Jusqu’à la fin du monde, Lonla.
Jusqu’à la fin du monde.

(Anonyme XVIII ème)

Illustration: Louis Toffoli

 

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Timidité (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2016



Sur le palier,
plus haut que les marches qu’il n’a pas su compter,
il hésite et, plus heureux qu’après une grande victoire,
il redescend sans avoir seulement effleuré
de sa main lâche le cordon
auquel il aurait plutôt pendu son cou.

(Pierre Reverdy)

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Dans le gratte-ciel (Gilles Guilleron)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016



Dans le gratte-ciel
l’escalier passe le temps
en comptant ses marches

(Gilles Guilleron)

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