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Poésie

Posts Tagged ‘marcheur’

Seigneur Temps! (René Char)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2019


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Seigneur Temps!
folles herbes!
marcheurs puissants!

(René Char)

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Deux rectangles vitrés(Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



    

L’image de la rue se divise pour moi en deux rectangles vitrés,
séparés par un mètre de mur opaque.

Chaque fois qu’un passant disparaît du premier créneau, je suis pris d’inquiétude
— si peu puis-je prévoir sous quelle forme il m’apparaîtra dans le second, s’il s’y présente jamais.

Il est vrai que la plupart des marcheurs
gardent la même identité dans les deux créneaux.

Comme, toutefois, ils ne surviennent dans le second qu’avec un irréparable retard,
mes soupçons ne se concentrent que davantage sur l’intervalle
où me les dissimule le fatal pan de maçonnerie.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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Que toucher dans le jour ? (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



 

Illustration: William Bouguereau    
    
Que toucher dans le jour ?
Des passants pressés, des rêveurs
ou des ombres sur le pavé ?
On ne sait trop qui nous frôle.
D’anciens marcheurs volatilisés
ou des fées très légères…

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Dans les plis de la lumière (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

 

Dans les plis de la lumière
Non, je ne suis pas en exil,
chez moi dans le jaillissement
dans la chute et dans l’usure
dans le diamant et la pacotille
chez moi dans la jubilation des eaux et des airs
et comment parler du mouvement sans bornes
sous les averses d’averses de photons
les vitesses de tant de rayonnements
dans la fraîcheur fragile du verger en fleur
rencontré ce matin de février sans nombre
dans l’éventail d’années et d’années de lumière —
je suis le marcheur qui respire l’ouvert
de tous ses poumons et dont le corps-cerveau
compose des images, musiques et langues,
je suis celui qui chante dans le chant
hors métrique et hors vocabulaire
les matins de toute vie et les soirs
et les nuits de solitude peuplées
de pensées qui s’envolent de leurs fenêtres
de tout ce qui se déplie, telles les eaux
que parcourt un battement d’aile dans la nuit
de l’eau solidaire de celui qui dort,
comme de celui qui écoute le poème au-dedans, au-dehors

(Lorand Gaspar)
Découvert chez Lara ici

 

 

 

 

 

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Corps de sable (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018




    
Corps de sable

Battent les rives
Ton coeur sourd

Marcheur
Mouillé de vent
Dans l’ardent du jour

Ton visage
Danse

Un peu l’effacement futur

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Jetée (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



Illustration: Florence Coquais Foucault
    
Jetée

Le soir fêté dans l’air marin
Et les vaisseaux d’acier près de nos tables
Le vin vivant dans l’ombre des bras rouges

Je vois dans la dispersion d’or des lampes
Des bontés répandues sur l’étoffe des courants
Des remparts
Ouverts à la mer du marcheur

On s’éloigne le soir pleins de visions sonores
Les oiseaux s’ouvrent loin d’eux-mêmes
Comme l’élégance de jeunes cathédrales pour les yeux.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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LE COSTUME DU SOIR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Toni Demuro 
    
LE COSTUME DU SOIR

Sur le sol raviné
d’un paysage rafraîchi
un intrépide marcheur
pourvu par la charité
d’un vieux costume du soir
sent venir la mort
pour assez tard encore,
un fil s’est dépris de l’étoffe.
Donateur du vêtement noir
l’architecte va mener son pont
jusqu’à l’achèvement,
museau contre terre à ses pieds
un animal se repose
inconscient d’être né.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nos racines ne sont pas dans notre enfance (Karl Ristikivi)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



 

Nos racines ne sont pas dans notre enfance,
dans le sol natal, dans un lopin de terre,
dans la prairie enclose
où jouent les enfants de la maternelle.
Nos racines sont en chaque lieu
que nous avons un jour traversé.

Ainsi, comme le gratteron, croissons-nous
en nous agrippant ici et là.
Et ces chemins qui serpentent sans fin,
et ces forêts bleuissant dans le lointain
— sans parler des montagnes de nos rêves —,
les lieux étrangers et les noms étrangers,
deviennent nôtres et de nouveau étrangers.

Ils ne nous quittent pas pour de bon.
Soudain la canne du marcheur reverdit,
et prend racine, et refleurit

(Karl Ristikivi)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Autour du Marcheur (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



    

Autour du Marcheur, la lumière
arpente l’horizon.
Les pierres s’amoncellent
le long des chemins, — il reconnaît
les bâtiments, la ville haute
et la plaine qu’érodaient jadis
les lourds sabots des chevaux.

Il demande : par où
le lieu qui n’est aucun lieu
mais qui les porte tous.

(Hélène Dorion)

 

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Arbre (Imasango)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Arbre

Tu es l’hommme des grandes hauteurs
Des vallées femmes au seuil des fougères
Tu dis l’écorce des racines guérisseuses
Tu donnes la vie en offrant ta sève brute

Tu sers les marcheurs qui n’ont plus de repère
Tu nourris les oiseaux qui cherchent encore le Nord
Tu vas jusqu’aux eaux troubles des langues oubliées
Tu donnes, tu façonnes et tu fondes

Tu glisses au cœur des heures qui n’ont plus de ciment
Tu creuses la courbe humble des chambranles à venir
Tu attends en vieux sage d’abriter un ancêtre
Tu donnes le murmure des pas dans la forêt

Tu envahis les flèches porteuses de force vive
Tu polis l’amertume des échecs des guerriers
Tu cadences les offrandes sur un bois de santal
Tu lies les mots aux chants scandés des talons fiers

Tu dis quand il fait froid sur les cimes des âmes
Si les hommes s’entrechoquent en aiguisant leurs lames
Si les femmes mettent au monde un essaim de détresse
Si les creeks asséchées sentent l’odeur de mort

Quand tombe la nuit et pointe l’aube
Tu attends silencieux
Tu ne dis rien
Tu es celui qui sait tendre l’oreille
Tu ne veux rien
Puisque tu n’es que don

(Imasango)

 

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