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Posts Tagged ‘marécage’

LEVER DU JOUR EN ALABAMA (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



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LEVER DU JOUR EN ALABAMA

Quand je serai devenu compositeur
J’écrirai pour moi de la musique sur
Le lever du jour en Alabama.
J’y mettrai les airs les plus jolis
Ceux qui montent du sol comme la brume des marécages
Et qui tombent du ciel comme des rosées douces.
J’y mettrai des arbres très hauts très hauts,
Et le parfum des aiguilles de pins
Et l’odeur de l’argile rouge après la pluie
Et les longs cous rouges
Et les visages couleur de coquelicot
Et les gros bras bien bruns
Et les yeux pâquerettes
Des noirs et des blancs des noirs des blancs et des noirs,
Et j’y mettrai des mains blanches
Et des mains noires des mains brunes et des mains jaunes
Et des mains d’argile rouge
Qui toucheront tout le monde avec des doigts amis,
Qui se toucheront entre elles ainsi que des rosées
Dans cette aube harmonieuse,
Quand je serai devenu compositeur
Et que j’écrirai sur le lever du jour
En Alabama.

***

Daybreak In Alabama

When I get to be a composer
I’m gonna write me some music about
Daybreak in Alabama
And I’m gonna put the purtiest songs in it
Rising out of the ground like a swamp mist
And falling out of heaven like soft dew.
I’m gonna put some tall tall trees in it
And the scent of pine needles
And the smell of red clay after rain
And long red necks
And poppy colored faces
And big brown arms
And the field daisy eyes
Of black and white black white black people
And I’m gonna put white hands
And black hands and brown and yellow hands
And red clay earth hands in it
Touching everybody with kind fingers
And touching each other natural as dew
In that dawn of music when I
Get to be a composer
And write about daybreak
In Alabama.

(Langston Hughes)

Illustration

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Mots humides (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Serge Boisse
    
Mots humides

Ô baiser manquant
Bras qui n’étreignent

Des barques loin du bord
Au ventre ceint de miel
Pour des scories de lune

Marécages
Aux yeux ouverts
Saules bougés d’un vent
Silencieux

Je me rappelle
Une marche au bord des bois voûtés
Avec au coeur une liberté

Des mains de fougères
Aux terminaisons ondoyantes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Lamentation sur Chen-tao (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018




    
Lamentation sur Chen-tao

Le sang des jeunes venus des dix contrées
Emplit les froids marécages de Chen-tao
Longue plaine, ciel désert, les cris se sont tus :
Quarante mille volontaires péris en un jour

Les Tartares reviennent, flèches toutes saignantes
Ils boivent en hurlant sur la place du marché
Le peuple, vers le nord, les yeux brillés de larmes
Jour et nuit, guette l’arrivée de l’armée

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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SOUVENT LES GOÉLANDS (Christian Coin)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017




SOUVENT LES GOÉLANDS

Souvent les goélands dans ses yeux d’amoureuse
S’élancent dans les cieux et planent dans les vents,
Ils donnent chacun d’eux une aile généreuse,
Une lyre, un chagrin à mes voeux poursuivants.

Rarement les bleuets dans les blés de tendresse
N’ont autant scintillé que dans ce mouvement ;
Mes pensers serreront la course de sa tresse
Espérant seulement son regard envoûtant.

Serait-il opportun de parler de tendresse
Quand la belle ne fut qu’élégance et dédain ?
Ses cils de miroirs noirs sont des fils de tristesse,
La peine côté cour, j’irai côté jardin !

Et je m’élancerai parmi les fleurs sauvages
Dans ces champs bien-aimés peuplés d’herbes au vent,
Il y aurait à-bas, au bord des marécages,
De grands roseaux joyeux jouant au cerf-volant.

Il y aurait aussi des cygnes de passage,
Des plis dans la verdure, un saule en paravent,
Des mots d’amour aussi courant de page en page,
Et puis peut-être aussi des oiseaux comme avant.

(Christian Coin)

Illustration

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Ma nudité (Kerline Devise)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



 

Beauté NoireMa nudité
On me dit qu’on la voit parfois assise
Au pied d’un arbre fredonnant un air étrange
On me dit qu’on la voit parfois assise
Au pied d’un arbre portant une grande fissure
D’où coule un marécage de serpents et de cris
Elle ne reconnaît plus les maisons et les villes
Ne se souvient ni de noms ni d’adresses
Elle coule
Elle s’en va sans retour vers cette porte toujours ouverte
Cette porte qui, elle aussi, ne fait que couler
Elle coule
Elle s’en va sans retour vers ces fleurs cueillies pour toi
Ces fleurs poussées sur ma langue
Ma nudité
Mes yeux
On me dit qu’on les voit éternellement
Sur la route qui mène à ton amour

(Kerline Devise)

Illustration

 

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L’homme-garou (Margaret Atwood)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

L’homme-garou

Mon mari marche dans le champ couvert de givre,
un X, un concept
défini contre un blanc;
il oscille, entre dans la forêt
et s’y efface.

S’il n’est défini par mon regard
en quoi se transforme-t-il
quelle autre forme
se fond avec les pousses
souterraines, ondule à travers les eaux,
camouflée aux animaux attentifs
du marécage

À midi il
reviendra; ou peut-être
ne reviendra
que mon idée de lui
lui se cachant derrière.

Il se peut qu’il me transforme aussi
avec l’oeil du renard, l’oeil
du hibou, l’oeil aux huit
facettes de l’araignée

Je ne peux pas imaginer
ce qu’il verra
quand il ouvrira la porte

***

The Wereman

My husband walks in the frosted field
an X, a concept
defined against a blank;
he swerves, enters the forest
and is blotted out.

Unheld by my sight
what does he change into
what other shape
blends with the under
growth, wavers across the pools
is camouflaged from the listening
swamp animals

At noon he will
return; or it may be
only my idea of him
I will find returning
with him hiding behind it.

He may change me also
with the fox eye, the owl
eye, the eightfold
eye of the spider

I can’t think
what he will see
when he opens the door

(Margaret Atwood)

 

Recueil: Le journal de Susanna Moodie
Traduction: Christine Evain
Editions: Bruno Doucey

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Frêle brin d’herbe (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



frêle brin d’herbe
dans le marécage pourri

point d’orgue de silence
au milieu de la cacophonie

liseré de tendresse
en marge de la violence

petit bout de broderie
au bord du vaste linceul

parmi l’horreur la beauté

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Un feu vivant (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



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Un feu vivant

Mon amour du profond des nuits
Du fond de la terre et des arbres
Du fond des vagues, de l’oubli
Mon amour des soifs de l’enfance
Mon amour de désespérance

Je t’attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom au fond des soutes
Des marécages sans oiseaux
Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas

J’attends la source de tes bras
De tes cheveux, de ton haleine
Tu me libères, tu m’enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t’attends comme la forêt
Inextricable, enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Et que le matin fait chanter.

(Luc Bérimont)

 Illustration: Alexandra Bochkareva 

 

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Au bord des rivières (Sylvie-E. Saliceti)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2016



Au bord des rivières appelle l’oiseau
qui appelle
l’oiseau – ainsi jusqu’au dernier chant

l’orage
divise
les roseaux Son trait a pris demeure
dans le tout et l’infime

bruissements

L’être-ici est le maître Dans les marécages il a répété
longtemps les paroles au pied du soleil
il appelle sa mère

on se rappelle longtemps ce silence qui reste pour nous pleurer.

(Sylvie-E. Saliceti)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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La folie de ne pas être fou (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2016



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La folie de ne pas être fou,
de repousser le bras tendu
les zones intérieures
où guette le marécage,
fait parfois fouler
les pieds abandonnés.

Ne pas être fou
à certains moments,
ressemble trop à la folie.
Excessive, insupportable intensité,
se défendant à la fois des tignasses flottantes
et des cheveux intolérablement lisses.

Il est nécessaire, de temps en temps,
de se reposer de ne pas être fou.

***

La locura de no estar loco,
de rechazar con el brazo estirado
las zonas interiores
donde aguarda la ciénaga,
hace pisar a veces
los pies abandonados.

No estar loco,
en algunos momentos,
se parece demasiado a la locura.
Excesiva, insoportable intensidad,
defendiéndose a la vez de las greñas flotantes
y del cabello intolerablemente liso.

Es preciso, cada tanto,
descansar de no estar loco.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration

 

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