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Poésie

Posts Tagged ‘marée’

Entre deux marées (Olivier Walter)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



entre deux marées
la fillette sur le sable
joue à la marelle

(Olivier Walter)


Illustration

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Dire l’odeur de sa peau fraîche (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



 

Aaron Coberly (22)

Dire l’odeur de sa peau fraîche

Dire l’odeur de sa peau fraîche,
Aucun parfum ne le saurait,
Ni le foin séché
dans la crèche
Ni l’haleine d’une forêt,

Ni le thym ni la marjolaine,
Ni le muguet, ni le cresson
Nourri des pleurs de la fontaine
Et tout baigné de sa chanson,

Ni le repli des coquillages
Qui garde un arôme énervant,
Souvenance d’anciens sillages,
D’algues, de marée et de vent.

(Jean Richepin)

Illustration: Aaron Coberly

 

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Je la connais (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



L’égratignure du vent
Sur un miroir d’eau
Dans un décor de roseaux
Je la connais

La signature de l’oiseau
Sur le livre du ciel
Relié de nuages
Je la connais

La morsure de la mer
Dans le sable du rivage
Que recouvre la marée
Je la connais

La gerçure du froid
Sur mes mains vagabondes
Gantées de cheminements
Je la connais.

(Jean-Baptiste Besnard)

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L’homme est en mer (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l’hameçon,
Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
l s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence,
L’endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plaît le poisson aux nageoires d’argent,
Ce n’est qu’un point ; c’est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent !
Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés,
Et fait râler d’horreur les agrès effarés.
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l’appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

 

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Le sommeil du condor (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



 

Le sommeil du condor

Par-delà l’escalier des roides Cordillères,
Par-delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant des laves familières,
L’envergure pendante et rouge par endroits,
Le vaste Oiseau, tout plein d’une morne indolence,
Regarde l’Amérique et l’espace en silence,
Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids.

La nuit roule de l’est, où les pampas sauvages
Sous les monts étagés s’élargissent sans fin ;
Elle endort le Chili, les villes, les rivages,
Et la mer Pacifique, et l’horizon divin ;
Du continent muet elle s’est emparée :
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.

Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d’une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui l’assiège :
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier
Dans l’abîme sans fond la Croix australe allume
Sur les côtes du ciel son phare constellé.
Il râle de plaisir, il agite sa plume,
Il érige son cou musculeux et pelé,

Il s’enlève en fouettant l’âpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n’atteint pas le vent,
Et, loin du globe noir, loin de l’astre vivant,
Il dort dans l’air glacé, les ailes toutes grandes.

(Leconte de Lisle)

 

 

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Ces marées d’équinoxe (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ces marées d’équinoxe qui découvraient, en se retirant,
la chaise brisée de son petit bouquet d’églantines.

(Bernard Montini)


Illustration

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«ULYSSE», UNE PAGE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    

«ULYSSE», UNE PAGE

[…]

Aucune certitude ne remplace
la conviction du néant; nul ressac ne blanchit
les cheveux de l’aube. «Croyez au rythme »,
disait-il, comme si quelqu’un l’entendait. La mort est une
femme nue parmi les statues du parc ; une
femme nue à cheval sur une machine à écrire ;
le sexe d’algues que la marée découvre,
entre les derniers mots du poème et le corps,
qui les entend, enchaîné à la mâture du vers.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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CHANSON DE LA DERNIÈRE CHAMBRE (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    

CHANSON DE LA DERNIÈRE CHAMBRE

Si peu de chose à dire,
un si léger relief,

et déjà le soir tombe
et nous ne savons plus

que nous, cette baleine
d’ombres et d’insomnie

égarée sur la terre
avec un coeur de saule

ou de salade au vent.

Tout ça parce que la nuit
et parce que la mer

unissant leurs dix doigts
convolent en marées

dans le dos des marins
que nous sommes ici,

corps à corps amarrés,
mais la pensée au large

et si loin l’un de l’autre
à chercher dans l’obscur

une veine d’eau douce
qui parlerait pour nous

comme Jonas dressé
devant sa propre voix.

Le ciel est le plus précieux des biens dans l’existence.
Le seul qu’on puisse perdre le soir
et retrouver au matin, à sa place exacte, et lavé de frais.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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TREMBLEMENTS (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



salicorne

TREMBLEMENTS

Marcher
marcher
jusqu’à disparaître

Petite grue du matin —
tes cendres
jetées au bout du monde

L’horizon bascule —
la pluie
et les larmes

Le chemin
que tu prenais —
dévasté de lumière grise

Des gifles de résine —
avancer
sans plus rien comprendre

Buisson de salicornes —
tes cendres
rejoignent tout

Souvenirs—
ensablés
à marée basse

je parle
avec une morte —
si vivante

Mémoire noyée —
tes cendres
me sourient

Élégante à jamais —
même
quand tes cendres s’envolent

(Zéno Bianu)

Illustration

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DES FLEURS PRES DE LA MER (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

marguerites

DES FLEURS PRES DE LA MER

QUAND par-dessus la bordure du pré fleuri,
jusqu’alors invisible, l’océan salé

soulève son visage — chicorées et marguerites
en une marée déchaînée, ne sont plus seulement fleurs

mais couleur et mouvement — ou la forme
peut-être — de la turbulence, tandis

que la mer s’arrondit et se balance
paisiblement, comme une plante sur sa tige

***

FLOWERS BY THE SEA

WHEN over the flowery, sharp pasture’s
edge, unseen, the salt ocean

lifts its form — chicory and daisies
tide, released, seem hardly flowers alone

but color and the movement — or the shape
perhaps — of restlessness, whereas

the sea is circled and sways
peacefully upon its plantlike stem

(William Carlos Williams)

 

 

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