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Poésie

Posts Tagged ‘marée’

Dans la marée des choses vivantes (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Dans la marée des choses vivantes
— chimères et grimaces,
étranger tu demeures :
qu’est-ce que cette vie ?

Y a-t-il un autre temps
dans le temps ? un autre lieu
dans le lieu ? une parole fleur
double ouverte dans la parole ?

La mort en marche, seule
incorruptible, sculpte
en toi la statue de l’impossible.

Tu regardes le ciel inchangé
où flottent de vains nuages
dans l’oubli de quelque dieu.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard
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Odeur d’iode (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018



    
Odeur d’iode
sur les prés

Même les insectes
savent:
marée haute

L’herbe
aimerait retenir
la trame de la mer

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Contre la rumeur (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Contre la rumeur
grumeleuse
de la mer
un oiseau
maintient
l’aigu l’agile
d’un trille

Vaincue
la marée
recule

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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POUSSIÈRE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Ludovic Florent
    
POUSSIÈRE

Or ma poussière n’est jamais en repos.
Or toujours je dois mourir.
Cette poussière a voyagé avec la terre depuis la création des soleils
Mais n’a jamais quitté l’éternité

Dont la loi est tracée sur ma main qui écrit,
Qui porte le sceau des formes et des états de la nature;
Les étoiles obéissent à cet ordre, et l’herbe,
La beauté les innocents, et les saints.

Ces os ont vu les rochers déversés, fondus
Dans la transmutation des feux solaires,
Obéissant aux lois que j’ai brisées,
La puissance et la gloire du soleil qui règne.

Mon sang suit son cours comme le mouvement des marées,
La pluie qui tombe et le torrent, l’orage et l’accalmie,
Il a subi le poids du gel
Et la montée baroque des nuages.

L’ombre de la croix s’étend sur le vide
Dès le premier éclat jailli entre les pôles.
Le monde est bâti sur une séparation
Dont les années-lumière ne peuvent combler la distance.
La blessure prolifère, la déchirure s’étend.

La passion de l’homme est inscrite dans l’arbre,
Les colonnes du ciel, les végétaux,
Les épines, le fer, et la soif organique
Depuis le commencement dresse son calvaire.

La poussière vole à travers les figures d’une danse,
Avance — passage rituel — telle une épousée,
Marque fleurs et coquilles de spirales qui deviennent
Déserts de fossiles et brumes tournoyantes,
Tisse la rose, l’agneau, l’enfant aimé du monde,
Puis redéfait le monde que la danse a fait.

***

DUST

Only my dust is never laid
And ont), I must always die.
This dust has travelled with the earth rince suns moere made
Yet never left eternity

Whose mule is traced upon my band that writes,
That bears the seal of nature’s forms and states;
The stars obey that order, and the gras:,
The beautiful, the innocent, and the saints.

These bones have known the molten rocks outpoured
In transmutation of the solar ires,
Obedient to the laves that I have broken,
The power and glory of the reigning sun.

My blood streams with the motion of the tides,
The fall of main and cataract, storm and calm,
Has undergone the freezing of the ice
And the baroque assomption of the clouds.

The chape of the cross is laid upon the void
By the first flash that leaps between the poles.
The world is built upon a separation
Whose distance the long lightyears cannot close.
The wound proliferates, the rift extends.

Man’s passion is predestined in the tree,
The cross-beams of the heavens, vegetation,
The thorns, the iron, and the organic thirst
From the beginning raise his calvary.

The dust sweeps through the figures of a dance,
Moves in its rituel/ transit like a bride
Imprinting shells and fiowers with spiral forms that pass
To fossil hastes and whirling nebulae,
Weaving the rose, the lamb, and the world’s darling child,
And then unmakes again the world the dance has made.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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LA CHUTE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2018



Illustration: Jacob-Peter Gowi
    
LA CHUTE

C’est la chute, la chute éternelle
d’eau, de pierre, d’oiseaux blessés, le coeur blessé,
la cascade de la délivrance. Les anges tombent
comme des amants de l’azur, séparés,
et meurent de cette même mort qui nous achève tous.

Tombant dix millions d’années, nous nous jetons
dans les bras accueillants du temps;
notre vol nuptial doit finir dans la mort,
délivrance toujours recommencée
tandis que le mystique acharné„ retient son souffle.

La surface aux aguets de la mer vivante
toujours intacte, offre le sourire de l’amour,
là où le sang vivant se noie dans son extase,
régi par la nature qui fait bouger les montagnes,
se croyant délivré quand il est le moins libre.

Allons-nous sombrer, sombrer ensemble dans l’abîme?
Ici, sur le pic, neige et vent nous invitent
à tomber dans leurs gouffres.
La voie est tracée, inconnaissable la fin,
la mer nous emportera là où mènent courants et marées.

***

THE FALL

It is the fall, the eternal fall of water,
of rock, of wounded birds, and the wounded heart,
Me waterfall of freedom. Angels fall
like loyers from the azure, separate,
and die by that saine death that ends us ail.

Falling ten million years, we fling ourselves
again info the inviting arms of time;
our nuptial flight must end again in death
that serves for freedom time and lime again
while the hard labouring mystic holds his breath.

The watching surface of the living sea
ever intact, :miles with the face of love,
where living blood drowns in its ecstasy,
impelled by nature that can mountains move,
feeling most freedom when it least is free.

Shall we go down, shall ive go down together?
here on the mountain top, the wind and snow
urge us to fall, and go the way they go.
The way is clear, the end we shall not know,
the sea will carry us where tides run and currents flow.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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A la fin du jour j’ai trouvé (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




A la fin du jour j’ai trouvé

Le crépuscule enroulé autour d’une pierre.

J’ai pris la pierre froide dans ma main,
Dévidé les surfaces ombreuses de la vie,
Et dedans j’ai trouvé
Un os ténu d’oiseau.

J’ai réchauffé la relique dans ma main
Jusqu’à ce qu’un coeur vive
Et batte, et que passent les marées
Dessus, dessous, dedans.

Vint une barque voguant dans l’orage du sang
Et dans la barque un enfant,

Dans la barque un enfant
Voguant sur les vagues du chant,
Voguant sur les vagues de la souffrance.

***

At the day’s end I found

Nightfall wrapped about a stone.

I took the cold stone in my hand,
The shadowy surfaces of life unwound,
And within I found
A bird’s fine bone.

I warmed the relic in my hand
Until a living heart
Beat, and the tides flowed
Above, below, within.

There came a boat riding the storm
And in the boat a child,

In the boat a child
Riding the waves of song,
Riding the waves of pain.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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La Maison (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




La Maison

Dans la maison de mon amour
Il y a des collines et des pâturages tapissés de fleurs,
Son toit est le ciel bleu, sa lampe l’étoile du Berger,
Les portes de sa maison sont les vents, et son rideau la pluie.
Dans sa maison nombreuses sont les montagnes, chacune est seule,
Et les îles où les oiseaux de mer font retour.

Dans la maison de mon amour
Il est une cascade qui coule toute la nuit
Tombant du sommet neigeux de la montagne
Blanche dans le bleu miroitant de l’été perpétuel —
Tombant du rocher escarpé où plane l’aigle.
Sur le seuil montent les marées de l’océan,
Et les marsouins suivent les poissons dans les baies tranquilles
Où l’étoile de mer luit sur les algues sombres sous l’eau immobile.

J’ai été portée ici dans le sommeil,
Au réveil j’ai trouvé rivières et vagues mes servantes,
Soleil, nuages, vents, les oiseaux-messagers,
Tous les troupeaux de ses collines et les poissons de ses mers.
Je me repose, dans la chaleur du jour, dans l’ombre légère des feuilles
Et les voix de l’air et de l’eau me parlent.
Tout cela il me l’a donné, lui dont jamais je n’ai vu le visage,
Mais dans ses bras qui tout étreignent je sombre dans le sommeil.

***

The House

In my love’s house
There are hills and pastures carpeted with flowers,
His roof is the blue sky, his lamp the evening star,
The doors of his house are the winds, and the rain his curtain.
In his house are many mountains, each alone,
And islands where the sea-birds home.

In my love’s house
There is a waterfall that flows all night
Down from the moutain summit where the snow lies
White in the shimmering blue of everlasting summer,
Down from the high crag where the eagle flies.
At his threshold the tides of ocean rise,
And the porpoise follows the shoals into still bays
Where starfish gleam on brown weed under still water.

In sleep I was borne here
And waking found rivers and waves my servants,
Sun and cloud and winds, bird-messengers,
And all the flocks of his hills and shoals of his seas.
I rest, in the heat of the day, in the light shadow of leaves
And voices of air and water speak to me.
All this he has given me, whose face I have never seen,
But into whose all-enfolding arms I sink in sleep.

(Kathleen Raine)

Illustration: Alain DENEFLE

 

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N’AI-JE pas entendu (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




N’AI-JE pas entendu
Ou seulement pensé ou espéré entendre
Ces harmonies célestes
Qui font la musique du monde,

Vagues de vent et de marée,
Coeur battant et pulsation
De la vie, tous les chants,
Toutes les formes de l’être ?

S’ils sont là-bas
Avec quelle obscure vision
Contemplés chaque jour sur
La sainte face de la terre,

Mais même s’ils ne sont qu’imaginés
Ils demeurent l’imaginable
Sens et beauté
De la pensée humaine,
De l’extase du coeur.

***

HAVE I not heard
Or only thought or hoped to hear
Those harmonies of heaven
That make the music of the world,

Waves of wind and tide,
Heartbeat and pulse
Of life, all songs,
All forms of being?

If they are there
With what dim vision
Looked daily on
Earth’s holy face,

Yet if imagined only
Still the imaginable
Meaning and beauty
Of human thought,
Of heart’s delight.

(Kathleen Raine)

Illustration: Le Bernin

 

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Il a plu cette nuit (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Daniel Siguier  4da59p10002622

Il a plu cette nuit,
c’est la première fois que je regarde,
jusqu’au silence qui résonne.

Sac, ressac, je ne juge pas,
l’instant demeure,
l’écume transparente.

Je m’interromps comme je parle,
en la marée,
chaque jour y a-t-il un jour de plus?

Le ciel n’est jamais vide, le sol nous porte,
on n’aperçoit aucun arbre,
on sait pourtant qu’ils sont proches.

Une marge, un rivage,
il n’y a de secret que le visible
épanoui…

(Pierre Dhainaut)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Daniel Siguier

 

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Cogitations (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Esther Granek   
    

Cogitations

Et s’usera le temps
au rythme des saisons.
S’useront mes printemps.
Et moi… je reste…

Je me voudrais marée
au rythme imperturbable.
Je me voudrais jetée.
Ou je me voudrais sable.

Et s’useront mes rêves.
Et s’usera ma joie.
S’useront mes combats.
Et s’usera ma sève.

Je me voudrais étang
à surface de moire
où les aubes et les soirs
se mirent infiniment..

S’usera ma gaieté.
S’useront mes attentes.
S’useront mes projets.
S’useront mes tourmentes.

Je me voudrais le vent.
Je me voudrais la mer.
Je me voudrais le temps
au rythme de la terre.

S’useront les images
qu’on garde au fond de soi.
Et s’useront les pages
qu’on se fit pas à pas.

Alors tel un vieux loup
au bout de son chemin,
je me voudrai caillou
au rythme de plus rien !

(Esther Granek)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Je cours après mon ombre
Traduction:
Editions:

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